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Nouvelles, contes et autres textes courts…

Archive pour la catégorie 'l’ange sur ta route'

L’ange sur ta route : épisode 12

Posté : 3 septembre, 2015 @ 8:17 dans l'ange sur ta route | Pas de commentaires »

ange couple

Je sais ce qu’elle veut me dire. Le temps est venu pour moi de faire mon choix. Mes ailes ou mon amour ? Le ciel ou toi ? L’éternité ou une vie mortelle ? J’ai cru que cela serait difficile, que j’hésiterais longuement, mais c’était avant… Avant de t’avoir serrée entre mes bras, avant d’avoir partagé vraiment ton quotidien, avant d’être amoureux. Je ne peux pas renoncer à toi. J’en serais bien incapable. C’est ce que je dis à la voix qui insiste. Est-ce que je mesure ce que j’abandonne pour l’amour de toi ?  Oui, j’en suis conscient. Ne vais-je pas m’en repentir au premier obstacle, à la première dispute ? Non et de toute façon, ‘en prends le risque.

J’entends un vague soupir à mon oreille, puis la voix se fait muette. Je ne l’entendrai plus que de loin, dans mes songes ou du fond de ma conscience, comme le commun des mortels. Tu es dans la cuisine où tu fais la vaisselle en chantonnant. Je viens te rejoindre et frotter les assiettes avec toi, à quatre mains… Tu es ma vie, mon but à atteindre, mon port dans la tempête. J’aime te sentir contre moi et sentir comme mon cœur palpite au contact de ta peau.

Nous avons vécu ensemble de longues années. Le destin a été clément avec nous. Il nous a donné une belle existence, paisible et douce, des enfants pour multiplier notre amour. Puis la vieillesse est arrivée au son des « te souviens-tu ? » Tu es partie avant moi, mais je ne tarderai pas à te suivre. Mon heure est proche, je le sais. Je n’ai pas peur. Je vais te retrouver. Les cieux vont s’ouvrir pour nous et nous accueillir. A l’instant ultime, j’entends la voix. « Tu es prêt ? » me demande-t-elle. Prêt ? Quelle plaisanterie ! Bien sûr que oui. Les yeux déjà fermés, j’exhale mon dernier souffle.

Fin

L’ange sur ta route : épisode 11

Posté : 2 septembre, 2015 @ 8:05 dans l'ange sur ta route | 1 commentaire »

ange lune

Cette journée a été riche en émotions… premier pas dans le monde du travail, premiers contacts avec les enfants, une journée pleine de premières fois ! La voix avait raison. Je suis à ma place dans cette tâche. Je protège, je guide… comme un ange gardien ou presque. Je rentre à la maison tout joyeux. A la maison… je pense comme un humain maintenant. Je suis chez moi près de toi. Je crois que je me sentirais chez moi partout où tu es. Tu n’es pas encore rentrée alors je te prépare un petit dîner. Enfin j’essaie. Catastrophe ! J’enchaîne les sottises et les maladresses et lorsque tu arrives enfin, le dîner se résume à un morceau de viande carbonisé et un plat de pâtes toutes collantes.

C’est l’occasion de notre premier fou rire : encore une première fois ! Tu me fais promettre de ne plus jamais m’occuper de la cuisine, à moins de prendre des cours auparavant. Je promets tout ce que tu veux. Je me penche sur toi et voilà aussi notre premier baiser, vite suivi de notre première nuit. Il me semble avoir compris ce que le Seigneur a donné aux hommes en échange de leur mortalité : l’amour charnel. Mon choix est fait : je renonce à mes ailes.

Ce soir, je m’endors, ton charmant corps serré entre mes bras. Je suis bien. La voix soudain s’adresse à moi…

A suivre

L’ange sur ta route : épisode 10

Posté : 1 septembre, 2015 @ 9:55 dans l'ange sur ta route | Pas de commentaires »

ange triste

Cette nuit, j’ai fait mon premier cauchemar. J’ai détesté cette expérience. Comment l’humanité peut-elle supporter le poids de cet esprit torturé qui lui joue des tours ? Je me suis vu dans mon nouveau travail et évidemment, tout se passait mal. Je me suis réveillé le coeur battant et la bouche pâteuse : encore un autre handicap des hommes ! Sorti de mon cauchemar, l’angoisse était toujours là.

Au petit déjeuner, comme je picorais à peine, tu as compris que quelque chose me chiffonnait. Quand je t’ai raconté mon vilain rêve, tu as souri. Les rêves ne sont que des rêves, as-tu dit et souvent la réalité est bien plus douce que les horreurs que notre imagination se plait à nous montrer. J’ai médité tes paroles. J’espère que tu as raison. Je n’ai pas envie de vivre la journée que j’ai vue en songe cette nuit !

Pas vraiment rassuré et en proie au trac, j’ai pris le chemin du travail. La voix a ri doucement à mon oreille : »Ne crains rien ! m’a-t-elle soufflé. Je suis là, tout près de toi. Tout va bien se passer !  » J’ai inspiré profondément et j’ai accéléré le pas : plus vite je serais arrivé et mieux je me sentirais !

A suivre

l’ange sur ta route : épisode 9

Posté : 31 août, 2015 @ 10:38 dans l'ange sur ta route | 1 commentaire »

ange transparent

Tu arrives essoufflée, échevelée et les bras chargés de sac. Tu m’as acheté des vêtements ! Cette idée ne m’avait même pas effleuré… Les humains ont besoin d’une garde robe. Je m’inquiète de la dépense énorme que tu as du faire pour moi, mais tu ris. Tu es tellement heureuse de pouvoir m’aider ! Dire que c’est moi qui suis ton ange gardien, moi qui devrais me plier en quatre pour rendre ta vie plus belle.

« C’est ce que tu fais déjà, idiot !  » J’ignore qui de vous deux a parlé : toi ou la voix ? Je t’observe. Cet air joyeux et épanoui, c’est la première fois que je le vois sur ton visage. Même quand tu vivais avec cet autre qui est parti, tu ne l’avais pas. Est-ce moi qui produis cet effet ? Je suis stupéfait. Que tu es belle animée par l’allégresse !

Quand je t’annonce que j’ai un travail, tu exultes ! Je me sens si fier tout à coup… Puis la crainte que tu ne me demandes de partir et de prendre à logement à moi me traverse. Mais tu n’en parles pas. Tu babilles à propos de ta séance de shopping, du travail qui m’attend, des aménagements à faire dans l’appartement.  Mon cœur est sur le point d’exploser : c’est ça le bonheur ?

A suivre…

L’ange sur ta route : épisode 8

Posté : 28 août, 2015 @ 9:08 dans l'ange sur ta route | 1 commentaire »

ange prière

Je sais une chose que vous les hommes avez oubliée : le pouvoir de la foi. Vous vous laissez retenir par les craintes, les doutes, quand il suffirait de s’abandonner à l’amour pour résoudre tous vos problèmes… Car vos problèmes sont des illusions qu’on a semés sur votre route. Je ressens cruellement la perte de mes ailes, le doute a failli m’avoir. Je suis presque humain, mais pas encore totalement. Alors je m’en remets à Dieu. J’ai la certitude qu’il va me guider dans la bonne voie.

Je lui adresse une prière… pas une requête, pas une imploration : un message d’amour et de confiance, un dialogue entre le Seigneur et moi. Je fais appel au divin qu’il a placé en chacun d’entre nous pour qu’il me dise ce que je dois faire et où je dois aller. Puis, je me dirige tranquillement vers la mairie, car c’est là que m’attend mon destin. C’est ainsi que j’en ressors un peu plus tard avec une promesse d’embauche en poche. Je suis chargé de faire traverser les enfants à la sortie de l’école. Je vais protéger les innocents…

J’attends ton retour avec impatience pour t’annoncer la nouvelle. J’imagine ta joie, ton sourire lumineux quand je t’annoncerai que j’ai trouvé du travail… mais les heures passent et tu ne rentres pas. L’inquiétude, un autre de ces sentiments humains, monte en moi. Et s’il t’était arrivé quelque chose ? La voix se moque de moi. « Est-ce comme ça que tu accorde ta confiance à Dieu ? » me demande-t-elle. Elle a raison. Je dois chasser les idées négatives, ce sont elles qui font que nous attirons le malheur à nous…

A suivre..

L’ange sur ta route : épisode 7

Posté : 27 août, 2015 @ 9:30 dans l'ange sur ta route | 1 commentaire »

ange musclé

La voix est venue briser mon élan. « Garde du corps ? dit-elle. Tu crois que c’est un métier pour toi ? Sais-tu à quel point c’est violent ? Tu protégeras des gens vains, des stars, des politiciens, contre des fous furieux. Tu prendras les coups à leur place. Tu risqueras ta vie… et tu n’en as qu’une. Si tu la perds bêtement, tu ne retrouveras pas des ailes et de plus, tu feras un chagrin immense à celle pour qui tu veux accomplir tout ça. L’as-tu sauvée pour la replonger dans le désespoir ? »

Ma tête est en ébullition. Je n’avais pas pensé à ça… retour à la case départ. Enfin non, car soudain, l’idée lumineuse arrive enfin. Ce sont les innocents que je dois protéger ! C’est ce que je sais faire de mieux, ce qui correspond à ma nature profonde. C’est certainement le bon choix, car la voix ne se manifeste plus. Je me sens léger. Je cours presque sur le boulevard. Puis brusquement je m’arrête. Une pensée affreuse vient de me traverser l’esprit…

Je ne suis pas né dans ce monde, d’un père et d’une mère. Pour l’humanité, je n’existe pas. Je ne suis rien, je ne suis personne. Je n’ai pas d’identité. Or, pour travailler, se loger, assurer le quotidien, il faut être fiché. C’est alors que la voix intervient encore et cette fois je suis très heureux de l’entendre. « Le Seigneur ne t’as pas laissé dans la détresse, fouille dans ta poche! » Je plonge ma main dedans et je sens les contours d’un portefeuille. Entre autres papiers, il contient une carte d’identité avec ma photo. En découvrant le nom qui m’a été attribué je souris car c’est un trait d’humour de notre père divin . Désormais, je m’appellerais Luc Lange…

A suivre

L’ange sur ta route : épisode 6

Posté : 26 août, 2015 @ 9:03 dans l'ange sur ta route | 2 commentaires »

ange dans la ville

Tu ne me demandes rien, ni explication sur qui je suis, sur ce que je fais là, ni argent pour participer aux frais du quotidien…. C’est beau, c’est généreux, mais ça me gêne. Je me sens inutile, intrus dans ta demeure. J’ai l’impression de profiter de toi. Que puis-je te donner en retour, moi qui ne possède rien ? La voix rit doucement à mon oreille. « N’as-tu pas deux mains, une tête et un cœur plein de courage ? Ne pourrais-tu pas travailler toi aussi ? » N’importe quel humain y aurais pensé… pas moi. J’ai honte. Un sentiment que je croise pour la première fois et qui ne me plait guère.

Dès que tu es partie ce matin, je t’ai emboîté le pas et je suis sorti à mon tour. Que la ville est laide ! Elle est pleine d’odeurs nauséabondes, de gaz d’échappement, de crasse, d’ordures…. Et ce bruit partout ! Marteaux piqueurs par ici, klaxons furieux par là : quelle cacophonie ! Puis soudain, j’arrive dans un parc et la sérénité me revient. Il y a des oiseaux, des voix d’enfants qui jouent. Des sons qui me rendent le sourire et me font du bien à l’âme.

Je m’assois sur un banc et je réfléchis. Quel savoir faire est en ma possession ? De quoi suis-je capable pour gagner ma vie ? Et j’ai une illumination : je suis un protecteur, un gardien. C’est ma voie, ma raison d’être, ce que je fais de mieux… Je serai garde du corps. Fort de cette décision, je me relève près à affronter la jungle urbaine. Quand tu rentreras ce soir, tu seras fière de moi !

A suivre

L’ange sur ta route : épisode 5

Posté : 25 août, 2015 @ 8:21 dans l'ange sur ta route | 2 commentaires »

colombe

Tu reprends le cours de ta vie. Aujourd’hui, tu es allée travailler. Tu m’as laissé seul dans l’appartement en me disant de « faire comme chez moi ».  Je suis chez moi… partout où tu es. Enfin, en principe… Sans toi, l’endroit me semble vide et triste. Comment font les hommes pour supporter la solitude ? « Si Dieu est dans leur cœur, ils ne sont jamais seuls ! » Je sursaute. C’est encore la voix. Elle n’a pas tort. Et Dieu devrait être aussi dans le mien, bien plus encore que dans celui de ces êtres humains qui n’ont pas encore connu la béatitude.

A quel moment me suis-je perdu ? Lorsque j’ai sauvé ma brebis en intervenant contre son libre arbitre ? Ou bien avant cela ? Au fond de moi, je sais que la faille est apparue il y a longtemps. Ce fameux soir, quand enfant elle m’a vu. Son âme alors a touché la mienne. Je m’assois abasourdi par ce que je découvre en moi. Je l’aime depuis ce jour, pas comme un ange, pas comme un protecteur, mais comme une âme sœur, mon âme sœur. Je n’ai pas le droit. Un ange gardien n’est pas censé tomber amoureux de la personne dont il a la garde.

« Dieu est amour, il pardonne tout, reprend la voix. Un choix t’es donné, mais tu dois prendre le temps de réfléchir. Resteras-tu près d’elle pour vivre une existence humaine ou reprendras-tu tes ailes ? » Reprendre mes ailes ? Je peux reprendre mes ailes ? Je réalise soudain qu’en effet, cette possibilité a toujours été à ma portée… Seul l’amour charnel dans mon cœur m’en a privé. La voix se tait et je retourne à mes réflexions, plus tourmenté que jamais.

 

A suivre

L’ange sur ta route épisode 4

Posté : 24 août, 2015 @ 10:43 dans l'ange sur ta route | 2 commentaires »

ange

Je suis resté toute la journée et la nuit qui a suivi… De toutes façons, je n’avais nulle part où aller et tu paraissais si contente de m’avoir à tes côtés ! Je ne sais pas ce que tu penses, ni ce que tu ressens. Quand j’avais mes ailes, j’entendais clairement ce qui défilait dans ta tête et je lisais au plus profond de ton coeur. Aujourd’hui, tout cela m’est inaccessible. Je me sens si démuni !

Et peu à peu, la situation s’inverse. C’est toi qui prends soin de moi, toi qui me rassures… La condition humaine est si lourde à porter ! Vais-je souffrir, être malade et mourir comme un de tes pareils ? Ou bien mes ailes me seront-elles rendues et à quel prix ? C’est quand je me pose cette question qu’une voix murmure  mon oreille « Une vie pour une vie, c’est cela le prix à payer ».

Je sursaute. Tu me regardes avec inquiétude et je souris pour te tranquilliser. Mais dans mon coeur, c’est la panique : cette voix, à qui appartenait-elle ? A un ange gardien ? J’ai un ange gardien, moi ? Alors je suis totalement humain… Je le cherche du regard, mais bien sûr, il demeure invisible. Une vie pour une vie… Cela me laisse un goût amer dans la bouche.

A suivre

L’ange sur ta route : épisode 3

Posté : 21 août, 2015 @ 5:25 dans l'ange sur ta route | 2 commentaires »

ange gardien

A ceux qui se poseraient la question : oui, un ange peut connaître des moments de panique. Tes grands yeux s’ouvrent sur moi et j’ai peur de ne pas savoir quoi te dire… mais tu souris. Je lis de la confiance et du soulagement dans ton regard. Ta tristesse est toujours là, douloureusement présente, mais ce n’est plus du désespoir. On se relève du chagrin. Ce n’est qu’une question de temps. Je souris aussi, heureux de te voir tirée d’affaire, mais brusquement, je prends conscience de ce que tes yeux expriment d’autre…

J’y lis de l’admiration, du désir et même un frémissement d’amour. Il y a erreur ! Je ne peux pas répondre à ces sentiments-là. Je ne peux te donner que de la compassion, de l’amour, certes, mais il s’agit d’amour divin, ce n’est pas tout à fait pareil. Je devrais couper court à la situation… mais tu es si fragile que ce n’est pas le moment de faire voler en éclats tes illusions. En prenant garde de n’avoir ni regard, ni geste équivoque, je t’aide à t’allonger sur ton sofa.

Je fais mine de repartir, mais tu attrapes ma main et tu murmures un « s’il vous plait » auquel je ne parviens pas à résister. Je devrais quitter la pièce, partir et tenter de récupérer mes ailes et au lieu de ça, je reste bêtement près de toi, ta main posée sur la mienne. Que dois-je faire Seigneur ? Eclaire-moi d’un signe ? J’ai beau prier, le ciel reste muet.

A suivre

12
 

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