Nouvelles en vrac

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Un parfum d’adolescence

Classé dans : Non classé — 30 mars, 2016 @ 10:29

Ouch ! Que le réveil est dur ce matin ! J’ai mal partout, je me sens faible… et surtout, j’ai tout oublié de ce que j’ai fait la veille. J’ai sûrement bu. Finalement, j’ai de la chance, car la gueule de bois n’est pas au rendez-vous. Je me traîne hors de mon lit et je jette un coup d’œil par la fenêtre. Bon sang ! Où suis-je ? Je ne reconnais rien !
Tout d’un coup, je réalise que mes parents doivent aussi se poser la même question. Ils sont probablement très inquiets. J’espère qu’ils n’ont pas appelé les gendarmes ! Où sont mes vêtements ? Je regarde autour de moi. Qu’est-ce que je portais déjà ? Ah oui ! Un jean et un joli pull rose à paillettes…. Le problème, c’est que je ne les vois nulle part. Il y a juste une horrible robe à fleurs posée sur un fauteuil. Comme je ne peux quand même pas me promener toute nue, je l’enfile en faisant la grimace.
A peine l’ai-je passée qu’une inconnue ouvre la porte. Elle a à peu près mon âge.
-Salut mamie ! dit-elle. Tu es déjà réveillée ? Tu as vu comme il fait beau aujourd’hui ? On va pouvoir faire un tour au parc !
Mamie ? Je regarde la robe. Elle n’a pas tort. J’ai l’air d’une grand-mère. Pour ne pas la vexer, je ne lui dis pas que je ne sais pas qui elle est. Elle semble gentille. On a du se lier d’amitié hier…
-Très bien, lui dis-je. Excellente idée ! Est-ce que je peux téléphoner ?
-Téléphoner ? fait-elle effarée. Qui donc veux-tu appeler ?
-Mes parents… ils ne savent pas que je suis ici.
-Euh… je te laisse une seconde et je reviens ! dit-elle en s’éclipsant.
Je trouve son départ précipité un peu suspect, alors je la suis discrètement. Elle ne va pas très loin, juste dans la pièce d’à côté. C’est un bureau où est assise une femme en blouse blanche.
-Docteur, ça continue, dit ma jeune inconnue. Cette fois, elle pense que ses parents sont encore en vie !
-Ne vous affolez pas ! Je sais que c’est difficile pour vous de voir votre grand-mère perdre la mémoire, mais ici, parmi nous, elle est en parfaite sécurité.
Sa grand-mère ? Je relève la tête et j’aperçois mon reflet dans un miroir. La robe à fleurs ne me va pas si mal… Elle est en parfaite adéquation avec le visage ridé et les cheveux blancs qui sont les miens. Je comprends mieux pourquoi je me sens si fatiguée ! Je retourne dans ma chambre sans m’apitoyer sur mon sort. De toutes façons, il y a de grandes chances pour que d’ici à quelques heures, j’aie tout oublié et que je me sente adolescente de nouveau !

Un commentaire »

  1. Petitgris dit :

    Brrr un très beau texte mais qui fait un peu froid dans le dos tout de même ! Bisous

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