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Archive pour la catégorie 'La loose ou la vie d’une femme (presque) moderne'

La loose ou la vie d’une femme (presque) moderne : Beaux gosses

Posté : 27 octobre, 2014 @ 4:01 dans La loose ou la vie d'une femme (presque) moderne | 6 commentaires »

Les beaux gosses, on en rêve toutes, enfin à ce qu’il paraît… Ce sont surtout les médias qui nous en parlent et ça tombe bien, parce que ce sont également eux qui nous en fournissent.  Livré clé en main, le kit beau gosse contient une musculature à faire pâlir d’envie Arnold Schwarzenegger, une pilosité inexistante couplée à une peau de bébé, un regard torride ourlé de longs cils, une bouche à croquer et une chevelure soyeuse, si soyeuse que les nanas de L’Oréal devraient avoir honte d’exhiber la leur.

Normalement, en voyant un de ces beaux gosses, nous, pauvres créatures du sexe faible (on est bien d’accord : ce sont les hommes qui nous affublent de ce sobriquet !)  devrions nous pâmer, sombrer dans l’hystérie et accessoirement, nous précipiter sur les produits pour lesquels on agite  ces éphèbes sous notre nez.

Seulement parfois, la sauce ne prend pas. Certaines d’entre nous sont insensibles aux petits minets qui font la moue devant l’appareil photo (oui, on peut avoir un corps de Dieu et être malgré tout un minet), un sourire serait plus à notre goût… un vrai sourire, pas ces grimaces qui te donnent l’impression que le mannequin va sortir de l’affiche publicitaire pour te mordre ! Que dire aussi de ces effets théâtraux : vent qui souffle dans les cheveux alors que justement il n’y a pas un brin d’air en mouvement, main qui rajuste une mèche (même si le mec est chauve, si si, ça arrive), poses improbables pour faire ressortir les muscles (quitte à craquer le T-shirt d’ailleurs) ?

Je suis de ces handicapées de l’esthétisme qui préfère un homme velu, maigre ou bedonnant, un chauve un vrai, ou un chevelu un brin négligé… tout, pourvu que ce soit naturel et surtout pas parfait, car moi, je suis imparfaite et pour être bien aux côtés d’un homme, j’aime autant qu’il ne me refile aucun complexe !

beau gosse

La loose ou la vie d’une femme (presque) moderne : les baisers

Posté : 16 décembre, 2013 @ 9:50 dans La loose ou la vie d'une femme (presque) moderne | Pas de commentaires »

Tu te souviens quand tu étais gamine ? Si on te parlait d’embrasser un
garçon, tu disais « beurk »… Bon, ça pouvait se comprendre, non ? A
l’époque, les garçons de ton âge étaient dans leur phase « cracra », pas
adeptes de la douche ni du savon.  Qui aurait envie d’embrasser un
truc qui pue ?
Bon, ça c’était la version officielle, parce qu’en réalité, il y en
avais bien un ou deux auxquels tu aurais volontiers fait quelques
bisous… mais uniquement dans le secret de ton coeur !
A l’adolescence, les choses se sont gâtées. Tu commençais tout juste à
surmonter ton dégoût pour l’autre sexe en lui « claquant la bise » pour
lui dire bonjour que déjà, d’autres filles plus délurées te parlaient
de « rouler des pelles, des galoches ou des gamelles »… bref, d’y
mettre la langue quoi !
Pauvre de toi qui frémissais encore à la simple idée d’échanger un
« piou », un chaste baiser sur les lèvres ! Rouler des pelles… pas
très attrayant comme expression ! Puis un jour, tu as essayé. Pas ton
meilleur souvenir. Beurk, le contact froid et humide des lèvres de ton
prétendant ! Beurk, son haleine pas très clean quand son souffle t’est
parvenu en plein visage ! Beurk, enfin, sa langue visqueuse qui
essayait d’entraîner la tienne…
Heureusement la roue tourne, tu as gagné en expérience, amélioré ta
technique… et la gente masculine aussi. A présent, lorsque chéri
t’embrasse, les idées qui se bousculent dans ta tête n’ont rien de
chaste, mais ça… c’est une autre histoire !

la loose ou la vie d’une femme (presque) moderne : un amour éternel… enfin qui dure un peu

Posté : 7 novembre, 2013 @ 10:33 dans La loose ou la vie d'une femme (presque) moderne | 1 commentaire »

Lui et toi, c’est à la vie à la mort. Vous vous retrouvez avec délice chaque nuit. Vos corps semblent faits l’un pour l’autre tant ils s’imbriquent parfaitement. Il accueille tes courbes avec bienveillance et même s’il gémit un peu quand tu as pris du poids, il reste muet et n’émet pas la moindre critique.

Tout n’est que volupté quand vous êtes ensemble : le contact sensuel des draps, le tendre moelleux de l’oreiller, la chaleur torride de la couette… Tu pousses des soupirs bienheureux. Tu te frottes à lui et parfois, quand la température monte, tu te glisses toute nue, sans la moindre pudeur contre lui.

Tu es si bien que tous les matin, tu vis le même drame : la sonnerie du réveil vous sépare et tu dois t’arracher à son étreinte pour aller travailler… Tu sais bien qu’avant la fin de la journée, il aura recommencé à occuper toutes tes pensées.

Tu l’aimes, tu l’aimes ! Et  tu ne peux pas te passer de lui… ton lit bien-aimé même si tu lui fais des infidélités (pendant les week end ou les vacances). Un jour, quand il sera trop vieux, tu devras le laisser partir… oui, mais ce sera pour trouver un nouvel amour !

La loose ou la vie d’une femme (presque) moderne : autopsie d’une semi cuite

Posté : 19 juillet, 2013 @ 8:31 dans La loose ou la vie d'une femme (presque) moderne | 5 commentaires »

L’alcool rend gaie… l’alcool fait oublier… J’ai décidé d’en avoir le coeur net. J’ai testé. Bon, pas totalement cuite, juste un peu… juste assez pour constater les effets et être encore en mesure de les noter, là tout de suite tant qu’ils sont encore là et pas sortis de mon cerveau en surchauffe (à cause du temps peut-être ?).

D’abord le goût : mon poison à moi, c’est la bière, blonde de préférence comme ces femmes dont on se moque. Eh bien voilà leur revanche : la blonde, c’est la reine des bières !  J’en sirote plusieurs de la plus légère à la plus amère et celle qui fait tourner la tête n’est pas forcément la plus alcoolisée.

Vient donc ensuite ce doux état où l’on flotte… pas vraiment de l’oubli, c’est seulement une question de perception. Dans le plaisir de l’instant, il y a des choses qui passent en second plan. On se prend à sourire, à rire même… bêtement. Il ne faudrait pas s’attarder sur le sujet, car à trop creuser, c’est la consternation qui s’amène : mais qu’est-ce que je suis en train de faire ? Pourquoi ? Et là, geste fatal pour l’égo et la bonne humeur : le petit regard dans le miroir où une folle échevelée vous dévisage niaisement de son regard trop brillant.

Le choc quand on se rend compte que cette folle… ben c’est soi-même. Puis la honte de l’état dans lequel on est et l’embarras à devoir se lever et quitter la table alors qu’on sait qu’on ne marche pas droit (ou alors, ce sont les murs qui bougent, le sol qui se soulève…). Demain ce sera pire. A la honte s’ajoutera la gueule de bois, les sermons des proches… mais rien d’aussi terrible que ce qu’on s’est dit à soi-même en voyant son reflet : « tu t’es vu quand t’as bu ? »… Ben oui… hélas !

La loose ou la vie d’une femme (presque) moderne

Posté : 16 juin, 2013 @ 6:42 dans La loose ou la vie d'une femme (presque) moderne | 1 commentaire »

Nous les femmes, sommes naturellement élégantes. La nature nous a conçues comme ça et le terme d’élégance a été créé spécialement pour nous… Enfin ça, c’est la version glamour et officielle, parce qu’en réalité, l’élégance ça se travaille et croyez-moi, c’est loin d’être gagné !

On nous reproche souvent de trop nous regarder dans le miroir, mais comment ferions-nous pour acquérir un semblant de grâce, si nous ne nous regardions jamais ? Nous ne verrions pas nos cheveux hirsutes, à moins qu’ils ne nous tombent sur les yeux et nous ressemblerions toutes à des femmes de Cro-Magnon.

Heureusement que nous peaufinons notre image ! Nos personnalités se révèlent dans le choix de nos coiffures qui reflètent également notre humeur. D’un trait de khôl sous les yeux, nous soulignons notre beauté… ou notre mauvais goût. Oui, il faut bien l’avouer, nos choix ne sont pas toujours bons : qu’il s’agisse de la tartinade de fond de teint qui peut vite nous faire virer au masque de carnaval, du rouge pétant que nous posons sur nos lèvres pour les rendre sensuelles, alors qu’elles en deviennent juste repoussantes (quel homme voudrait nous embrasser au risque de se barbouiller comme un clown ?), du fard à joues sensé nous donner bonne mine, mais qui nous donne surtout l’air de souffrir de couperose ou du maquillage « smoky » qui soi-disant rend le regard plus profond mais qui a avant tout le don de nous transformer en panda sans poils… le maquillage est une pente dangereuse.

Il en va de même avec les bijoux: trop peu, on ne les voit pas et on passe pour une petite soeur des pauvres, trop… On nous confond avec un arbre de Noël ou un panneau de signalisation. Quant aux vêtements, quel casse-tête !  Il y a ceux qui nous vont et ceux qu’on ne devrait jamais mettre (qui n’a jamais croisé une de ces filles saucissonnée comme un rôti, alors qu’elle voulait juste donner une touche sexy à sa tenue ?). Et par dessus tout, tout vêtement porte un message.. Selon qu’on arborera un tailleur pantalon, une robe avec des escarpins, un jean et des baskets, on sera tour à tour jugée comme une bosseuse, une nana aguicheuse ou une fille super cool..

L’élégance ? Un vrai casse-tête je vous dis ! Il vaut mieux se la jouer naturelle… Oui mais, le naturel, ça se travaille aussi ! Ah, comme il est difficile d’être une femme !

La loose ou la vie d’une femme (presque) moderne : chocolat mon amour

Posté : 4 juin, 2013 @ 6:10 dans La loose ou la vie d'une femme (presque) moderne | 5 commentaires »

C’est le compagnon de tes moments de déprime, ton ami, ton doudou, celui qui te donne encore plus de plaisir que le plus doué des amants… Qui ? Mais le chocolat pardi ! Il est beau, brillant, sensuel. Tu le caresses, tu le titilles du bout de la langue, tu lui murmures « encore ! » Pour un peu, il te donnerait de la fièvre tant il te rend folle de désir.

Peu importe où tu l’as vu pour la première fois, emballé grossièrement  dans du papier d’alu, à sa place dans le rayon du supermarché ou lisse et raffiné dans la vitrine d’une confiserie : tout de suite ça a été l’amour fou. Tu as fait le premier pas pour pouvoir l’entraîner chez toi… et oui, tu l’avoues sans honte, tu as payé pour ça ! Si tu t’étais écoutée, tu l’aurais déshabillé en pleine rue et, faisant fi de toute pudeur, tu l’aurais consommé immédiatement, brûlée par cette passion qui t’anime, cet appétit indécent.

Tu t’es retenue et tu as attendu d’être à l’abri des regards pour assouvir tes bas instincts. Plus qu’un viol, ça a été un massacre. Tu l’as croqué, sucé, léché… Tu as poussé des grognements, gémi comme une bête puis tu l’as avalé tout entier.

Le temps s’est suspendu, mais comme dans toutes les histoires d’amour, tu as fini par reprendre pied avec la réalité… quand tu es montée sur la balance et que soudain tu t’es dit: « Le chocolat, c’est terminé ! »

La loose ou la vie d’une femme (presque) moderne : la guerre du poil

Posté : 11 mai, 2013 @ 6:41 dans La loose ou la vie d'une femme (presque) moderne | 4 commentaires »

Il est là qui te nargue dans toute sa gloire disgracieuse. Noir, épais, dressé comme un épi, il semble avoir surgi de nulle part, pile poil (c’est le cas de le dire) sur ta guibolle, le jour où tu voulais justement te balader les jambes à l’air (ben oui, après l’hiver, il s’agit de quitter son blanc manteau et de gagner un ou deux tons pour se fondre dans la nature… bref de bronzer un peu pour ne pas mourir de honte sur la plage). « Il », le poil, n’est pas venu tout seul. C’est un lâche, il sort en troupeau quand il vient te défier.

Tous ses horribles potes l’accompagnent. Ils sont drus, ils sont longs, ils sont costauds. Il faudrait presque une machette pour en venir à bout, une faux, une serpette, deux ou trois jeux de ciseaux, des tenailles… tout un attirail, car c’est la guerre ! L’ennemi campe sur toutes les positions stratégiques : les jambes, les aisselles, le pubis (ciel ! ils ont même commencé à conquérir la région qui l’entoure !) et même, car ce sont des sournois sans coeur : le visage.

Si tu les laisses proliférer, on ne tardera pas à te surnommer « Chita » ou « Chewbacca » ou pire : « Monsieur »… Heureusement, tu as des armes pour les contrer. D’abord le rasoir, mais c’est un faux ami : pour un poil qui tombe, dix se relèvent qui poussent plus vite, plus fort et un jour ou l’autre… tu te retrouveras noyée sous la masse d’une fourrure polaire. Il y a ensuite la crème dépilatoire, l’arme chimique par excellence, mais dans ce combat, tes narines seront mises en péril (ben oui… la crème dépilatoire, ça pue). Non, ce qu’il faut, c’est prendre le mal à la racine : utiliser la cire.

La cire, c’est l’arme des braves. Tu vas en baver, mais si tu résistes à la douleur, tu en sortiras triomphante. Tu fourbis ton arme, tu fais chauffer la cire. Le premier assaut est terrible : la cire est trop chaude, tu t’es cramée la jambe. Pas grave, tant qu’à souffrir, autant le faire avec panache. Tu t’entêtes, tu appliques bien la bande et d’un coup sec, un seul tu l’arraches…

Le cri que tu pousses alors a de quoi glacer le sang dans les veines. Purement animal, c’est un pur concentré de souffrance. La bande dans la main, tu contemples le désastre. Ta jambe en partie épilée, majoritairement brûlée et qui bientôt, tu en es certaine, se mettras à gonfler. Il ne te reste donc qu’une seule solution pour ne pas perdre totalement la face : reprendre ton bon vieux rasoir pour réparer les dégâts.

 

La loose ou la vie d’une femme presque moderne : purée, c’est presque l’été !

Posté : 25 avril, 2013 @ 1:10 dans La loose ou la vie d'une femme (presque) moderne | 2 commentaires »

Tu te réveilles ce matin et là tu réalises : purée, c’est bientôt l’été ! Enfin presque…. ce sont à peine les premiers rayons de soleil de l’année. Le problème, ce sont les bouées qui se sont confortablement installées sur tes hanches pendant l’hiver. Si tu veux rentrer dans ton bikini, plutôt que ce soit lui qui te rentre dedans, il va falloir agir… et vite !

Te voilà à décortiquer la presse féminine, truffée de conseils plus ou moins bon… et plus ou moins farfelus. Tu découvres que oui, il existe des solutions.

D’abord, les solutions miracles : la chirurgie (mais bon, t’es pas très chaude… et puis, à moins d’être sponsorisée, tu ne vois pas bien comment tu ferais pour payer), les pilules à avaler (ce qui revient à avaler des couleuvres…. la pilule qui te fait maigrir pendant la nuit, tu y crois moyennement), les machines en tous genres qui se débarrassent de la graisse à ta place (la seule chose qui perd du poids dans l’histoire, c’est ton porte monnaie), les crèmes à base de caféïne (ça marche si je répands ma tasse de café sur mes cuisses ?) qui traquent le capiton…

Ensuite, il y a les solutions douloureuses : régime et sport… Régime, tu as déjà donné : l’enfer ! A force de contrôler ce que tu manges, tu ne penses plus qu’à ça. Quand tu regardes un carré de chocolat, tu ne salives pas : tu comptes les calories ! A la limite, tu veux bien essayer de manger équilibré, quitte à pratiquer l’amnésie sélective (j’ai avalé deux pains au chocolat aux amandes ? m’en souviens pas…). Tu peux même pousser l’effort jusqu’à avaler des litres de flotte pour faciliter l’élimination.

Pour le sport, tu te sens motivée… enfin un peu… un minimum quoi. Déjà, tu t’es achetée ta tenue (ben oui, le shopping c’est une super motivation) et même, tu as investi dans un livre qui parle de sport (la gymnastique des paresseuses… mais l’idée de le lire te fatigue !). Tu commences l’activité modérément, il faut savoir doser son effort : un peu de marche (mais sur terrain plat), un peu de course (mais pas trop), un peu de gym (mais sans gestes violents).

Déjà, tu es presque sûre d’avoir perdu un demi centimètre de tour de taille… à moins que ce ne soit une illusion d’optique. Mais résolument optimiste, tu te cales dans ta chaise longue en croquant un succulent Paris-Brest et en rêvant doucement de ta jolie silhouette estivale.

 

La loose ou la vie d’une femme (presque) moderne : monologue

Posté : 27 mars, 2013 @ 2:07 dans La loose ou la vie d'une femme (presque) moderne | 3 commentaires »

     Je hais les monologues… depuis toujours.  Tu sais, ces moments où tu crois parler avec un interlocuteur et que soudain tu t’aperçois qu’il reste muet. Il n’est pas sidéré par ton intelligence ou captivé par tes mots… Non non ! En réalité, il ne t’écoute pas. Tu es comme un bruit de fond pour lui, un truc vaguement gênant qui bourdonne à son oreille.
     Bien sûr, tu pourrais crier pour te faire entendre, mais à quoi bon ? Un : tu te briserais les cordes vocales. Deux : tu passerais pour une harpie. Tu hésites un peu, parce que quand même, crier soulagerait un peu la rage qui monte en toi… ou pas. Imagine que même en criant, l’autre ne t’écoute pas ? Imagine que tout ce qui te revienne, ce soit l’écho de ta propre voix. Une voix déformée par la colère, aiguë, surexcitée… le genre de voix qui d’ordinaire t’agace au plus haut point.
     Tu te rabats sur d’autres modes de communication, tu envoies des textos… mais là encore, si on ne te répond pas, l’impression est déplaisante. C’est comme si tu étais insignifiante (ou disons le carrément :  chiante). Tu es là, comme une andouille, attendant une réponse par sms qui ne vient jamais. Toi tu as choisi tes mots, tu as fait court pour ne pas être inopportune, mais avec cette pointe d’humour qui te caractérise. De vains efforts, réduits  à pas grand-chose si à l’autre bout on ne t’indique pas qu’on l’a lu et qu’on a apprécié l’attention.
     En désespoir de cause, il te reste l’écran de l’ordinateur. Les réseaux sociaux s’ouvrent à toi : tu peux écrire à qui tu veux… enfin, si les autres le veulent bien ! Et puis l’histoire est la même : ils te répondent selon leur bon vouloir, s’ils en ont le temps et s’ils ont pris la peine de te lire. Au final, l’écran absorbe encore et toujours les bons sentiments que tu lui envoies, mais il ne te donne rien en retour. Tu es seule. Tu discutes dans le vide.
     Tu te dis que tu devrais te mettre à causer avec ton miroir. A défaut de te répondre, il te regarde ! Mais après avoir testé, avec le chat qui miaule à tes pieds car il ne comprends pas à quoi tu joues, tu abandonnes : avec tout ce bruit, impossible d’avoir une conversation avec toi-même ! Il ne te reste que l’écriture, la noble, la belle, la littéraire… oui, mais là encore, ce n’est que monologue !

La loose ou la vie d’une femme (presque) moderne : déconfiture

Posté : 14 février, 2013 @ 10:11 dans La loose ou la vie d'une femme (presque) moderne | 1 commentaire »

     Tu devrais te le tatouer sur le front, comme ça, tu le verrais tous les matins dans ton miroir : « n’accorde pas ta confiance à n’importe qui ». Tu en as bavé, encore et encore… et la logique voudrait que tu en ais tiré les leçons qui s’imposaient. Malheureusement, la logique et toi vous n’avez jamais pu vous encadrer !
     Te voilà donc une fois de plus à contempler tes yeux gonflés par les larmes, à te traiter de tous les noms, aussi bien parce que tu t’es laissée avoir, que parce que tu as l’audace d’en éprouver du chagrin. Ce garçon avait l’air gentil, sincère. Il semblait s’intéresser à toi. Pauvre nouille ! N’as-tu donc rien appris ? Ils mettent du miel sur leur langue quand ils te parlent, ils jouent sans problème la carte de la tendresse, ils savent même se faire maladroits pour peu que ça puisse les rendre touchants.
     Qui ça « ils » ? Ben eux, les séducteurs de tous poils : les vétérans comme les débutants, les cons, les intellos, les beaux, les moches, les dieux du sexe et ceux qui auraient bien besoin d’un GPS pour décoder la géographie d’un corps féminin… Ils changent de visage, parfois de méthode, mais leurs buts sont semblables et tout finit invariablement de la même façon : ils se tirent lâchement et toi tu pleures sur ton pauvre sort.
     Le bon côté, c’est que tu te remets de plus en plus vite de ce genre de coups bas. Le mauvais, c’est que l’amour, l’humanité, la sincérité sont des notions qui tiennent de plus en plus du conte de fées pour toi. De belles images qu’on se fourre dans le crâne pour s’endormir, mais qui ne sont jamais rien d’autre que de misérables trompe couillon (ou trompe couillonne, puisqu’il faut bien le mettre au féminin).
     Tu ne crois plus aux hommes… mais le plus triste, c’est que tu ne crois plus non plus aux femmes, et surtout plus en toi. Tu te regardes avec méfiance car à chaque fois que tu cèdes à un de ces salauds, tous plus lâches les uns que les autres, c’est toi-même que tu trahis.
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