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Petite chronique : Les aventures de Sherona

Classé dans : Non classé — 7 septembre, 2016 @ 11:36

Oyez oyez ! Comme vous le savez, je n’ai rien d’une chroniqueuse, mais le livre qui suit m’a donné envie d’écrire une petite bafouille sur le sujet…
les aventures de Sherona
Il s’agit d’un roman « Les aventures de Sherona » écrit par Fed Marty. Vous pouvez vous procurer ce précieux ouvrage sur le site Amazon en version numérique  (ou en version papier dédicacée, en en faisant la demande directement à l’auteur : la classe !). Il suffit de cliquer ici

Mon avis (en toute modestie) :
En lisant « les aventures de Sherona » de mon ami Fred Marty (un type vraiment sympa qui gagne à être connu), j’ai été agréablement surprise. De prime abord, on peut être rebuté par le côté classique de ce récit de Fantasy… oui, mais le classique a parfois du bon. Personnellement, je me suis sentie à l’aise dans cet univers, certes convenu, mais riche et cohérent. Par-dessus tout, ce sont les personnages qui m’ont conquise. Charismatiques et diversifiés, ils forment une galerie qui devrait satisfaire tous les goûts.
Pour ma part, j’ai un vrai coup de cœur pour Sherona (ça tombe bien vous me direz, vu que c’est quand même l’un des personnages principaux) dont les allures d’anti-héros font d’elle une protagoniste savoureuse. L’intrigue et les dialogues sont rythmés, le langage moderne… et le petit plus : l’orthographe et la syntaxe tiennent la route (un détail très important à mes yeux !).
Bref, je recommande vivement la lecture de ce roman aux amateurs du genre (aux autres aussi d’ailleurs… comme entrée en matière en Fantasy, c’est plutôt sympa). Vivement la suite ! (Là Fred, c’est un message personnel pour toi : au boulot !)

 

C’est ma première interview… Du coup, j’ai choisi un lieu qui m’est familier pour qu’elle se déroule au mieux. Une petite taverne qui ne paie pas de mine, située dans mon propre univers (eh oui, rien que ça !) et qui, me semble-t-il, sera parfaitement appropriée pour interroger un auteur de Fantasy. Pour ceux qui connaissent, il s’agit de la taverne de l’orque qui louche, tenu par le très sympathique Bert et sa petite famille…
Je n’ai jamais rencontré Fred Marty et je ne sais pas trop quoi m’attendre. Aura-t-il le physique musculeux d’un barbare du nord ? La grâce d’un elfe ou l’allure dépenaillée d’un bandit de grand chemin ? Le voilà qui arrive… et je n’en sais guère plus, vu qu’il est dissimulé sous un immense manteau de voyage.
Je l’invite à me suivre dans l’établissement, guettant sa réaction face à la faune locale. Moi qui voulais le surprendre et le déstabiliser, j’en suis pour mes frais : il pose un regard blasé sur tout cela, en homme habitué à ce genre de lieu. Il ne tique même pas, lorsque Bert pose devant lui un de ses répugnants cocktails maison. J’attaque tout de suite avec ma première question… quand il aura fini son verre, pas sûr qu’il sera capable d’aligner deux mots cohérents…

-Bonjour Fred, parle-nous un peu de toi ? Quel est ton parcours ?
-Auteur de 39 ans, j’ai été biberonné très tôt aux littératures de l’imaginaire en commençant par le jeu de rôle et les livres dont vous êtes le héros dès mes 8 ans, auxquels je joue encore aujourd’hui d’ailleurs. J’ai été très majoritairement Maître de Jeu (Œil Noir, Terres de Légende, Donjons & Dragons, INS/MV…) donc je crée des histoires depuis très longtemps, sous une forme interactive où il est surtout important de savoir rester cohérent quelles que soient les idées tordues des joueurs.

Cela conditionne aujourd’hui ma manière d’écrire des romans où je définis les personnages, l’endroit où je veux les amener, mais où je me laisse porter sur le chemin à parcourir en les « écoutant ». Du coup, je me vois presque plus comme un scénariste que comme un romancier ;)

De mémoire, je devais avoir 12 ou 13 ans quand j’ai dit pour la première fois que je voulais écrire. Et j’en avais 38 quand j’ai mis le point final à un roman, après avoir viré deux tonnes de blocages psychologiques.

En parallèle du JDR, j’ai énormément lu de Fantasy qui reste mon registre préféré. Les auteurs marquants pour moi sont David Eddings (la Belgariade et la Mallorée), Margareth Weis & Tracy Hickman (DragonLance, le cycle des portes de la Mort), Terry Pratchett et Neil Gaiman avec leurs grands récits d’aventure aux personnages forts et nombreux. Je suis fasciné par les groupes de personnages et les possibilités sans fin qui surviennent en les laissant interagir entre eux.

Je m’efforce aujourd’hui de mettre ces thèmes dans les deux séries que j’ai créées (New Adult Fantastique et Fantasy) et j’ai assez d’idées en tête pour de très nombreux tomes ;)

Je vois… Je ne suis pas en face d’un novice en la matière. J’entrevois un sourire sous sa capuche tandis qu’il se penche pour siroter une gorgée de son verre. Incroyable ! Le goût ne lui arrache même pas une grimace. A croire qu’il a le même estomac que sa Sherona ! Je poursuis sans toucher à mon propre verre.

-Quand et comment t’est venue l’idée d’écrire « les aventures de Sherona » ?

-C’est en deux temps. Les personnages principaux et le thème principal de l’aventure – le voyage au pays des morts – est un extrait d’une campagne de JDR que j’ai menée de 2003 à 2007 (dans l’univers de Planescape pour les spécialistes). J’ai eu envie de mettre en scène ces personnages que j’ai adorés et d’en faire une série de romans.

En parallèle, j’avais une idée de monde maison depuis 2001 que j’avais essayé de caser dans différents projets qui n’ont jamais dépassé le stade de concept. Mais l’univers a continué à grandir dans un coin de ma tête, et aussi dans ma bibliothèque puisque j’ai plusieurs guides sur les civilisations qui m’ont servi et vont me servir encore (ce sont les guides Belles Lettres des Civilisations).

Alors quand j’ai voulu écrire un roman sur les aventures de Sherona l’année dernière, j’ai mixé les deux en me réappropriant les personnages pour qu’ils vivent dans cet univers à moi. C’était en avril 2015.

Une rixe éclate dans un coin de la salle entre une bande de gobelins éméchés et une compagnie de fées pas très fraîches… Tandis que Bert y met bon ordre, j’essaie de reprendre le fil de mes pensées. Je n’ai toujours pas touché à mon verre, alors que Fred a déjà descendu la moitié du sien. Comment fait-il le bougre ? Je me secoue et je poursuis

-L’univers de ce roman est très riche… Penses-tu l’exploiter pour de prochains ouvrages ?

-Oh que oui ! Je n’ai fait qu’effleurer la surface de cet univers. Fondamentalement, toute cette civilisation est construite sur des Mensonges (oui, avec une majuscule). Pour différentes raisons, ces Mensonges sont en train de s’écrouler et le monde va connaître de profonds changements à tous les niveaux.

Il y a des quantités d’histoires possibles à raconter à ce sujet, selon l’angle que l’on veut donner, et j’ai bien l’intention de développer tout ça. Sherona ne pourra pas tout voir à elle toute seule. Idéalement, j’aimerais aller vers des notions de monde étendu où toutes les histoires que je pourrais écrire contribuent à l’enrichir et créer une saga (un peu comme les Annales du Disque Monde, d’une certaine manière).

Là mon garçon, tu me fais rêver ! J’imagine déjà cette splendide saga et machinalement je porte le verre à mes lèvres… Beurk ! Toujours aussi infect ! Fred vient de finir le sien et Bert, ravi, lui apporte un second verre. Dans quel état va finir ce malheureux ? Vite, j’enchaîne, tant qu’il tient encore assis !

-Quels sont tes projets (littéraires) pour l’avenir ?

-Je suis en train d’écrire un livre dont vous êtes le héros que je compte soumettre à un éditeur. L’objectif est de le boucler cet été. Ensuite, j’aurai le tome 2 des Chroniques de Gabriel à écrire (New Adult, Fantastique), puis le tome 2 des Aventures de Sherona en auto-édition.

Après, on verra, ça dépendra de plein de choses :)

Je ne sais pas ce qui est le plus extraordinaire : cette incroyable créativité ? Ou cette capacité démentielle à absorber verre sur verre comme si c’était du petit lait ? Il faut que j’achève rapidement. Le cocktail de Bert essaie de mettre le feu à l’intérieur de mon corps !

-Par quel biais tes fans peuvent-ils te contacter ?

-De préférence Twitter, c’est là où je suis le plus actif. J’ai aussi un compte Facebook, assez récent, où je ne parle quasiment que d’écriture.

Je suis aussi sur Scribay, mais pas vraiment bavard par manque de temps.

Et puis j’ai un site web aussi qui récapitule tout ça : D

Même que c’est sur Twitter que j’ai croisé Fred pour la première fois… Je ferme les yeux et j’avale cul sec ma boisson diabolique. Malgré la douleur je parviens encore à articuler quelques mots

-Merci à toi d’avoir bien voulu répondre à mes questions.

Sourire sous la capuche… C’est le moment que choisit Bert pour venir demander à mon invité si ses consommations lui ont donné satisfaction. Je n’ai pas le temps de le prévenir que Bert est un violent, qu’il répond par un « c’était immonde! » Catastrophe ! Il va se faire dézinguer… Eh bien non ! L’orque se tortille et lui tend un exemplaire des aventures de Sherona pour avoir une dédicace. Un fan ! Encore un ! Je salue Fred et j’admire sa démarche très droite tandis qu’il s’éloigne. Pour ma part, je crois bien que je vais rentrer à quatre pattes…

**********************

Un petit portait chinois avant de se quitter ?

— Fred, si tu étais un livre, lequel serais-tu ?

Celui qui revenait de loin (série des Conquérants de l’Impossible par Philippe Ebly)

— Si tu étais un film ?

Princess Bride (indémodable)

— Une série TV ?

Doctor Who (je compte pas le nombre de visionnages…)

— Une chanson ?

Somewhere Far Beyond (Blind Guardian)

— Un jeu vidéo ?

Final Fantasy VI

— Un personnage célèbre ?

The Doctor

— Un pays ou une ville ?

Havéna (une ville de l’univers de l’Œil Noir)

De glace

Classé dans : les enfants d'Aérion — 26 août, 2016 @ 10:15

Elle contemple les murs de sa demeure. C’est la plus belle qui soit. Des cristaux y scintillent, renvoyant des reflets bleus et verts aux quatre coins de la pièce. Le plafond est haut, très haut. Des stalactites adamantins l’ornent majestueusement. De confortables coussins sont disséminés ici et là. Luxe et harmonie se partagent les lieux. Cependant, elle n’y est pas heureuse. Sa prison est dorée, certes, mais ça reste une prison. Elle ne rêve que d’espace et de liberté.
Pour l’heure, seul son esprit est libre de vagabonder. Il vagabonde dans le passé, lorsqu’elle était insouciante, courant à travers champs, dansant dans l’herbe, pieds nus comme une petite sauvage. Elle se souvient du soleil, de sa chaleur sur sa peau, des fruits et de leur goût sucré. Elle revoit la maison de son père, trop petite pour leur grande famille et pourtant, tant aimée ! Comme elle regrette les vieux escaliers vermoulus, les murs fissurés et les vitres si minces qu’elles laissaient passer le froid.
Le froid… C’est dans le froid qu’il est arrivé. Grand, les cheveux longs et pâles, enroulé dans un long manteau blanc. Elle avait croisé ses beaux yeux bleus et y avait laissé son cœur. Elle ignorait tout de lui, mais par amour, elle l’avait suivi, abandonnant sa vie et son humanité. Cet être était Hiémal, l’esprit de l’hiver. Une malédiction pesait sur lui. Il venait avec le froid et le froid était partout avec lui.
Pas de soleil pour lui, hormis cet astre malade qui transparaissait dans un ciel laiteux. Pas de végétation, sauf le houx et les grands sapins qui résistaient à la neige. Pas d’êtres vivants ou si peu, car tout ce qui vit aime la chaleur. Parce qu’elle est devenue sa compagne, elle partage aussi son sort. Elle vit dans un palais de glace et peu à peu, son corps devient plus froid, son sang se fige. Elle devient comme lui et sait qu’un jour, sa vie d’antan tombera dans l’oubli.

Le messager des dieux

Classé dans : texte court — 2 juin, 2016 @ 10:41

Bienvenue à toi, Seigneur Corbeau ! Quelles nouvelles viens-tu me porter ? Celles du sud, là où marche l’avant garde de notre armée ? Pillant, brûlant, rasant tout ce qui se trouve sur son passage ? C’est comme un flot incessant de fer et de chair, une marée, un tsunami dévastateur.
Es-tu venu de l’ouest ? Là où depuis leurs remparts, nos voisins observent en tremblant notre progression, priant pour que nous perdions nos batailles afin que jamais nous ne venions nous poster au pied de leurs riches cités…
Arrives-tu de l’est ? Cette vaste steppe herbeuse où courent de féroces cavaliers ? Ceux-là sont nos frères. Nous avons pactisé avec eux. Ensemble, nous allons asseoir notre domination sur un vaste empire.
Réponds-moi, Seigneur Corbeau ! Peut-être viens-tu finalement du nord, d’où nous sommes descendus, après avoir serré sur nos cœurs nos épouses et nos enfants, leur promettant de revenir les couvrir d’or et de gloire…
J’ai deviné juste : ton œil pétille ! C’est bien du nord que tu es venu à tire d’aile ! Alors dis-moi : quelles nouvelles ? Pourquoi restes-tu muet à ébouriffer tes plumes ? Que vois-je sur tes pattes ? Elles sont rougies de sang… A qui appartient-il ? Est-ce celui des miens que j’ai laissés là-bas, seuls et sans protection ?
Tu t’envoles, maudit ! Ton croassement moqueur m’emplit d’angoisse. Je devrais porter mes regard vers l’avant, vers la conquête et les exploits guerriers, mais je ne fais plus que regarder en arrière, vers la douceur de mon foyer, dont ne demeurent peut-être que les cendres…

Personne ne me croit

Classé dans : texte court — 22 avril, 2016 @ 10:52

Personne ne me croit quand je dis qu’un fantôme apparait dans le miroir chaque fois que je m’y regarde. Il me fait des grimaces tour à tour moqueuses ou menaçantes. Il m’imite, il m’observe. Je ne vois plus jamais mon reflet… non, je ne vois que lui. Du coup, la peur m’interdit de posséder le moindre miroir… je commence même à fuir la surface réfléchissante des vitres !
Personne ne me croit lorsque je dis qu’un démon me suit. Il place ses pas dans les miens, il se fait passer pour mon ombre… mais du coin de l’œil, je vois sa forme qui s’étire, je vois ses cornes, sa queue fourchue. Il est très rapide. Si je me retourne brusquement, il disparait.
Personne ne me croit non plus, lorsque je parle de ce vampire qui tous les soirs, vient boire mon énergie. Pourtant, c’est indéniable, je me traîne toute la journée, épuisé, vidé, sans force. Tout ce que je j’ingurgite, solide ou liquide, ne profite qu’à lui !
Personne ne me croit, lorsque j’annonce que des voix mauvaises me prédisent mille maux, qu’elles les sussurent à mon oreille. La fin du monde est proche : elles m’ont prévenu ! La mienne l’est encore plus… Je tremble en l’attendant.
On ne me croit jamais. C’est ainsi depuis toujours. Personne ne m’a cru non plus lorsque j’ai raconté comment mon beau père avait tué ma mère. Comment il avait fait basculer son corps dans le coffre de la voiture avant de l’emmener dans la nuit d’où elle n’est plus revenue. Ils ont préféré le croire lui. Depuis, il me hante. Il se fait fantôme, démon, vampire, voix qui chuchote. Il me pourrit la vie, me bouffe de l’intérieur. Il est avec moi en permanence, mais quand je le dis… personne ne me croit.

Mon autre vie

Classé dans : texte court — 20 avril, 2016 @ 10:29

Du plus loin que je me souvienne, j’étais toujours celui qu’on persécutait. Petit frêle, je n’étais pas taillé pour me battre. Avec ça, timide, réservé et pas très courageux…. J’étais pétri de peurs et de complexes qui handicapaient chaque instant de ma vie. Bien sûr, les autres ne manquaient pas de profiter de ma faiblesse. A l’école d’abord, où j’étais le souffre douleur attitré des brutes les plus épaisses. Au travail ensuite, où je me montrais incapable de faire valoir mes doits, ce qui me valut de me faire exploiter honteusement.
J’épousai une femme dont je n’étais même pas amoureux, mais dont la famille plaisait à mes parents. Je tombai aussitôt sous son joug. C’était un vrai tyran qui m’accablait d’injures et de tâches à accomplir. Elle n’était jamais satisfaite ! Nos enfants, à son image, exigeaient tout de moi, mais ne me donnaient jamais rien en retour. Passif, résigné, je me laissais faire.
Jusqu’au jour de ma mort… Quelle magnifique journée ! Habituée à me charger du ménage, des papiers et à me faire trimer pour la faire vivre, ma famille se retrouva soudain dans le dénuement le plus complet. Il leur fallut se mettre au travail à leur tour… et ils ne savaient rien faire, ni les uns , ni les autres. Je restai là à les regarder. Jamais je n’avais été si heureux ! Puis, je me rendis compte d’une chose encore plus merveilleuse : je pouvais faire tomber des objets, murmurer à l’oreille de mon épouse et de ma progéniture. Et le plus beau, c’est qu’ils étaient terrifiés, eux qui ne m’avaient jamais craint de mon vivant ! C’est ainsi que j’entrai dans ma nouvelle vie, celle de fantôme attitré de la maison. Je les hanterai jusqu’à leur propre mort !

Le voyage immobile

Classé dans : Non classé — 16 avril, 2016 @ 10:51

Ferme les yeux. Installe toi confortablement, nous allons décoller. Est-ce que tu as assez chaud ? Tu es bien assise ? Prends tes aises, je t’en prie. Ote donc tes chaussures, elles ne te seront d’aucune utilité. D’ailleurs, pose tes pieds sur la table basse, tu seras beaucoup mieux. Voilà, tu es prête, nous pouvons y aller !
Sens tu le vent frais sur ton visage, tandis que nous prenons notre envol ? Il a un parfum de fleurs et d’herbe coupée. C’est aussi le parfum de la liberté. Tu vois ? Tu es légère comme une plume ! Rien ne te retiens, rien ne te contraint. Tes douleurs ? Tes tracas ? Ton quotidien ? Envolés ! Viens, allons plus haut, au-dessus des nuages ! Flirtons avec les étoiles !
Regarde ! Le soleil est heureux de nous voir passer ! Il nous fait une caresse. Oui, c’est sa main qui t’effleure, quand ce rayon doré se pose sur ta peau. Et là, sous nos pieds, voici la terre, voici les forêts, les prairies, les montagnes… la mer. Elle s’étend à perte de vue. Elle frémit doucement sous le vent. Ses eaux brillent comme des diamants.
Tu aimes ce voyage ? Allons plus loin ! Dans d’autres contrées, vers d’autres peuples… à la rencontre d’autres réalités. Pas d’interdit, ni d’impossible !
Tu es fatiguée ? Tes yeux se ferment ? Dors mon amie, rêve… c’est aussi une forme de voyage !

Cache cache

Classé dans : texte court — 14 avril, 2016 @ 10:25

« A trois j’arrive ! » Sa voix est toute proche. Il a déjà commencé à me chercher ce sale tricheur ! Je suis en boule sous le lit… pas très original, mais c’est tout ce que j’ai trouvé en soi peu de temps. J’entends ses pas dans le couloir. « Alors, où donc es-tu ? Dans la chambre du bout ? Oui, sans doute…. les autres sont fermées ! » Il est sur le palier. Je vois ses pieds. Il porte de grosses chaussures de sécurité. Elles sont toutes crottées et font de grosses traces de boue sur la moquette.
Il se dirige vers l’armoire, à gauche du lit. Doucement il ouvre la porte. Je l’entends farfouiller dans la penderie. « Où es-tu mon poussin ? Pas ici, fait-il d’un ton rieur.. mais sans doute pas très loin. » Il contourne le lit, regarde sous le bureau. Il prend son temps. « Oh, pas ici non plus, fait-il faussement étonné. Il ne reste qu’une seule cachette possible alors ! »
Il se penche et regarde sous le lit. Je reçois l’éclat métallique de ses yeux bleus. Il sourit, mais ça n’a rien d’amical. « Voilà, je l’ai trouvée ! Viens par ici ! Je vais te ramener à tes parents. » Je sais bien qu’il ment. C’est un officier allemand, celui qui a emmené mes parents la veille au soir. Je croyais lui avoir échappé, mais un voisin m’a sûrement dénoncée. Je serre les dents tandis qu’il m’entraîne dans l’escalier, nous descendons vers la rue… ou vers l’enfer.

Maman

Classé dans : Non classé — 11 avril, 2016 @ 10:49

Maman ! Tu es une déesse pour ton tout petit. Il ne vit que pour toi, il ne vit que par toi. Vois comme la joie illumine son visage quand il te regarde ! Sans toi il s’étiole. Tu es tout son univers.
Maman ! Regarde comme il s’accroche à ta main quand il apprend à marcher. Tu le rassures, tu le protèges, tu lui donne confiance en lui et pour te remercier, il brave sa peur et va de l’avant ! C’est pour toi, pour voir la fierté dans ton regard qu’il fait tous ces efforts.
Maman ! Tu es la confidente de ton enfant, celle à qui il peut tout dire. Tu souris à ses rêves naïfs, à ses amours naissantes, à ses petites colères, à ses amitiés, à ses désirs… Tu te souviens de celle que tu étais au même âge et tu te retrouves un peu en lui.
Maman ! Tu es le bouc émissaire de cet adolescent qui ne sait pas encore quelle voie il va emprunter. Il te fait vivre l’enfer; mais tu tiens bon la barre. Tu ne lâches rien. Cette période obscure, on te l’avait annoncée !
Maman ! Tu vis un dilemme quand ton enfant devient adulte. Il quitte le nid et prend son indépendance. Quelle tristesse de le voir quitter le nid… mais quelle fierté aussi ! Comme il a bien grandi !
Maman… Tu te sens parfois seule. Les turbulences de ta vie sont derrière toi. Puis soudain, du bruit : de petits pas qui accourent vers toi, un rire en cascade, de jeunes bras qui se jettent autours de ton cou et cette voix qui te dit « bonjour mamie ! »

Que la nature est belle !

Classé dans : texte court — 8 avril, 2016 @ 10:20

Je n’avais jamais remarqué avant ce jour à quel point la nature était belle… Sans doute, parce que je n’avais pas pensé à la regarder. Je découvre émerveillé, ses couleurs par la fenêtre, toutes ses nuances de verts, ses teintes pastel, ses roses poudrés, ses reflets irisés. Je vois la vie couler partout, baignée de lumière dorée. Ses arbres surtout me fascinent. Qu’ils sont grands, qu’ils sont forts… Ne dirait-on pas qu’ils vont s’arracher du sol et se mouvoir, là sur la pelouse ?
Et ses oiseaux ? Oh les oiseaux, aux plumes multicolores, aux chants mélodieux, ses oiseaux qui glissent dans le vent… J’entrouvre la vitre et je suis submergé de sensations inédites. Est-il possible que ces odeurs existent depuis toujours ? Ils me semblent que c’est la première fois que ce parfum d’herbe fraîche me chatouille les narines. Je ris de ravissement.
« Monsieur Gaspard, que faîtes-vous debout ? me demande courroucée l’infirmière de garde.  » Je ne peux m’empêcher de lui sourire. Une partie de mon esprit sait d’où me vient cet état euphorique : de la morphine, dans ma perfusion. Je me recouche sagement sourire aux lèvres. Avec ce traitement, même l’infirmière est belle !

La retraite du sage

Classé dans : Non classé — 6 avril, 2016 @ 10:20

C’est une petite pièce où tu peux t’isoler pour méditer. Ici le monde n’existe plus, le temps se suspend… Bien assis, tu te reposes tranquillement. Tu ouvres une parenthèse dans ta journée, tu t’offres un moment de pure relaxation.
Prends un livre, une grille de mots croisés ou un journal : tu es libre mon ami, de faire ce que tu veux ! Aucun regard indiscret ne se pose sur toi en ce lieu. Tu peux donc être toi-même, sans craindre le jugement d’autrui.
Bien sûr comme toute chose en ce monde, l’instant de grâce se termine lorsque quelqu’un frappe à la porte en criant :
« Dis, tu comptes passer la journée aux toilettes ? Il y a des gens qui attendent ! »

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