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La Reine des mers : Epilogue (épisode 42)

Posté : 10 janvier, 2012 @ 8:51 dans La Reine des mers | 5 commentaires »

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La Reine des mers : Epilogue (épisode 42) dans La Reine des mers goéland-300x225

La jeune fille effleura à peine le vieil homme du regard. Elle alla s’agenouiller près du corps de Piwie qui était encore chaud. Elle caressa son visage. Il lui semblait que l’elfe allait se réveiller d’un instant à l’autre. Elle posa sur sa joue un baiser et cette fois, elle le sentit distinctement : il lui restait un souffle de vie, ténu, mais réel. Ashra s’approcha d’elle.
-Il est parti, dit-elle doucement. Tu dois le laisser retourner à la terre.
-Touche-le, fit Tamara.
La mégamorphe posa sa paume sur la poitrine de l’elfe.
-Ce n’est pas de la vie que tu sens là, dit-elle, c’est une trace de magie… Il est parti mon enfant. Néanmoins, grâce à cette magie, tu peux lui faire de vrais adieux. Je pense que c’est ce qu’il veut d’ailleurs, sinon tu ne sentirais rien de tout cela… Ferme les yeux, tu entendras sa voix.
La jeune fille fit confiance à la mégamorphe. Celle-ci avait raison : Piwie l’attendait. Il était dans la forêt où ils s’étaient rencontrés et souriait.
-J’avais oublié comme cet endroit était paisible, dit-il. Te souviens-tu de ce jour là ? Tu ressemblais à un petit animal traqué, une vraie sauvageonne !
-Je m’en rappelle comme si c’était hier, fit Tamara. J’étais si perdue, si seule… Si tu ne m’avais pas trouvée ce jour-là, je serais certainement morte. J’aimerais bien savoir… C’est la magie qui t’a attiré vers moi ?
-Oui et non… La magie est en toute chose. Elle m’a permis de savoir que tu étais là. Mais mon enfant, c’est vers toi et toi seule, que je suis allé. Je ne savais même pas que tu étais une Omêran… sans quoi je ne t’aurais pas emmenée avec moi.
-Ah…. tu m’aurais laissée là.
Piwie sourit et haussa les épaules.
-Non, je crois bien que je t’aurais emmenée quand même, ça aurait été plus fort que moi. Tu n’as pas idée de ce que tu as apporté dans ma vie. J’étais aussi perdu que toi avant de te rencontrer. Petite Tamara, tu as sauvé mon âme.
-Oui, mais je t’ai laissé mourir, répondit-elle attristée. Mes pouvoirs auraient du me permettre de te protéger. Je regrette tellement !
-Je suis mort d’une autre main que de la tienne… répliqua-t-il. Et d’une certaine manière, ma mort était juste au regard de toutes les vies que j’ai prises. Maintenant mon petit, il te faut vivre : ce sera ma plus belle revanche et celle de tes parents aussi ! Et puis, il y a un Riad…
Tamara sourit… C’était vrai : il y avait Riad, celui qui comptait plus que tout.
-Je te promets de tout vivre pleinement, dit-elle en le serrant dans ses bras.
Aussitôt, la vision s’estompa et elle se retrouva à sangloter sur l’épaule d’Ashra.
-Tout est bien, fit celle-ci en lui caressant les cheveux.
Mais Tamara ne se calma que lorsque Riad s’approcha à son tour.
-J’ai parlé avec Piwie, dit-elle en se lovant contre lui. Il a dit… il a dit… mais elle fut incapable de poursuivre et fondit de nouveau en larmes.
-Je sais, répondit Riad en l’embrassant. J’étais là… Je suis toujours là, où que tu sois.
La jeune fille se pressa plus fort contre son torse.

Spark se tenait seul sur le pont de la Reine des Mers, les yeux perdus dans le lointain. Là-bas, au-delà de la ligne d’horizon, se dressait l’île du Chat, là où il avait laissé ceux qu’il aimait…  ses enfants, mais aussi son ami de toujours, Piwie. Il avait promis de revenir les voir. Il tiendrait sa promesse bien sûr. Même s’il était triste d’avoir dû les quitter (car la vie d’un marin ne se fait pas sur le plancher des vaches), il se réjouissait de les savoir à l’abri, dans leur nouveau foyer. Ashra et son peuple les avaient accueillis à bras ouverts et les mages de la cité, conscients des immenses pouvoirs de Tamara, avaient signé un pacte de non agression avec les mégamorphes. Là, ils seraient heureux. Et plaise au ciel que la dernière des Omêrans mette au mode de robustes enfants avec les yeux orangés de leur père et les pouvoirs magiques de leur mère.

Un goéland le frôla en passant, l’arrachant du même coup à sa rêverie. Le capitaine de la Reine des Mers se redressa et s’adressa à son équipage d’une voix de stentor :

« Alors tas de fainéants, vous dormez ? Bougez-vous un peu ou je descends vous réveiller… »

 

 

  FIN

La Reine des mers : punition royale (épisode 41)

Posté : 2 août, 2011 @ 8:50 dans La Reine des mers | 3 commentaires »

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Le Roi allait de surprise en surprise. Piwie l’avait étonné par sa brusque révolte, mais il avait cru que la mort de l’elfe servirait de leçon à tous les autres. Or, il n’en était rien. Ils semblaient tous prêts à se battre, plus que jamais. Et voilà que d’ennemis mortels, ils étaient devenus alliés. La jeune Omêran était particulièrement inquiétante. Sa détermination et l’apparente maîtrise de ses pouvoirs ne lui disaient rien qui vaille. Il chercha du regard son point faible et celui-ci lui sauta aux yeux. Elle ne s’éloignait guère du garçon qui était étendu blessé, à ses pieds.
Il fit signe à ses archers qui comprirent au quart de tour où était leur cible. mais à peine pointèrent-ils leurs flèches sur le jeune homme que des nuées d’oiseaux s’abattirent sur eux. Des volatiles énormes, avec des yeux oranges. D’autres bêtes surgirent bientôt des fourrés : des loups, des ours, des sangliers, des chevreuils… Tous avaient le même regard.
Le roi et ses hommes se retrouvèrent vite cernés, mais le souverain garda le sourire. Il lui restait un atout : sa magie, celle qu’il avait accumulée au fil des ans, comme un avare accumule les pièces d’or. Il leva la main et les bêtes brusquement furent prises de panique.
-C’est un sort de désorientation, cria le Grand Maître. Aria ! Contre-le. Et vous là ! Bande d’empotés : ne restez pas là à ne rien faire ! Aidez-la, ajouta-t-il à l’adresse des autres mages.
Plusieurs mains se levèrent en même temps, traçant le signe d’un bouclier magique qui se déploya au-dessus des magiciens et de leurs improbables alliés. Le roi se heurta en vain à ce mur. Toute sa magie ne suffisait pas à abattre leur défense. Il se sentait faiblir et vit avec effroi l’Omêran enflammée marcher à sa rencontre. Celle-ci eut un rire froid :
-Que t’arrive-t-il ? demanda-t-elle moqueuse. Tu as peur ? Qu’as-tu fait de tes pouvoirs ? Ils n’agissent pas comme tu le souhaiterais ? A moins que ça ne soit ton assassin royal qui te fasse défaut ? N’est-ce pas à lui que tu as coutume de confier ta basse besogne ? Comment vas-tu faire sans son aide ?
Le front du souverain dégoulinait de sueur. La chaleur dégagée par le corps de Tamara, combinée à la peur qu’elle lui inspirait en était la cause. Instinctivement, il se recroquevilla à son approche… mais la jeune fille avait repris forme humaine. Son visage ruisselait de larmes.
-Cet homme que tu as tué, n’était peut-être qu’un pion pour toi, mais pour moi, c’était un père… Ce n’est pas la première fois que tu me prives de mes parents, n’est-ce pas ? Le temps est venu pour toi d’en payer le prix, ajouta-t-elle.
Elle pointa le doigt vers le roi qui se senti privé de tout mouvement.
-C’est ça ta vengeance ? ricana-t-il. M’assassiner ?
-Non… J’ai pensé à quelque chose de plus cruel pour toi, répliqua la jeune fille.
Elle posa sa main sur le front du souverain. Au bout de quelques secondes, elle la retira et tourna le dos au roi qui se mit à rire.
-Quoi ? C’est tout ? Tu ne te venges pas ?
-C’est déjà fait… Vous ne l’avez pas senti ?
-Senti quoi ? Qu’est-ce que tu m’as fait sorcière ?
Tamra sourit.
-Je n’ai fait que vous ôter ce qui ne vous a jamais appartenu. Vous voilà dépouillé de toute magie. Il ne vous reste plus que votre triste humanité. Tachez d’en faire bon usage… en fichant le camp pour commencer !
Elle entendit son cri de rage, mais avant même qu’elle ne se retourne, il était étendu mort, une lame à la main.
Spark prit un air contrit : « Je n’ai pas été assez rapide, dit-il. Le vieillard m’a devancé, précisa-t-il en faisant un signe de tête vers le Grand Maître…

A SUIVRE…

La Reine des mers : Le Roi (épisode 40)

Posté : 15 juillet, 2011 @ 7:21 dans La Reine des mers | 1 commentaire »

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Le Roi jubilait. la clé du pouvoir était devant lui et cette jeune fille la détenait. Tant d’années passées à chercher une telle source de magie ! Il était presque surpris que celle-ci refuse de le suivre, tant il lui semblait légitime qu’elle lui cède sa magie. Il avait déployés de si grands efforts dans ce but qu’il estimait l’avoir mérité. Un peu agacé, il s’adressa à Piwie :
-Amène-là moi, lui dit-il.
-Pourquoi ? Vous ne voulez pas que je la tue ? demanda l’elfe. Et si elle vous attaquait ? Je ne peux pas vous laisser approcher, c’est trop dangereux.
-Je suis de taille à l’affronter, répliqua le roi.
-C’est une magicienne, dit Piwie… Est-ce que ce qu’on m’a dit est vrai ? Etes-vous un mage vous aussi ?
-Je ne suis pas un vulgaire mage… je suis le roi. Tu le sais Piwie, j’agis pour le bien du royaume et uniquement pour ça. Ces pouvoirs mettront mes sujets définitivement à l’abri de tout danger, c’est pour ça que je les convoite.
-Vous êtes un mage… répéta Piwie.
Son visage s’était figé, aussi dur que s’il avait été taillé dans de la pierre. Tout à coup, il se redressa. Il dominait le roi d’une bonne tête. Celui-ci ne put retenir un mouvement de recul.
-Je… je suis ton souverain, dit-il en s’efforçant de garder sa superbe. N’oublie pas tout ce que tu me dois.
L’elfe eut un sourire lumineux, mais il n’en était que plus inquiétant.
-Je vous dois d’être un assassin, fit-il d’une voix de velours. Grâce à vous, le remord m’est étranger. Vous avez pris soin de me dépouiller de tout sentiment humain… Encore que : je ne suis pas humain, voyez-vous, mais vous avez réussi à me le faire oublier. J’ai perdu de vue ma nature d’elfe et le fait que nous sommes, les miens et moi, des créatures de magie. Le genre de créatures, dont les mages se nourrissent quand l’occasion leur en est donnée. Or, je ne sens plus une once de pouvoir dans mes veines. Où donc est-il parti ?
Le roi se raidit.
-De quoi m’accuses-tu ? De t’avoir pris cette soi-disant « magie » ? Serais-tu encore en vie si c’était le cas ?
-Vous m’en avez laissé juste assez pour être immunisé contre la magie courante… mais trop peu pour vous résister. Vous m’avez manipulé, utilisé contre des mages dont vous convoitiez les pouvoirs.
-Piwie ! Ressaisis-toi : ce sont ces créatures qui te manipulent, dit le roi. Rappelle-toi comme je t’ai toujours protégé, guidé : que serais-tu devenu sans moi ?
-Un homme honnête… J’aurais probablement eu la même vie, les meurtres en moins. J’aurais pu être sincère avec mes amis, mener une vie de famille, fonder un foyer.
-Mon ami… fit le roi en s’avançant vers l’elfe. Tu me fais de la peine.
Il écarta les bras pour l’embrasser et avant que quiconque n’ait pu réagir, sa main se fendit en avant. Piwie fit un pas en arrière : le roi lui avait planté un poignard dans la poitrine et l’arme s’était fichée jusqu’à la garde. Après un dernier regard incrédule, il s’effondra aux pieds de son souverrain. Spark allait se précipiter sur le Roi, lorsque Ashra le retint. Des archers venaient d’apparaître comme par enchantement. Leurs flèches étaient pointées sur le marin et les mégamorphes. Ils étaient beaucoup plus nombreux qu’eux et les cernaient. Impossible de leur échapper !
-Vous êtes vaincus d’avance, constata le roi. Soyez raisonnables et rendez vous sans faire d’histoires !
-Dans tes rêves… fit la voix chevrotante du Grand Maître. Les autres mages s’étaient regroupés en silence autour de lui, prêts au combat. Omeran, dit-il en s’adressant à Tamara, je sais que tu as toutes les raisons de nous en vouloir, mais il me semble que nous pouvons faire cause commune : qu’en penses-tu ?
-J’en pense, qu’avec ou sans aide, je vais vaincre cet homme, répondit la jeune fille d’une voix qui n’était déjà plus humaine.
De nouveau, son corps s’enflamma.

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La Reine des mers : Dans la conscience de Piwie (épisode 39)

Posté : 12 avril, 2011 @ 2:41 dans La Reine des mers | 2 commentaires »

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Il n’avait pas envie de la tuer… mais elle ne lui laissait pas le choix. Il ne devait surtout pas perdre de vue qu’elle était une magicienne de la pire engeance. D’ailleurs, ne venait-elle pas de les menacer son Roi et lui ? Il leva son épée… revit Tamara enfant, petit visage émacié, mais dont le regard brillait de volonté. Elle avait les yeux de sa mère. L’épée resta suspendue. Il se souvenait de cette très belle femme qui lui avait fait face avec courage. Elle avait le pouvoir nécessaire pour l’abattre, le même que celui qui animait Tamara et elle ne s’en était pas servi. Pour la première fois de sa vie, il avait douté de son roi… mais l’homme était arrivé et lui, avait attaqué l’elfe. Tout était allé si vite ! Piwie s’était débarrassé de son adversaire en un clin d’oeil et il avait également tué la femme qui s’était interposée.
Puis le bébé avait pleuré… l’ultime survivant de cette cité. La lame de l’épée de l’assassin était maculée du sang de ses parents, mais il n’avait pas réussi à tuer l’enfant… comme si une main invisible l’avait retenu… Cette même main qui semblait le retenir encore à présent.
-Tu uses encore de la magie, dit-il à Tamara.
-Non, répondit calmement celle-ci. Lorsque je le ferai, tu le sentiras.
-Tu mens, reprit l’elfe. Je sens ton pouvoir qui lutte contre moi.
-Je ne sens rien moi, sinon l’envie de te mettre en pièces, gronda Ashra la lionne qui était à présent entre Piwie et la jeune fille.
-Quoi ? Tu ne sens pas cette magie qui suinte par tous les pores de sa peau ? railla-t-il.
A sa grande surprise, Ashra prit un air perplexe :
-Sa magie est puissante, mais elle n’est pas en oeuvre pour le moment.
-Ne me raconte pas n’importe quoi ! cria l’elfe. Je sais ce qu’elle est et ce qu’elle cherche à faire ! Mais ça ne fonctionnera pas… pas cette fois-ci !
Il sentit des larmes couler sur ses joues et les essuya du revers de la main. Son épée tremblait entre ses doigts crispés… si fort qu’il la lâcha. Ashra voulut s’élancer sur lui, mais Tamara la retint et s’agenouilla près de l’elfe. Puis, naturellement, elle le serra dans ses bras.
-Tu es mon père, dit-elle. Le seul je l’ai jamais eu. C’est toi qui m’a appris tout ce que je sais, toi qui a fait de moi la femme que je suis. Si tu veux me tuer, tue-moi. Je ne ferai pas un geste.
Piwie la regarda d’un air éperdu et posa sa main autour du cou de la jeune fille. Ashra gronda et Spark se rua vers lui, mais se heurta à un mur invisible. Tamara avait pris soin de les tenir à distance. L’elfe mit un temps fou avant de laisser retomber ses doigts.
-Je n’ai pas voulu ce qui est arrivé à tes parents, dit-il. Mais je devais servir mon roi.
Un rire éclata, éraillé et dénué de toute gaîté. Le Grand Maître était revenu à lui.
-Misérable pantin, dit-il. Ton roi ? Sais-tu seulement qui il est ? Et quelles sont ses ambitions ?
Piwie lui jeta un regard de pure haine. Le grand maître ne s’en inquiéta nullement et poursuivit :
-Ne t’es-tu jamais demandé pourquoi il s’acharnait ainsi sur les magiciens ?
-Parce que les magiciens sont des monstres ! aboya l’elfe. Leur cupidité détruit le royaume !
-Dans ce cas, peux-tu m’expliquer pourquoi il a toujours eu des mages à son service ? S’il les haïssaient tant que ça, pourquoi s’être embarrassé d’eux ?
-c’était une stratégie : étudier l’ennemi pour mieux l’abattre, répondit Piwie.
-Oh, je ne doute pas qu’il voulait étudier les mages ! ricana le grand Maître. Il avait de bonnes raisons pour cela…
-Oui ! Défendre ses sujets !
-Absolument pas, rétorqua le grand Maître sans se démonter. Ce qu’il voulait, c’était comprendre l’essence de leurs pouvoirs, pour se les approprier ensuite. Ton roi est lui-même un mage : c’est cela l’impensable vérité. Il veut gouverner le monde. Ce n’est rien d’autre qu’un tyran. Il a commencé par détruire le seul peuple qui aurait pu s’opposer à lui : les Omêrans et aujourd’hui, il s’attaque à l’île du Chat !
-Si c’était vrai, il n’aurait pas eu besoin de moi. Ses pouvoirs auraient suffi à balayer ses ennemis, dit Piwie.
-Sois sûr que tu m’as bien servi, déclara une voix un brin ironique.
Un homme grand et maigre venait d’arriver. L’elfe le dévisagea avec stupéfaction.
-Majesté ? dit-il incrédule. Mais que faîtes-vous ici ?
-Je suis venu chercher l’Omêran, répondit le roi en souriant.
Puis il se tourna vers Tamara et son sourire disparut :
-Viens à moi sans faire d’histoires, dit-il impérieusement.
La jeune fille le toisa longuement avant de faire un signe négatif de la tête.

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La Reine des mers : Face à face (épisode 38)

Posté : 4 mars, 2011 @ 4:54 dans La Reine des mers | 5 commentaires »

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feu.jpg Il arrivait trop tard. Riad venait d’être grièvement blessé et Tamara… Tamara était méconnaissable. Spark regardait avec incrédulité cette créature de feu et de flammes que la magie avait totalement transformée. Des étincelles volaient dans tous les sens et alimentaient ce brasier humain. Le marin découvrit qu’elles semblaient émaner de tout ce qui l’entourait : arbres, pierres, animaux, personnes… Il vit même des étincelles partir de sa propre main.
La forme enflammée gagnait de l’ampleur. Elle enflait et grandissait de seconde en seconde. Elle effleura un arbre et celui-ci fut réduit en cendres. En dépit de la chaleur intense, Spark frissonna. Comment la douce Tamara avait-elle pu se transformer en cette chose, ce démon ? Mais un coup d’oeil à Riad lui apporta la réponse : voir cet être qu’elle chérissait plus que tout, mortellement frappé, avait provoqué cette flambée de haine.
Piwie s’était mis en garde, prêt à en découdre avec elle, mais malgré sa prestance d’assassin royal, sa défense semblait bien dérisoire. Tamara à présent, mesurait bien six fois la taille de l’elfe. Elle le dominait de toute sa hauteur, tout son corps crépitant avec fureur. Elle promena ses doigts incandescents tout près du visage de Piwie et celui-ci hurla de douleur. Il eut la présence d’esprit de s’agripper à son épée et porta une vive estocade à la main flamboyante. Mais la lame la traversa sans causer le moindre dommage.
Elle s’apprêtait à riposter lorsque la voix de Riad se fit entendre : « Tamara, je t’en supplie, arrête ! Ne le tue pas… tu t’en voudrais trop ensuite ! » La forme s’immobilisa. Les flammes semblaient perdre de leur intensité. « Regarde-toi… La magie te dévore. S’il te plait, ne la laisse pas t’envahir. » Il essaya de se redresser, mais la douleur le fit aussitôt retomber au sol.
Tamara se précipita près de lui. Elle avait retrouvé son apparence normale. Elle prit Riad dans ses bras sans plus s’occuper de ce qui se passait autour d’elle. Heureusement, les mégamorphes veillaient. Deux oiseaux foncèrent sur Piwie qui se remettait en mouvement et Ashra la lionne, se campa devant les jeunes gens.
Mais Piwie ne semblait pas être en mesure de bouger. Appuyé sur son épée, il essayait de reprendre son souffle. Tamara l’avait vidé de toute son énergie. Avant qu’il ne puisse se redresser, il sentit une lame contre sa gorge. Spark était dans son dos, le visage fermé. Sa main tenait l’arme fermement et l’elfe vit que le marin n’hésiterait pas à s’en servir.
-Tu vas me tuer ? demanda-t-il avec un sourire amer.
-Oui, répondit le capitaine, dès que Tamara et Riad en auront fini avec toi… Ma douce, fit-il en s’dressant à la jeune fille, comment va-t-il ?
-Il respire… mais il a perdu beaucoup de sang, répondit Tamara dans un sanglot. Ne meurs pas… ajouta-t-elle en embrassant le jeune homme.
-Il ne mourra pas, dit Ashra. La magie le protège. Vois ! Ses plaies se referment déjà : c’est la nature qui le soigne.
Elle s’adressa ensuite à Spark :
-L’elfe est à moi, laisse-moi m’en occuper !
-Pas question, répondit le marin. Je le tiens, je le garde. Voilà des années que nous sommes amis et il m’a trahi. Ce garçon que tu vois est comme un fils pour moi et il l’a blessé. Rien que pour ça, j’ai le droit de le tuer.
-Personne ne le tuera, dit Tamara.
Ashra et Spark braquèrent sur elle le même regard courroucé.
-Personne ne le tuera s’entêta la jeune fille prête à affronter leur colère. Je dois lui parler… lui seul sait ce qui est arrivé à mes parents.
-Je ne te dirai rien, déclara Piwie. C’est un secret d’état. Seul le roi pourrait t’en parler.
-Dans ce cas, j’irai le trouver, répondit-elle froidement. De gré ou de force, il me dira tout ce que je veux savoir… Inutile de préciser que ce sera long et douloureux. Il se peut même qu’il ne survive pas.
-Je te connais, rétorqua l’elfe, jamais tu ne ferais une telle chose : faire souffrir un être humain.
Tamara lui indiqua d’un signe de la tête le grand mage effondré sur le sol.
-Je n’ai pas hésité pour celui-ci et ton roi est bien pire : il est responsable de la disparition de tous les miens. Alors ? Que décides-tu ? Qui va me dire ce que je veux savoir ? Toi ou ton roi ? Quel est ton choix ?
- Je choisi la mort… commença Piwie.
D’un geste prompt, il désarma Spark et reprit en se dirigeant vers Tamara :
-La tienne, bien entendu…

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La Reine des mers : Mages à l’attaque ! (épisode 37)

Posté : 3 février, 2011 @ 8:20 dans La Reine des mers | 8 commentaires »

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-Aria ? Est-ce que tu ressens quelque chose ? demanda Gérif, presque aussi pourpre que sa robe.
La mentaliste eut un bref battement de cils… Les effluves de magie qui lui parvenaient étaient si puissantes, qu’elle ne pouvait faire autrement que de les ressentir. Mais dans ce méli-mélo, il lui était difficile de retrouver le pouvoir du Grand Maître et de remonter jusqu’à lui. Et par dessus tout, c’était éprouvant. La magie brute manquait de la mettre sur les rotules à chaque instant. Soudain, elle repéra son aura. Dans ce déchaînement de pouvoirs, elle était comme la flamme d’une bougie en plein vent : menaçant de s’éteindre à chaque instant.
-Le Grand Maître est par là ! dit-elle en tendant le doigt vers l’ouest. Il est assailli par les bêtes. J’ai senti leur magie.
Les bêtes ? Tu veux dire…
-Oui ! Des mégamorphes, coupa Aria avec impatience. Ils ont eu l’audace de s’en prendre au Grand Maître en personne : sans doute parce qu’il était seul !
-Mais que Diable est-il venu faire dans cette forêt ? reprit son compagnon.
-On s’en moque ! Nous devons faire vite et aller le secourir. Il s’affaiblit !
Elle se retourna et houspilla ses apprentis pour qu’ils accélèrent la cadence. Gérif en tête, toute la troupe prit la direction qu’elle avait indiquée.
Les bruits qui leur parvinrent assez rapidement étaient inquiétants. Des cris d’animaux sauvages se mêlaient à d’autres sons, manifestations d’une puissante magie. Un combat de mages était engagé et il était d’une violence inouïe. Les membres les plus inexpérimentés de leur groupe ralentirent. La peur se lisait sur leurs visages.
-Courage ! leur lança Aria… mais d’une voix si sèche que ça n’avait rien de réconfortant.
-Nous sommes avec vous, ajouta Gérif en leur souriant.
Le spectacle qui les attendait était bel et bien un champ de bataille. Une bête énorme combattait un elfe au regard dément. Autours d’eux, d’autres bêtes observaient la lutte en silence. Et dans un coin, le Grand Maître gisait inanimé au pied d’une jeune fille. On les regarda à peine, à croire qu’ils étaient insignifiants. Aria se concentra sur la jeune fille. Elle était presque certaine de pouvoir la plier à sa volonté. Après tout, elle était la mentaliste la plus puissante et la plus renommée de la cité.
Sa proie ne se doutait de rien et était accaparée par le combat qui se déroulait près d’elle. Aria en profita pour projeter toute la puissance de son esprit contre la malheureuse… Elle eut l’impression de s’écraser contre un mur… une sensation nouvelle pour elle qui n’avait jamais connu la défaite. Si bien qu’elle s’entêta, se cognant encore et encore contre les barrières psychiques de la jeune fille, telle un insecte aveugle contre une vitre.
Celle-ci ne semblait s’apercevoir de rien et cela décupla la rage d’Aria. Elle se tourna vers ses compagnons et leur ordonna d’attaquer tous ensemble. Ils obéirent sans se poser de question : le Grand Maître avait besoin de leur secours… mais rien ne se passa comme prévu. Si leurs attaques mirent enfin l’attention de la jeune fille en éveil, elles n’eurent pas d’autre effet sur elle.
On aurait dit que cette jeune fille était immunisée contre la magie. Aria s’acharna. Elle ne voulait pas perdre face à une gamine. Mais alors qu’elle cherchait à porter un coup à la jeune fille, une douleur atroce lui traversa l’épaule. La bête s’était détournée de son propre combat pour l’empêcher de frapper.
Avant de sombrer dans l’inconscience, la mentaliste eut néanmoins la satisfaction de voir l’ours gigantesque s’effondrer à son tour. L’elfe avait profité de son inattention pour plonger sa lame dans son flanc. Le jeune fille hurla et soudain, ce fut comme si la forêt toute entière s’embrasait.

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La Reine des mers : Le combat du grand maître (épisode 36)

Posté : 24 janvier, 2011 @ 7:50 dans La Reine des mers | 2 commentaires »

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Ashra gronda de colère et de douleur. Le misérable vieillard l’avait attaquée lâchement. Elle allait le lui faire payer. Elle laissa la magie envahir tout son être et sentit son corps changer de forme. De sa gueule, d’où s’échappait un feulement menaçant au bout de sa queue qui fouettait vigoureusement l’air, elle devenait lionne. Une lionne aux dimensions impressionnantes… une lionne furieuse. Elle se dressa sur ses pattes arrières et se laissa retomber en poussant un profond rugissement. Le vieillard avait du cran. Il ne sursauta même pas. En fait, c’est à  peine s’il lui prêta attention. Il se concentrait sur Tamara et Riad.
La grande lionne eut un long frisson lorsque la première vague de magie la submergea. Le vieil homme attaquait de nouveau. Heureusement, Tamara le contrait. Elle les protégeait tous et avec une facilité déconcertante. Son adversaire ne parvenait pas à  la déstabiliser. Il changea subitement de tactique, lançant ses attaques sur les plus faibles des mégamorphes. Ashra et Riad le chargèrent… mais le mage les cueillit en plein élan et les envoya bouler contre les arbres. Erreur stratégique de sa part : Tamara profita de cet instant pour lui porter un coup par surprise. Une boule de feu frappa son bras et le vieil homme hurla de douleur.
Il tomba et ne put se relever car Riad, sous sa forme d’ours, le maintenait au sol. Ashra courut vers lui pour mettre à  mort le mage, mais le jeune homme l’en empêcha. Elle gronda indignée : Etait-il donc un traître à  son espèce pour protéger ainsi leur ennemi ? « Tamara a des questions à  lui poser… » répondit Riad. Toute la colère de la mégamorphe retomba. La jeune fille les avait aidés alors qu’elle n’était pas des leurs. Il était juste qu’on lui accorde une faveur en retour. Mais ensuite, Ashra se promit de ne pas épargner son ennemi.
Riad se pencha sur le vieil homme et le souleva d’une seule main. « Mon amie va te poser des questions grand-père et tu vas lui répondre, dit-il ». Tamara s’avança. Elle avait les yeux brillants, mais paraissait maîtresse de ses émotions. Elle plongea son regard dans celui du vieillard. « Riad, tu peux le lâcher, dit-elle ». Elle appliqua sa main sur le front du mage et ferma les yeux pour se concentrer.
Ashra se tordit le cou pour essayer de comprendre ce que faisait la jeune fille. Celle-ci demeurait silencieuse. La mégamorphe était perplexe. Quand donc Tamara allait-elle se décider à  poser ses questions qu’on en finisse ?
Le mage se tortillait. Il semblait désireux de s’éloigner de la jeune fille, mais Riad dans son dos, lui coupait tout espoir de fuite. Alors Ashra comprit. Tamara était entrée dans l’esprit du mage. Cela ne paraissait pas plaire au vieillard, mais même en se débattant de toutes ses forces, il était incapable de se libérer de son emprise. Cette enfant était prodigieuse ! La mégamorphe sourit de toutes ses dents. Quelle alliée de taille !
Des piétinements et un cri détournèrent son attention. Un elfe venait de sortir du bois, un grand sabre à la main. Il se précipita sur Tamara qui curieusement, resta figée. La réaction de Riad en revanche, fut immédiate. Son pouvoir le fit tripler de taille. Sa magie, que la colère exacerbait, troublait l’atmosphère. Il abattit une patte énorme sur l’elfe qui ne dut sa survie qu’à  ses réflexes extraordinaires.
Il roula sur lui-même et retomba sur ses pieds sans lâcher son arme. Son regard semblait être capable de déceler la moindre faiblesse chez son adversaire. D’ailleurs, il était à  l’affût, étudiant Riad, cherchant la faille qui lui permettrait de porter un coup fatal. Le jeune mégamorphe lui rendait oeillade pour oeillade. Tous ses sens étaient en alerte.
Ashra sentit l’excitation la gagner lorsqu’il se lança en grondant contre l’elfe, bien décidé à l’écraser…

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La Reine des mers : Piwie ou le destin d’un assassin (épisode35)

Posté : 4 janvier, 2011 @ 6:53 dans La Reine des mers | 7 commentaires »

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Au bout d’un moment, Piwie s’aperçut que Spark était resté en arrière. C’était mieux ainsi. Il n’aurait donc pas à l’affronter en même temps que les enfants. Un déploiement de magie tout proche, lui picota la peau. Il touchait au but. Mobilisant ses forces, il accéléra. Le dernier des Omêrans… le roi serait fier de lui quand il lui ramènerait sa tête ! Il suffisait juste d’oublier que cette tête-là était celle de Tamara. Son coeur se serra. Un bref instant, il la revit enfant, avec son petit visage fragile et émacié, mais où son regard brillait d’intelligence.
« Arrête de penser ! se morigéna-t-il. Agis ! » Il poursuivit sa route avec obstination. Il devait se vider l’esprit de tout ce qui ne concernait pas le service de son roi. Au diable les sentiments ! Cette gamine avait croisé sa route par hasard, il n’y était pour rien. Il n’avait pas demandé à s’occuper d’elle. C’est juste qu’il n’avait pas pu la laisser seule et démunie lors de leur première rencontre. Pourquoi un tel élan de pitié ? Le ciel seul le savait…
A bien y réfléchir, c’était peut-être par magie que l’enfant avait réussi à l’apitoyer. Puisqu’elle était issue d’un peuple si puissant… Raison de plus pour obéir au roi et l’éliminer ! La magie était de plus en plus forte. Il n’avait jamais rien senti d’aussi puissant. Probablement était-ce l’oeuvre de Tamara. Un deuxième flux de magie vint se mêler au premier, puis un troisième/ Piwie en resta interdit. D’où venaient tous ces pouvoirs ? Car il en était certain, il ne s’agissait pas de mages ordinaires. Une puissance pareille était digne des Omêrans. Il se dit que pour une fois, son roi avait peut-être sous-estimé la situation.
Pourtant, c’était un grand roi… doublé d’un grand homme. Combien de fois ne l’avait-il pas vu se lancer courageusement dans une bataille, alors que tous disaient que les forces étaient inégales ? Même quand tout semblait perdu d’avance, il n’abandonnait jamais la lutte… Et puis, Piwie n’oublierait jamais la manière dont il l’avait secouru, lorsqu’ils s’étaient rencontrés au détour d’une guerre.
Il était alors dans une situation périlleuse. Désarmé, blessé, il était à la merci d’un adversaire qui s’apprêtait à lui donner le coup de grâce lorsque le roi avait surgi. Brandissant son épée, il avait défendu vaillamment le jeune elfe. Quand l’adversaire terrassé s’était effondré à ses pieds, il s’était tourné en souriant vers Piwie et lui avait demandé de le suivre. Au palais, on l’avait soigné, nourri, lavé et vêtu avant de le conduire dans le bureau royal.
Intimidé, l’elfe s’était retrouvé face au roi. Celui-ci avait un air grave. Son royaume était en danger, perpétuellement menacé par des magiciens sans scrupules, qui usaient de leurs pouvoirs contre ses malheureux sujets. Un discours auquel Pïwie ne fut pas insensible et qui fit qu’il accepta sans hésiter la proposition de devenir le bras armé du roi. C’est ainsi qu’il fut formé au métier d’assassin par les plus grands maîtres d’armes du pays.
Il s’était montré le plus doué des élèves et avait acquis la confiance et le respect de son souverain. Cela avait redonné un sens à sa vie. Pour cela, il était reconnaissant. Mais ces derniers temps, il s’interrogeait beaucoup à propos de certaines des décisions royales. Pourquoi avoir détruit les Omêrans alors que leurs pouvoirs auraient pu servir la couronne ? Pourquoi n’avoir jamais exercé le moindre contrôle sur l’île du Chat et ses mages, alors qu’il eût été si facile de les assujettir ?
La magie à présent le brûlait… Ils étaient là : Tamara, Riad, une poignée de mégamorphes et un vieux mage dont les pouvoirs irradiaient littéralement. Piwie tira son épée.

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La Reine des mers : Spark ouvre les yeux (épisode 34)

Posté : 14 décembre, 2010 @ 6:22 dans La Reine des mers | 2 commentaires »

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(Image prise sur ce très joli blog de création d’images)
-Piwie ! Attends-moi ! cria Spark que l’elfe avait laissé loin derrière lui.
Le marin était un solide gaillard, mais l’assassin royal le surpassait largement en force et en endurance. Spark s’en était toujours douté, mais il était tout de même surpris de l’écart qui existait entre eux. Piwie filait en avant, sans ralentir ni se retourner. Le capitaine jugea inutile de l’appeler de nouveau et s’arrêta pour reprendre son souffle. Du moment que l’un d’eux était auprès des enfants, tout irait bien !
Il avisa soudain à quelques pas de lui, un rectangle de papier : la missive royale reçue par l’elfe. Elle avait dû tomber de sa poche pendant sa course. Il n’avait pas l’intention de se montrer indiscret, mais lorsqu’il le ramassa, le pli s’ouvrit. Les mots lui sautèrent littéralement aux yeux.
Malgré la douleur dans sa poitrine, due autant à son coeur qui battait comme un fou, qu’à ses poumons que chaque souffle brûlait, il se remit à courir avec l’espoir insensé de rejoindre l’elfe. Le traître ! Sans scrupule et sans pitié, il allait s’attaquer à Tamara… et probablement à Riad, car à coup sûr, celui-ci chercherait à protéger la jeune fille. Pourvu qu’il arrive à temps ! Il ne sentait plus ses jambes, l’inquiétude lui donnait des ailes. Il crut entrevoir Piwie devant lui et redoubla d’efforts.
Ce n’était pas l’elfe. C’était un de ces mages venus de la cité. Eux aussi en voulait à la jeune fille. Spark vit rouge. Il poussa un cri bestial et se rua sur l’individu. Celui-ci tendit la main vers le marin qu’un éclair bleu frappa en pleine poitrine. Le capitaine lutta pendant quelques vaines secondes, mais face à la magie, il n’était pas de taille. Il se retrouva à terre, complètement sonné. Le mage s’approcha de lui et le toucha du bout de sa botte pour s’assurer qu’il avait eu son compte. Spark l’entendit s’éloigner. Au prix d’un grand effort de volonté, il parvint à ramper sur quelques mètres puis à se mettre à genoux. En s’aidant d’un arbre, il put se remettre debout. Heureusement qu’il se trouvait en pleine forêt ! Grâce à l’appui des troncs, il continua à avancer, titubant d’un arbre à l’autre.
A ce rythme-là, jamais il ne rejoindrait Piwie à temps ! Mais il poursuivit quand même. Au pire, l’elfe paierait de sa vie ce qu’il aurait pu faire aux enfants! Spark se promit de lutter jusqu’à son dernier souffle pour ça. C’était sa seule motivation. Il espérait tout de même que la magie de Tamara et celle de Riad parviendraient à les protéger. Bien sûr, les assassins royaux étaient réputés pour leur résistance à toute forme de magie, mais cela ralentirait peut-être Piwie. Le marin l’espérait de tout son coeur.
Ses oreilles sifflaient un peu à cause du choc qu’il avait subi, mais il lui semblait entendre des voix. Il se hâta, autant qu’il le pouvait. Ce n’était pas un nouveau tour joué par son imagination, il y avait bel et bien des gens qui discutaient. Il se rapprochait et commençait à distinguer des silhouettes. Piwie n’était pas parmi eux. C’était un groupe de mages.
Ils tournèrent la tête vers lui comme un seul homme, mais durent juger qu’il ne représentait pas une menace car ils ne l’attaquèrent pas. Ils l’entourèrent et l’un d’eux, une femme, l’attrapa par les cheveux :
-Qu’as-tu fait du Grand maître ? demanda-t-elle. Es-tu complice de ses kidnappeurs ?
Le marin, trop faible pour la repousser poussa un grognement.
-Laisse-le, Stifia, dit un autre mage. Tu vois bien que celui-ci a eu son compte…
La jeune femme le lâcha et le poussa au sol avec une moue de dégoût. Puis les mages prirent la même direction que Piwie. Spark n’éprouvait aucune sympathie pour eux, mais il pria de toute son âme pour qu’ils rattrapent l’elfe très vite.

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La Reine des mers : la marche des mégamorphes (épisode 33)

Posté : 13 décembre, 2010 @ 4:36 dans La Reine des mers | 3 commentaires »

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Ashra leur servait de guide à travers la forêt. La grande mégamorphe semblait les avoir pris sous son aile. Elle prenait soin de leur indiquer le chemin le plus facile et s’arrêtait sans cesse pour les attendre. Sa prévenance était encore plus grande à l’égard de Riad qu’elle couvait de regards jaloux. En les observant tous les deux, Tamara leur trouvait un air de famille, sûrement dû à leur appartenance à un même peuple… mais pas seulement.
Tous deux semblaient posséder un pouvoir hors normes et un charisme qui agissaient sur leurs semblables. Ils avaient le même maintient, la même démarche… et un regard d’une égale intensité. C’étaient à n’en pas douter, des meneurs. Et pour l’heure, ils marchaient d’un pas décidé vers la cité des magiciens. Riad semblait d’un seul coup avoir gagné en stature. Il n’était plus un jeune homme en terre inconnue, mais un chef de guerre à la tête de son armée.
Tamara les suivait en se demandant un peu ce qu’elle faisait là. Ce n’était pas son pays, elle venait ici pour la première fois. Ce n’était pas son peuple, elle aurait plutôt appartenu à la communauté des magiciens. Ce n’était pas son combat non plus… mais c’était celui de Riad. Elle ne pouvait pas l’abandonner dans un tel moment. Et surtout, elle ne le souhaitait pas. La jeune fille en était la première étonnée, mais elle s’était découverte éperdument amoureuse. Sa patrie, sa famille, c’était Riad.
Ashra soudain s’immobilisa, humant l’air avec concentration. Un sourire apparut sur ses lèvres qui n’avait rien de joyeux. C’était plutôt la grimace carnassière d’un prédateur prêt à entrer en action. Riad s’était arrêté lui aussi, mais il semblait abasourdi. Il attrapa la main de Tamara et chuchota à son oreille :
-Il est là ! C’est incroyable…
- »Il » ? Qui ça « il » ? demanda la jeune fille.
-Le Grand Maître en personne, celui qui dirige la cité. Il vient à notre rencontre.
-Mais pourquoi ferait-il une chose pareille ?
-C’est simple, dit le jeune homme… pour toi ! Il te cherche et ignore que c’est nous tous qu’il va trouver. Enfin… surtout Ashra !
La mégamorphe poussa à cet instant une sorte de feulement et s’élança en courant parmi les arbres. Elle se jeta sur un vieil homme passablement hébété, qu’elle empoigna avec fermeté en lui tenant un discours furieux dans sa langue. Il avait l’air si frêle et si pitoyable que Tamara ne pouvait croire qu’il s’agissait là du maître de la cité. Comment ce petit bonhomme maladif pouvait-il faire trembler des mages et s’en faire obéir ? Comment pouvait-il opprimer un peuple aussi fier et aussi rude que les mégamorphes ?
Puis soudain, elle sentit le frémissement de sa magie. Avant qu’elle n’ait pu dire un mot, Ashra fut projetée en arrière, frappée par un sort violent. Le petit homme se dressa devant les mégamorphes en colère avec une arrogance qui révélait combien il était dangereux, malgré les apparences. La jeune fille décida qu’il était temps pour elle d’entrer dans l’arène..

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