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La bonne fortune

Classé dans : Nouvelles — 25 juillet, 2015 @ 5:20

Aussitôt qu’il entendit la détonation, Louis se tapit contre le sol. Cette fois ci, ce n’était pas passé loin : il avait bien failli y rester ! Le jeune homme s’épongea le front. Il devait coûte que coûte arriver au sommet de l’escarpement rocheux pour observer les positions ennemies. Retenant son souffle, il attendit quelques instants avant de reprendre sa progression en rampant. Les genoux ensanglantés, il finit par atteindre son but. A sa grande surprise, il découvrit le corps d’un homme qui était étendu là, mort depuis deux jours au moins. Visiblement, ce n’était pas un soldat… plutôt un brigand, à en juger par son accoutrement. Intrigué par la besace que l’homme serrait contre sa poitrine, Louis s’approcha. Il retira à grand peine les doigts crispés sur le sac et l’ouvrit pour regarder son contenu : elle regorgeait de pièces d’or. De sa vie, il n’avait jamais vu autant d’argent… Il sourit. C’était la providence qui l’avait conduit ici !
En un instant, il oublia la guerre, l’ennemi et sa mission. Il était riche à présent….Avec cet argent, il serait libre de faire ce que bon lui semblerait. A condition bien sûr, de quitter le champ de bataille sans se faire attraper, ni par l’ennemi, ni par ceux de son propre camp. Il jeta un coup d’oeil en arrière. Impossible de repartir par où il était venu car deux de ses camarades l’attendaient en bas. Pas question non plus de s’attarder, ils risquaient de monter le rejoindre. Il ne lui restait donc qu’une solution : descendre pat le côté abrupt de la roche, une falaise d’une hauteur vertigineuse. Cette perspective lui nouait l’estomac, mais il n’avait pas le choix : sa fortune et sa liberté en dépendaient !
Il prit le sac et le mit en bandoulière autour de sa poitrine. La nuit était tombée et il n’avait pas de corde, néanmoins il commença silencieusement sa longue descente. Il n’en menait pas large, conscient d’être une cible facile. De plus, il progressait lentement, s’arrêtant dès que la plus petite pierre se détachait de la paroi, puis il reprenait son chemin, malgré ses muscles endoloris et les meurtrissures de ses mains. C’était dur, lent et pénible. heureusement, à l’idée de tout ce qu’il allait pouvoir s’offrir, sa tâche lui semblait plus légère. Tout d’abord, il s’achèterait une immense maison et il engagerait une foule de domestiques. Ensuite, il épouserait une fille de bonne famille, une jolie, qu’il couvrirait de présents. Ils donneraient des fêtes somptueuses, iraient au théâtre… Louis soupira. Avant toute chose, il faudrait qu’il s’en sorte vivant et en un seul morceau. Pendant près d’une heure, il mena les dents serrées, son combat pour atteindre le sol sans dommage.
Quand ses pieds touchèrent la terre ferme, il crut défaillir de joie. Bien sûr, il fallait encore traverser les lignes ennemie et rejoindre la civilisation. Ce qui lui prendrait probablement quelques jours supplémentaires, mais… Louis s’immobilisa. Une forme gisait sur le sol, tout près. Le jeune homme hésita à s’en approcher. puis il se dit que c’était peut-être un complice du brigand mort là-haut et qu’il pouvait, lui aussi (pourquoi pas ?), détenir de l’or. Aussi s’avança-t-il les mains tendues, pour fouiller le corps.
Il découvrit d’abord une poitrine maculée de sang, mortellement frappée par une balle. Son regard remonta ensuite vers le visage. Un visage qu’il connaissait bien : le sien. Il se rappela soudain de la détonation qu’il avait entendue et comprit avec douleur qu’il était mort depuis plus d’une heure.

2 commentaires »

  1. Marie-France du blog ilpleutsurmavie dit :

    Sidérée je suis!
    Mais…je n’oublie de t’envoyer une tonne de bisous tout chauds d’ici!! <3<3<3

  2. ptitedelph dit :

    Tu as du talent ma belle dans ta façon d’écrire :) j’aime beaucoup à chaque fois et en arrivant à la fin, je me dis « c’est finiiii sniff ! » <3 Bisous, bon w-e

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