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Classé dans : Non classé — 27 octobre, 2009 @ 8:10

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L’exterminatrice…

Classé dans : Non classé — 9 septembre, 2016 @ 10:42

Je suis belle, mortellement belle. On admire mes formes, ma finesse à juste titre. Mon créateur a mis tout son talent dans ma conception. Après ma naissance, il m’a parée de joyaux et couverte d’or… J’étais promise à un roi. Hélas, rien ne s’est passé comme prévu !
Des pillards sont venus, l’ont tué et m’ont arrachée à mon foyer, dépouillée de mon glorieux destin. C’est un vil bandit qui s’est emparé de moi. Il m’a fait sienne, souillant à jamais mon âme. En sa compagnie, j’ai vu tant d’horreurs ! Tant de gens tués lâchement ! Et pour quelle raison ? Parce qu’ils possédaient deux ou trois écus que mon maître voulait s’accaparer…
A la première occasion, je l’ai trahi. Je suis passée aux mains d’un autre… son second en l’occurrence. Quelle jubilation lorsque celui-ci l’assassina ! Je pris goût à cette sensation. Elle devint ma raison d’exister. En l’espace de quelques années, je changeai souvent de maître. Ma noblesse s’était délayée dans le sang de tous ceux qui mourraient devant moi.
J’y gagnai mon nom : « L’exterminatrice »… Je suis devenue une légende. Trois siècles de tueries, ce n’est pas rien ! Je suis une belle épée, indéniablement, mais on dit qu’une malédiction frappe tous ceux qui me possèdent : ils sont voués à une mort violente. Pourtant, la cupidité des hommes est telle, qu’ils continuent à se battre pour me tenir entre leurs mains…

Au bord de ma fontaine

Classé dans : Non classé — 8 septembre, 2016 @ 10:58

Il y a toujours eu, au fond du jardin de ma grand-mère, une vieille fontaine en pierre. L’eau qui en coulait venait directement de la montagne selon ses dires. Enfant, je m’y trempais les pieds même si l’onde était glacée : en été c’était un vrai délice ! J’aimais cet endroit, j’y étais attaché comme s’il s’agissait d’une personne. D’ailleurs, au bord de la fontaine, je ne me sentais jamais seul.
Inexplicablement, j’avais l’impression d’être entouré de monde. J’imaginais des silhouettes qui se mouvaient dans l’ombre des arbres et je croyais entendre des rires portés par le vent. Ma grand-mère souriait lorsque je parlais de mes compagnons invisibles. Elle croyait comme moi, à leur existence. Pour elle, la nature était peuplée d’êtres plus ou moins féériques, auxquels elle laissait souvent des offrandes : gâteaux au miel, bols de lait, poignées de noix…
Je l’imitais, à cette différence près, que mon offrande faite, je me tapissais dans un coin et je guettais la venue des lutins, farfadets et autres kobolds… Inutile de dire que je n’en ai jamais surpris aucun ! Ils étaient bien trop malins et rapides pour ça !
L’école, la vie, l’âge adulte auraient pu m’arracher toutes mes croyances… Il n’en fut rien ! Lorsque j’héritai de la maison de ma grand mère, je continuai à distribuer des cadeaux aux créatures invisibles, le petit peuple, comme on les appelle. J’en mettais surtout autour de la fontaine, me disant qu’ainsi, ils auraient à boire et à manger.
Rien ne m’empêcha jamais de me livrer à mes petits rituels, pas même la vieillesse… Mais l’heure vint pour moi de quitter ce monde. J’étais usé, fatigué, plus rien ne me retenait. Le printemps était revenu, mais je savais d’ores et déjà que je ne verrais pas l’été. Un soir, sentant que ma vue s’obscurcissait et que mes forces déclinaient, je clopinai jusqu’à la fontaine.
J’étais là, ma dernière offrande à la main : une corbeille de fruits secs. Je m’assis au bord de la fontaine, le souffle court, les oreilles bourdonnantes. Je partais doucement. Je posai la corbeille pour ne pas la renverser et j’attendis que la mort arrive. C’était le meilleur endroit pour achever ma vie. Je m’y sentais toujours aussi bien… C’est alors qu’on me fit un merveilleux cadeau. Je les vis, je les vis vraiment ! Ils étaient là, tous autours de moi, un sourire un peu triste sur leurs minuscules visages. J’entendis leurs voix qui me murmuraient des adieux, je sentis leurs caresses sur mes mains, leurs baisers sur mes joues et sur mon front. J’en pleurai de joie avant de clore mes paupières en quittant paisiblement l’existence…

Petite chronique : Les aventures de Sherona

Classé dans : Non classé — 7 septembre, 2016 @ 11:36

Oyez oyez ! Comme vous le savez, je n’ai rien d’une chroniqueuse, mais le livre qui suit m’a donné envie d’écrire une petite bafouille sur le sujet…
les aventures de Sherona
Il s’agit d’un roman « Les aventures de Sherona » écrit par Fed Marty. Vous pouvez vous procurer ce précieux ouvrage sur le site Amazon en version numérique  (ou en version papier dédicacée, en en faisant la demande directement à l’auteur : la classe !). Il suffit de cliquer ici

Mon avis (en toute modestie) :
En lisant « les aventures de Sherona » de mon ami Fred Marty (un type vraiment sympa qui gagne à être connu), j’ai été agréablement surprise. De prime abord, on peut être rebuté par le côté classique de ce récit de Fantasy… oui, mais le classique a parfois du bon. Personnellement, je me suis sentie à l’aise dans cet univers, certes convenu, mais riche et cohérent. Par-dessus tout, ce sont les personnages qui m’ont conquise. Charismatiques et diversifiés, ils forment une galerie qui devrait satisfaire tous les goûts.
Pour ma part, j’ai un vrai coup de cœur pour Sherona (ça tombe bien vous me direz, vu que c’est quand même l’un des personnages principaux) dont les allures d’anti-héros font d’elle une protagoniste savoureuse. L’intrigue et les dialogues sont rythmés, le langage moderne… et le petit plus : l’orthographe et la syntaxe tiennent la route (un détail très important à mes yeux !).
Bref, je recommande vivement la lecture de ce roman aux amateurs du genre (aux autres aussi d’ailleurs… comme entrée en matière en Fantasy, c’est plutôt sympa). Vivement la suite ! (Là Fred, c’est un message personnel pour toi : au boulot !)

 

C’est ma première interview… Du coup, j’ai choisi un lieu qui m’est familier pour qu’elle se déroule au mieux. Une petite taverne qui ne paie pas de mine, située dans mon propre univers (eh oui, rien que ça !) et qui, me semble-t-il, sera parfaitement appropriée pour interroger un auteur de Fantasy. Pour ceux qui connaissent, il s’agit de la taverne de l’orque qui louche, tenu par le très sympathique Bert et sa petite famille…
Je n’ai jamais rencontré Fred Marty et je ne sais pas trop quoi m’attendre. Aura-t-il le physique musculeux d’un barbare du nord ? La grâce d’un elfe ou l’allure dépenaillée d’un bandit de grand chemin ? Le voilà qui arrive… et je n’en sais guère plus, vu qu’il est dissimulé sous un immense manteau de voyage.
Je l’invite à me suivre dans l’établissement, guettant sa réaction face à la faune locale. Moi qui voulais le surprendre et le déstabiliser, j’en suis pour mes frais : il pose un regard blasé sur tout cela, en homme habitué à ce genre de lieu. Il ne tique même pas, lorsque Bert pose devant lui un de ses répugnants cocktails maison. J’attaque tout de suite avec ma première question… quand il aura fini son verre, pas sûr qu’il sera capable d’aligner deux mots cohérents…

-Bonjour Fred, parle-nous un peu de toi ? Quel est ton parcours ?
-Auteur de 39 ans, j’ai été biberonné très tôt aux littératures de l’imaginaire en commençant par le jeu de rôle et les livres dont vous êtes le héros dès mes 8 ans, auxquels je joue encore aujourd’hui d’ailleurs. J’ai été très majoritairement Maître de Jeu (Œil Noir, Terres de Légende, Donjons & Dragons, INS/MV…) donc je crée des histoires depuis très longtemps, sous une forme interactive où il est surtout important de savoir rester cohérent quelles que soient les idées tordues des joueurs.

Cela conditionne aujourd’hui ma manière d’écrire des romans où je définis les personnages, l’endroit où je veux les amener, mais où je me laisse porter sur le chemin à parcourir en les « écoutant ». Du coup, je me vois presque plus comme un scénariste que comme un romancier ;)

De mémoire, je devais avoir 12 ou 13 ans quand j’ai dit pour la première fois que je voulais écrire. Et j’en avais 38 quand j’ai mis le point final à un roman, après avoir viré deux tonnes de blocages psychologiques.

En parallèle du JDR, j’ai énormément lu de Fantasy qui reste mon registre préféré. Les auteurs marquants pour moi sont David Eddings (la Belgariade et la Mallorée), Margareth Weis & Tracy Hickman (DragonLance, le cycle des portes de la Mort), Terry Pratchett et Neil Gaiman avec leurs grands récits d’aventure aux personnages forts et nombreux. Je suis fasciné par les groupes de personnages et les possibilités sans fin qui surviennent en les laissant interagir entre eux.

Je m’efforce aujourd’hui de mettre ces thèmes dans les deux séries que j’ai créées (New Adult Fantastique et Fantasy) et j’ai assez d’idées en tête pour de très nombreux tomes ;)

Je vois… Je ne suis pas en face d’un novice en la matière. J’entrevois un sourire sous sa capuche tandis qu’il se penche pour siroter une gorgée de son verre. Incroyable ! Le goût ne lui arrache même pas une grimace. A croire qu’il a le même estomac que sa Sherona ! Je poursuis sans toucher à mon propre verre.

-Quand et comment t’est venue l’idée d’écrire « les aventures de Sherona » ?

-C’est en deux temps. Les personnages principaux et le thème principal de l’aventure – le voyage au pays des morts – est un extrait d’une campagne de JDR que j’ai menée de 2003 à 2007 (dans l’univers de Planescape pour les spécialistes). J’ai eu envie de mettre en scène ces personnages que j’ai adorés et d’en faire une série de romans.

En parallèle, j’avais une idée de monde maison depuis 2001 que j’avais essayé de caser dans différents projets qui n’ont jamais dépassé le stade de concept. Mais l’univers a continué à grandir dans un coin de ma tête, et aussi dans ma bibliothèque puisque j’ai plusieurs guides sur les civilisations qui m’ont servi et vont me servir encore (ce sont les guides Belles Lettres des Civilisations).

Alors quand j’ai voulu écrire un roman sur les aventures de Sherona l’année dernière, j’ai mixé les deux en me réappropriant les personnages pour qu’ils vivent dans cet univers à moi. C’était en avril 2015.

Une rixe éclate dans un coin de la salle entre une bande de gobelins éméchés et une compagnie de fées pas très fraîches… Tandis que Bert y met bon ordre, j’essaie de reprendre le fil de mes pensées. Je n’ai toujours pas touché à mon verre, alors que Fred a déjà descendu la moitié du sien. Comment fait-il le bougre ? Je me secoue et je poursuis

-L’univers de ce roman est très riche… Penses-tu l’exploiter pour de prochains ouvrages ?

-Oh que oui ! Je n’ai fait qu’effleurer la surface de cet univers. Fondamentalement, toute cette civilisation est construite sur des Mensonges (oui, avec une majuscule). Pour différentes raisons, ces Mensonges sont en train de s’écrouler et le monde va connaître de profonds changements à tous les niveaux.

Il y a des quantités d’histoires possibles à raconter à ce sujet, selon l’angle que l’on veut donner, et j’ai bien l’intention de développer tout ça. Sherona ne pourra pas tout voir à elle toute seule. Idéalement, j’aimerais aller vers des notions de monde étendu où toutes les histoires que je pourrais écrire contribuent à l’enrichir et créer une saga (un peu comme les Annales du Disque Monde, d’une certaine manière).

Là mon garçon, tu me fais rêver ! J’imagine déjà cette splendide saga et machinalement je porte le verre à mes lèvres… Beurk ! Toujours aussi infect ! Fred vient de finir le sien et Bert, ravi, lui apporte un second verre. Dans quel état va finir ce malheureux ? Vite, j’enchaîne, tant qu’il tient encore assis !

-Quels sont tes projets (littéraires) pour l’avenir ?

-Je suis en train d’écrire un livre dont vous êtes le héros que je compte soumettre à un éditeur. L’objectif est de le boucler cet été. Ensuite, j’aurai le tome 2 des Chroniques de Gabriel à écrire (New Adult, Fantastique), puis le tome 2 des Aventures de Sherona en auto-édition.

Après, on verra, ça dépendra de plein de choses :)

Je ne sais pas ce qui est le plus extraordinaire : cette incroyable créativité ? Ou cette capacité démentielle à absorber verre sur verre comme si c’était du petit lait ? Il faut que j’achève rapidement. Le cocktail de Bert essaie de mettre le feu à l’intérieur de mon corps !

-Par quel biais tes fans peuvent-ils te contacter ?

-De préférence Twitter, c’est là où je suis le plus actif. J’ai aussi un compte Facebook, assez récent, où je ne parle quasiment que d’écriture.

Je suis aussi sur Scribay, mais pas vraiment bavard par manque de temps.

Et puis j’ai un site web aussi qui récapitule tout ça : D

Même que c’est sur Twitter que j’ai croisé Fred pour la première fois… Je ferme les yeux et j’avale cul sec ma boisson diabolique. Malgré la douleur je parviens encore à articuler quelques mots

-Merci à toi d’avoir bien voulu répondre à mes questions.

Sourire sous la capuche… C’est le moment que choisit Bert pour venir demander à mon invité si ses consommations lui ont donné satisfaction. Je n’ai pas le temps de le prévenir que Bert est un violent, qu’il répond par un « c’était immonde! » Catastrophe ! Il va se faire dézinguer… Eh bien non ! L’orque se tortille et lui tend un exemplaire des aventures de Sherona pour avoir une dédicace. Un fan ! Encore un ! Je salue Fred et j’admire sa démarche très droite tandis qu’il s’éloigne. Pour ma part, je crois bien que je vais rentrer à quatre pattes…

**********************

Un petit portait chinois avant de se quitter ?

— Fred, si tu étais un livre, lequel serais-tu ?

Celui qui revenait de loin (série des Conquérants de l’Impossible par Philippe Ebly)

— Si tu étais un film ?

Princess Bride (indémodable)

— Une série TV ?

Doctor Who (je compte pas le nombre de visionnages…)

— Une chanson ?

Somewhere Far Beyond (Blind Guardian)

— Un jeu vidéo ?

Final Fantasy VI

— Un personnage célèbre ?

The Doctor

— Un pays ou une ville ?

Havéna (une ville de l’univers de l’Œil Noir)

Je suis un ange

Classé dans : angelisme — 31 août, 2016 @ 10:19

Je suis un ange qui a bouffé ses ailes, brisé son auréole et qui maintenant est bien incapable de voler. Ceci dit, ça ne me gêne pas. Qu’irai-je faire au ciel ? Me faire enguirlander par Saint-Pierre qui a bien mauvais caractère pour un bienheureux ? Faire des entrechats dans les jardins d’Eden, là d’où se sont enfuis Adam et Eve (mais non, on ne les a pas chassés !) ? Chanter des psaumes dont je ne comprends même pas les paroles ? Essayer d’entrevoir le Christ comme une groupie voudrait voir son idole ?
Pour autant, je n’ai pas viré de bord. Non, la fournaise infernale ne m’attire pas, ni ces nymphomanes de succubes, ni même le grand cornu en personne… Je préfère rester entre les deux, sur terre, parmi les hommes. Ce n’est pas qu’ils sont plus brillants, plus drôles ou plus sympas. Mais entre anges et démons, je n’ai pas envie de faire un choix. Ce monde n’est pas si mal, je m’y sens libre de faire ce qui me plait.
Pourquoi Est-ce que je ne fais pas de miracles ? Parce que ce serait trop facile… Oui docteur, je pourrais prendre mon élan et franchir les murs de votre établissement. Mais à quoi bon ? Je suis bien ici : j’ai le gîte et le couvert. Je ne partirai que quand l’apocalypse aura commencé. Ce qui ne saurait tarder… Voyez les nuages qui s’amoncellent ! Un orage vous dîtes ? Non, croyez-moi : ça c’est le début de la fin ! Bientôt, vous entendrez les trompettes célestes et alors, je retrouverai mes ailes pour rejoindre mes frères angéliques…

La complainte de Sir Alban

Classé dans : texte court — 30 août, 2016 @ 10:17

Quel triste sort que le mien ! Je ne vois plus la lumière, rien que les ténèbres autours de moi. Je suis là, immobile, figé, incapable de bouger ne serait-ce qu’un seul doigt. Jadis, j’étais un grand et fier chevalier. J’allais chevauchant, combattre mes ennemis ou séduire les belles dames. Ah, les belles dames et leurs yeux si doux ! Que n’en ai-je une seule à serrer entre mes bras, moi qui ai dédaigné parfois les plus nobles au profit de sauvageonnes bien moins prudes…
Où sont passés les festins d’antan où le vin et la nourriture coulaient à flots ? Où les saltimbanques réjouissaient nos yeux et nos oreilles de leurs tours et de leurs chants ? Je n’ai plus dans la bouche que le goût de la terre et mes oreilles ne perçoivent plus rien, pas même un souffle de vent.
Je me sens seul, abandonné de tous. Qu’est devenue ma gloire ? Où sont partis tous mes amis ? Je rêve de mon château, de mes terres, de mes gens… Ces choses là étaient miennes. Où sont-elles maintenant ?
Mon esprit se fixe sur ce bonheur à jamais révolu, dont je ne comprends la valeur que maintenant que je l’ai perdu.
En une seconde tout s’est joué pour moi. J’avais trop bu sûrement et j’ai côtoyé d’un peu près, la jeune épouse d’un hobereau. Il avait le sang vif. Il m’a poignardé plusieurs fois, puis saisi par la peur, il m’a jeté en terre loin de toute demeure. Je gis ici, froid depuis longtemps, sans même une pierre tombale pour dire que je suis là. Je pourris lentement, les yeux grands ouverts sur le néant qui engloutit mon corps et affaiblit mon esprit…

Le troubadour

Classé dans : texte court — 27 août, 2016 @ 9:26

Je suis un troubadour, je vais de ville en ville porter mes chants et ma poésie pour égayer le cœur des gens. Mon arrivée donne à n’importe quel lieu un air de fête. Les gens se regroupent pour m’écouter, le temps d’un verre ou d’un festin partagé. Voilà l’essence de mon métier : transmettre les histoires d’antan et créer du lien entre les personnes, quel que soit leur rang, leur âge ou leur sexe.
En toute modestie, je dirais que mon activité est primordiale pour l’humanité. C’est cette pensée qui me permet d’avancer, malgré mes pieds douloureux, mes guêtres trouées et mon estomac trop souvent vide ! Je suis un héros méconnu : j’affronte les chiens qu’on lance sur moi, j’essuie des pluies de caillasse dans les villages où on ne veut pas de moi et j’endure les insultes des guerriers jaloux de ma verve et de mon succès auprès des dames.
Une seule chose me fait trembler… le temps. Il pose déjà des brins de givre dans mes cheveux, il rend mes nuits à la belle étoile plus difficiles et mes longues marches bien plus pénibles. Je sais déjà comment tout cela finira. Un beau jour, je me coucherai dans un fossé et je ne me réveillerai pas. Mon corps restera là des mois, des années, jusqu’à ce que la pluie, le vent, la neige finissent de blanchir mes os. Il n’y aura personne pour me pleurer, personne pour se souvenir de moi… Une seule chose restera : mes chansons et mes contes, semés dans la mémoire de mes spectateurs.

De glace

Classé dans : les enfants d'Aérion — 26 août, 2016 @ 10:15

Elle contemple les murs de sa demeure. C’est la plus belle qui soit. Des cristaux y scintillent, renvoyant des reflets bleus et verts aux quatre coins de la pièce. Le plafond est haut, très haut. Des stalactites adamantins l’ornent majestueusement. De confortables coussins sont disséminés ici et là. Luxe et harmonie se partagent les lieux. Cependant, elle n’y est pas heureuse. Sa prison est dorée, certes, mais ça reste une prison. Elle ne rêve que d’espace et de liberté.
Pour l’heure, seul son esprit est libre de vagabonder. Il vagabonde dans le passé, lorsqu’elle était insouciante, courant à travers champs, dansant dans l’herbe, pieds nus comme une petite sauvage. Elle se souvient du soleil, de sa chaleur sur sa peau, des fruits et de leur goût sucré. Elle revoit la maison de son père, trop petite pour leur grande famille et pourtant, tant aimée ! Comme elle regrette les vieux escaliers vermoulus, les murs fissurés et les vitres si minces qu’elles laissaient passer le froid.
Le froid… C’est dans le froid qu’il est arrivé. Grand, les cheveux longs et pâles, enroulé dans un long manteau blanc. Elle avait croisé ses beaux yeux bleus et y avait laissé son cœur. Elle ignorait tout de lui, mais par amour, elle l’avait suivi, abandonnant sa vie et son humanité. Cet être était Hiémal, l’esprit de l’hiver. Une malédiction pesait sur lui. Il venait avec le froid et le froid était partout avec lui.
Pas de soleil pour lui, hormis cet astre malade qui transparaissait dans un ciel laiteux. Pas de végétation, sauf le houx et les grands sapins qui résistaient à la neige. Pas d’êtres vivants ou si peu, car tout ce qui vit aime la chaleur. Parce qu’elle est devenue sa compagne, elle partage aussi son sort. Elle vit dans un palais de glace et peu à peu, son corps devient plus froid, son sang se fige. Elle devient comme lui et sait qu’un jour, sa vie d’antan tombera dans l’oubli.

La taverne de l’orque qui louche…

Classé dans : texte court — 8 juillet, 2016 @ 10:29

L’endroit est bruyant, on ne peut pas le louper. Des cris, des jurons s’en échappent… parfois, un client éméché se fait éjecter et se retrouve nu et sans un sou sur la terre battue de la rue. C’est un lieu de passage obligé pour tout ce que le monde compte d’aventuriers, de héros ou de brigands. Forcément, certaines rencontres font des étincelles !
Le patron cependant y met bon ordre… C’est lui « l’orque qui louche ». Enfin, il est métissé orque, mais ça suffit à le rendre hideux. Il cache une masse d’armes sous son comptoir et n’hésite pas à s’en servir à tour de bras. Gare à celui qui vient consommer les poches vides ! Il traite les réclamations de la même manière et bien que son « cocktail maison » soit infect, plus personne ne vient s’en plaindre depuis qu’il a fiché les crânes de ses derniers clients mécontents à l’entrée.
Il est épaulé par son épouse, une grande gaillarde qui mesure près de deux mètres et qui porte la barbe avec fierté. Aucun mot ne sort jamais de sa bouche et nul ne l’a jamais vu sourire. Ils forment un très charmant petit couple, heureux parents d’un énorme « Herbert » qui boit la moitié de leur fond de commerce depuis l’âge de douze ans.
Si par hasard vous passez par là, surtout ne leur dîtes pas que vous me connaissez…. Je suis à ce jour la seule cliente insatisfaite à être sortie vivante de leur établissement (et c’est bien parce que je cours vite !)

Les anges de l’ombre 5

Classé dans : angelisme,Les anges de l'ombre — 6 juillet, 2016 @ 10:42

Je jette mes bras autour de son cou et je me serre contre lui. Il est bien tangible et une douce chaleur se dégage de son corps. Va-t-il me repousser ? Non… Il répond à mon étreinte et dépose même un baiser sur ma joue. Si tout cela n’est qu’un rêve ou que je deviens folle pour de bon et bien tant pis : j’aime cette folie ! Il se remet à me parler dans sa langue que je ne comprends toujours pas, mais je saisis l’intention de ses paroles.
Je ne suis pas seule. On veille sur moi. Il me suffit de tourner les yeux vers le ciel et je serai entendue. Puisque mon aptitude à voir les créatures de l’ombre me pèse, je peux demander à en être libérée. Je regarde mon ange gardien avec amour, car c’est bien mon ange gardien qui est devant moi. Je ne le verrai plus si je renonce à mon don…. Oui, mais je l’entendrai toujours. Il suffit de tendre l’oreille pour entendre notre guide intérieur.
Je fais ma prière avec toute la foi et la conviction dont je suis capable. Je suis exaucée dans la seconde. Me voilà délestée d’un grand poids. Mon ami lumineux me murmure que je suis prête à sortir et à affronter le monde. C’est vrai. Une nouvelle vie commence. Je redresse les épaules et je baisse la poignée de la porte…

FIN

Les anges de l’ombre 4

Classé dans : angelisme,Les anges de l'ombre — 5 juillet, 2016 @ 10:44

Je vis seule depuis ma majorité. Ce n’est pas que je n’aime pas ma famille, mais comme le reste du monde, ils sont entourés de ces anges de l’ombre que j’exècre. C’est une épreuve terrible que de les voir tourner autour de mes proches. J’ai tenté d’en parler avec ma mère, lorsque j’ai commencé à distinguer ces vilaines créatures, à l’adolescence… mais elle a aussitôt pris un rendez vous avec un psychologue qui a décrété que je lançais « un appel au secours ». J’ai compris qu’il me fallait garder ce don secret si je ne voulais pas finir internée.
L’apparition de cet être de lumière m’avait fait espérer que je sortirais enfin de ma solitude… Hélas, il était parti !
« Je suis toujours là ! » Je n’entends pas vraiment ces mots, je les ressens, comme une présence, une certitude. Je pose la main sur ma poitrine. Ne suis-je pas en train de me persuader que l’ange est revenu pour moi ? « Je ne suis jamais parti ». Voilà, c’est arrivé ! Je suis devenue folle… depuis le temps que ça me guettait ! Un soupir profond se fait entendre et l’ange apparait brusquement. Il caresse ma joue avec un bon sourire.
Ma réaction le prend de court .

A suivre

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