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Un dimanche au village

Classé dans : Nouvelles — 1 août, 2015 @ 5:28

église 1

Martin déboucha le premier sur la place du village… son village. Cela faisait deux ans qu’il l’avait quitté et rien n’avait changé. Que c’était bon de rentrer chez soi ! Puis soudain, il remarqua quelque chose d’insolite : il n’y avait pas un chat. Certes, il ne s’attendait pas à un comité d’accueil, puisqu’il n’avait pas annoncé sa visite… mais ne voir personne dans les rues, dans ce bourg pourtant très actif, était étrange.
Il fut bientôt rejoint par ses compagnons de route. Eux aussi cherchaient du regard les habitants. Martin décida d’en avoir le coeur net. Il frappa à une porte. Il n’y eut pas de réponse, alors il entra. La maison était vide, comme toutes les autres autour, ainsi que le constatèrent ses camarades.
Où donc étaient passés les gens ? On était dimanche, ils auraient dû être en famille autour d’une table… oui, mais leurs maisons étaient désertes. Peut-être y avait-il une grande fête de village où ils étaient tous réunis ? Mais alors, pourquoi régnait-il ce silence ? Où étaient les rires, la musique, les bavardages ?
Martin fut brusquement frappé par l’évidence. C’était dimanche aujourd’hui, alors naturellement ils ne pouvaient se trouver que dans un seul endroit : l’église. Il fonça au pas de course vers le vieil édifice qui dominait les environs de sa hauteur, puis ralentit à mesure qu’il s’en rapprochait, les sourcils froncés.
Aucun son ne lui parvenait, ni orgue ni murmure de prière, ni même la voix du prêtre s’élevant pour louer le Seigneur. Et il y avait cette drôle d’odeur qui flottait dans l’air, acide, métallique. Il s’obligea à aller jusqu’au bout. La porte de l’église était entrebâillée, il n’eut qu’à la pousser… Ils étaient tous là, tous les gens du village !
Martin n’eut même pas la force de crier. Il était venue ici plein d’espoir avec son escouade, volontaire pour chasser les allemands de son cher village qu’il avait dû quitter pour prendre le maquis… mais ils étaient arrivés trop tard. Les allemands avaient fui, après avoir rassemblé la population dans l’église où on l’avait exécutée…
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Un commentaire »

  1. Petitgris dit :

    Au fur et à mesure de ma lecture je sentais grandir le spectre de Oradour sur Glane ! Tu as super bien évoqué l’émotion qui a dû submerger les premiers à revenir dans ce village meurtri à jamais ! Bon samedi Bisous

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