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Un matin morose

Classé dans : Nouvelles — 3 août, 2015 @ 10:06

unmatinmorose.jpg Une désagréable sensation de fraîcheur l’avait réveillé. A force de se tourner et de se retourner, les couvertures avaient glissé au sol. En grognant, il avait essayer de les attraper du bout des doigts, mais il n’avait réussi qu’à rouler hors de son lit. La chute l’avait définitivement sorti de son sommeil. Il s’était levé. Un coup d’oeil par la fenêtre l’avait renseigné sur le temps : il faisait moche aujourd’hui, pas étonnant que la maison soit si sombre… il apercevait à peine le bout de ses orteils. En plus, un froid humide s’insinuait partout. Il éternua et porta une main à son front brûlant. Une migraine arrivait, sournoise et lancinante. Allons bon, il n’allait pas être malade quand même !
D’un pas mal assuré, il se rendit dans la cuisine. Il savait ce qui le remettrait d’aplomb : un bon café bien serré… Sauf que la cafetière était vide, ainsi que la boîte à café ! Il avait dû se rabattre sur une infusion. De la flotte avec un vague goût de pomme et de cannelle : tu parles d’un breuvage ! Des gouttes de pluie commencèrent à frapper les carreaux et ce bruit lui mit les nerfs en pelote. Il laissa son regard se perdre sur le bol fumant auquel il n’avait pas encore touché. L’odeur fruitée lui donnait la nausée. C’était à un point tel qu’il n’avait même pas envie de se préparer des tartines. L’averse était devenue torrentielle. Elle s’abattait sur le paysage avec violence, courbant les feuilles, assassinant les fleurs les plus fragiles. Il maugréa car il venait de se souvenir qu’il avait oublié ses précieuses orchidées sur le pas de la porte. Il se leva vivement pour aller les chercher.
Le bol lui échappa des mains. Le liquide bouillant lui éclaboussa les jambes. La porcelaine éclata sur le carrelage. Il regarda les morceaux s’éparpiller. Il y en avait partout. Avec la chance qu’il avait aujourd’hui, ce serait un miracle s’il parvenait à regagner sa chambre sans s’ouvrir le pied… car il n’était pas question qu’il reste debout ! Au Diable les orchidées, la pluie et son petit déjeuner ! Il ramassa les couvertures qui traînaient par terre, s’enroula dedans et se jeta en grognant sur le matelas. Puis il se tourna vers le mur, ferma les yeux et en quelques secondes à peine, se rendormit.
Cette nuit au village, la terre avait tremblé. Des crevasses étaient apparues sur les murs des maisons, des toitures s’étaient effondrées. Des rochers s’étaient décrochés de la montagne et avaient roulé jusque sur la place du village, heureusement sans faire de victime. L’hôtelier eut un sourire en me voyant surgir le regard hagard, terrifié par les forces de la nature.
-Ne vous en faîtes pas, me dit-il, c’est terminé à présent, il s’est calmé !
- »Il », qui ça « il » ?
Il haussa les épaules et son sourire s’élargit :
-Le géant de la montagne pardi ! Il s’est levé du pied gauche aujourd’hui !
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Un commentaire »

  1. Petitgris dit :

    Pas mal l’allégorie du géant de la montagne qui se lève du pied gauche ! :) Espérons qu’il va dormir longtemps ! Belle semaine Bisous

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