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Archive pour la catégorie 'Le clan des dragons'

Le clan des dragons partie 25 (fin)

Posté : 4 février, 2014 @ 10:43 dans Le clan des dragons | Pas de commentaires »

Je fixai un oeil terrible sur mon ex fiancé et sous le regard médusé de tous les gens du palais, je repris ma forme humaine.

-Vous avez osé me traiter comme une marchandise, un morceau de viande que des chiens se disputeraient. C’est terminé ! Plus jamais vous ne me traiterez de la sorte… Mais ce n’est pas fini ! Plus jamais vous ne traiterez aucune femme de cette manière…

-Comment oses-tu t’adresser à ton père de cette façon ? balbutia mon géniteur sidéré.

-Comment osez-vous vous prendre pour son père, vous qui n’avez jamais rien fait pour elle, lui rétorqua ma mère.

Elle me prit par la taille, les yeux brillants de fierté.

-Tout va changer, dit-elle. Je suis autant reine que mon époux est roi. Et je vous le déclare à présent : aucune femme en ce royaume ne sera plus inférieure à un homme. Désormais, nous aurons les mêmes droits.

-Cessez vos inepties ! cria mon père.

Mais je me transformai de nouveau en dragon en poussant force grondements et il se tut aussitôt.

-Je ferai appliquer la volonté de la reine, ma mère, annonçai-je. Si vous vous mettez en travers de ma route, je n’hésiterai pas à sévir. Quant à vous, ajoutai-je pour mon prétendant, vous allez quitter les lieux et ne jamais y revenir… mais avant ça, vous vous rendrez dans le petit village où vos hommes ont causé tant de dégâts et vous réparerez tous les torts subis par les villageois. Souvenez vous tous qu’à dater d’aujourd’hui, les hommes ne seront plus les seuls à diriger.

Les années ont passé. Les changements ont été difficiles, mais mon peuple accepte à présent de voir des femmes diriger des commerces ou même devenir soldats. Elles ne sont plus cantonnées à leurs foyers et lors des conseils, leurs voix comptent autant que celles de leurs homologues masculins. Les royaumes voisins nous envient, car nous connaissons une prospérité sans précédent.  Pour le reste du monde, nous sommes devenus maintenant, le clan des dragons…

Le clan des dragons partie 24

Posté : 31 janvier, 2014 @ 10:32 dans Le clan des dragons | Pas de commentaires »

Nous arrivâmes au palais en fin d’après midi. Notre apparition
provoqua un très grand émoi, tant parmi les domestiques que parmi les
membres de la cour. Mon père et mon futur époux furent les premiers à
se précipiter à la porte. Dussé-je vivre encore 100 ans que je
n’oublierais jamais cette scène.
Un père et un mari aimant se serait réjoui du retour de ses filles et
de son épouse, mais lui ne voyait qu’une chose : mon absence (il ne
pouvait pas me reconnaître sous ma forme de dragon) et l’argent que
cela allait lui faire perdre. Fait extraordinaire, la présence d’un
dragon semblait tout à fait secondaire à ses yeux.
Cela ne dura pas très longtemps, bien entendu. Je me mis à gronder
pour attirer son attention, la main de ma mère posée sur mon cou…
-Madame, que signifie ceci ? demanda-t-il avec une courtoisie
trompeuse. Que faîtes-vous en compagnie de cet animal et qu’avez-vous
fait de la promise de notre hôte ?
Mon prétendant hocha la tête comme si mon sort le préoccupait
vraiment, mais je vis bien à son sourire narquois que la situation
l’amusait et qu’il escomptait en tirer un joli bénéfice.
-Silence ! criai-je si fort que ma mère sursauta et que mon père
demeura bouche bée face à nous. Ce misérable avorton est un traître,
affirmai-je en plantant mon regard dans celui de mon fiancé. Il a fait
attaquer le temple par une troupe de mercenaires car il voulais vous
soutirer de l’argent sans avoir à honorer sa part du marché.
-Mensonge ! protesta l’intéressé.
-Silence vous dis-je ! répétai-je en m’avançant vers lui.Vous vous
expliquerez quand je vous y autoriserai. Vous là, fis-je à l’adresse
de mes prisonniers, venez par ici. Est-ce lui l’homme qui vous a
employés ?
-Oui, c’est lui noble dragon, me répondit l’un d’eux.
-Quelle était votre mission ?
-Enlever les femmes, les vendre au loin et tuer tous les témoins qui
se trouvaient dans le temple ou sur notre route, déclara-t-il.
Mon père tourna un regard courroucé vers celui qui avait failli
devenir son gendre.
-Disparaissez ! lui dit-il. Hors de ma vue !
- Il siuffit ! grondai-je. Je n’en ai pas fini avec vous deux !

Le clan des dragons partie 23

Posté : 29 janvier, 2014 @ 4:22 dans Le clan des dragons | Pas de commentaires »

-Ne me juge pas trop hâtivement, me dit-elle en se reprenant. Crois-tu que j’ai fait cela de gaieté de coeur ? Non… J’ai soigneusement pesé le pour et le contre. Autrefois, comme toi je me suis révoltée. Je ne voulais pas épouser ton père, cet homme si dur et insensible. Mais je n’ai croisé nul dragon sur ma route et quand je me suis enfuie, on m’a rattrapée…

Sous mes yeux ébahis, elle entreprit d’ôter son manteau et sa tunique de voyage. Puis elle se tourna et me montra son dos. De vilaines zébrures brunes le parcouraient.

-Voilà le châtiment que mon propre père m’a infligé pour avoir voulu échapper à la tradition. J’ai cru mourir. En vérité, sans les soins de ta grand-mère, c’est ce qui serait arrivé. Mais j’ai survécu et mon fiancé a accepté de m’épouser malgré ces marques. Bien sûr, il a obtenu des compensations financières en échange. Tu le connais : il ne fait rien gratuitement.

-Si vous avez vécu tout cela, vous devez me comprendre ! m’écriai-je. Pourquoi avoir voulu me faire subir le même sort ?

-Tu n’as donc rien écouté de ce que je te disais ? fit-elle excédée.  Tu as hérité de mon maudit caractère ma fille. Lorsque tu as commencé à te rebeller, j’ai tremblé pour toi. Si je t’ai obligée à obéir, c’était pour t’éviter les sévices dont j’ai été victime. Ton père est bien plus cruel que ne l’était le mien, ajouta-t-elle en tremblant soudain.

-Tout cela va changer, lui affirmai-je. Ni vous, ni mes soeurs, ni aucune femme de notre peuple n’aura plus jamais à craindre un homme, qu’il soit son père ou son époux… Je vais leur apprendre à nous respecter.

Ma mère ne répondit rien, mais elle me serra dans ses bras à m’étouffer. Je sentis quelques larmes couler dans mon cou, même si ses yeux me parurent secs quand elle se redressa.

-Je suis fière de toi, mon enfant ! Dis-nous ce que nous devons faire et nous te suivrons !

Le clan des dragons partie 21

Posté : 24 janvier, 2014 @ 10:37 dans Le clan des dragons | Pas de commentaires »

Dire que les villageois m’accueillirent avec joie relèverait de
l’euphémisme. Plus que jamais, ils me considéraient comme un dieu
vengeur. Je renonçai à les détromper, peu désireuse de perdre encore
davantage de temps en explications inutiles.
Je repris la route seule, avec mes prisonniers que j’avais eu le plus
grand mal à sauver de la vindicte villageoise (mais comment les blâmer
? Les mercenaires leur avaient fait tant de mal !), ainsi bien sûr,
que mes soeurs et ma mère.
Je ruminais toutes sortes de noires pensées, aussi ne fus-je pas peu
surprise, lorsque ma mère vint m’aborder :
-Je tenais à vous remercier, dit-elle avec une humilité qui lui
ressemblait bien peu. Non seulement vous nous avez sauvées, mes filles
et moi, mais vous avez également fait preuve dune grande bonté envers
ces pauvres gens… J’ai honte de m’être montrée si agressive avec
vous.
-Ne vous en faîtes pas, c’est déjà oublié ! lui dis-je avec toute la
douceur dont j’étais capable.
-J’ai quelques circonstances atténuantes, plaida-t-elle avec un pauvre sourire.
-Oui, j’imagine… Ce n’est pas drôle de se faire enlever… commençai-je.
-Je ne parlais pas de ça, me coupa-t-elle. Il y a bien pire. On m’a
meurtrie dans mon coeur de mère, car voyez-vous, une de mes enfants a
disparu. Je ne sais pas ce qu’il est advenu d’elle. L’ont-ils tuée ?
L’ont-ils emmenée ? Ou peut-être a-t-elle réussi à se sauver… C’est
une forte tête, vous savez ! Dragon, si j’osais, je vous demanderais
une faveur… Après nous avoir déposées mes filles et moi en sécurité
au palais, accepteriez-vous de m’accompagner au temple pour voir s’il
n’y a pas de traces de mon enfant perdue ?
J’en restai sans voix. Elle était réellement bouleversée, ses yeux
brillaient de larmes contenues.
-Elle attend ta réponse, me fit remarquer le dragon.
Je me repris.
-Tout à l’heure… à la nuit tombée, je vous montrerai quelque chose,
lui dis-je. Alors, tout deviendra limpide…

le clan des dragons partie 20

Posté : 22 janvier, 2014 @ 10:30 dans Le clan des dragons | 1 commentaire »

Je décidai de passer mes nerfs sur mes prisonniers. Après tout, il
était plus que temps de les faire parler. Je m’en pris au plus jeune.
J’avais remarqué qu’il se mettait à trembler et à pâlir à chaque fois
que je regardais dans sa direction. S’il y avait un maillon faible,
c’était lui ! Malheureusement, il ne savait pas grand chose. Il
s’était engagé par appât du gain et n’avait rien d’un chef.
Pauvre de moi ! Il avait fallu que j’interroge le plus simplet de la
bande ! La seule information un peu intéressante que je pus en tirer
fut que parmi les mercenaires épargnés, il y avait un capitaine.
Certes, ce n’était pas un haut gradé, mais il avait peut-être plus de
renseignements. Contrairement à son camarade, s’il avait peur de moi,
il le cachait bien. C’était un vieux briscard et je me dis que la
partie serait difficile.
Je ne me trompais pas… Il joua d’abord les demeurés. Non, il ne
savait rien, n’avait rien vu ni entendu. Pour qui travaillait-il ?
Aucune idée… Seuls lezs chefs étaient dans la confidence ! Mais il
avait entrevu un drôle d’individu… Non, il n’espionnait pas !
Cependant, il n’y avait pas de mal à se tenir un peu au courant,
n’est-ce pas ?
C’est donc presque par hasard qu’il avait écouté aux portes. Il en
tirait une conclusion : l’individu en question était un noble. Sa
façon de s’exprimer et ses habits ne laissaient aucun doute là-dessus.
Ce qu’il voulait ? Eh bien… qu’on capture toutes les filles du roi
Déon (autrement dit mon père) et qu’on les vende.
Mon mercenaire ignorait réellement qui était ce commanditaire, mais
lorsqu’il me le décrivit, je sus aussitôt de qui il s’agissait : de
mon fiancé ! Sans doute avait-il pensé pouvoir plumer mon père tout en
se débarrassant de moi. Il allait le regretter !

Le clan des dragons partie 19

Posté : 17 janvier, 2014 @ 10:46 dans Le clan des dragons | 1 commentaire »

A mesure que nous nous rapprochions de chez elles, les prisonnières
devenaient plus amicales… du moins, celles d’entre elles qui
venaient du petit village. Ma mère, elle, demeurait froide. Aussi
puéril que cela puisse sembler pour une personne de son âge et de son
rang, elle boudait.
Mes soeurs, comme les villageoises, commençaient à montrer de la
reconnaissance à mon égard. La plus jeune, Tacha, vint même risquer
une petite caresse sur mon flanc tandis que ma mère regardais
ailleurs… et soudain, jéprouvai de la honte. J’avais perdu beaucoup
de temps et d’énergie à me révolter, mais jamais, je n’avais pris une
minute pour m’occuper de mes soeurs. J’avais déduit qu’elles étaient
obéissantes par manque de caractère, or, leur attitude digne et
sereine malgré la situation, montrait au contraire une certaine force
d’âme.
-Eh bien, fit tout à coup le dragon, il était temps que tu ouvres un
peu les yeux… Peut-être même que tu pourrais aussi regarder ta mère
autrement !
-… ça jamais ! rétorquai-je les dents serrées. Pas après ce qu’elle m’a fait.
-Ah ? Elle est à ce point monstrueuse ? me railla le dragon. Et que
t’a-t-elle donc fait ? demanda-t-il en fouillant dans mes souvenirs.
Aussitôt, je revis la rencontre avec mon futur époux, celui que mes
parents avaient choisi pour moi. Mon dégoût, ma colère et un profond
sentiment d’injustice remontèrent à la surface.
-Je vois… reprit le dragon. Mais peut-être que comme toi, on ne lui
a pas laissé le choix. Tu devrais en discuter avec elle, tu ne crois
pas ?
- A quoi bon ? m’écriai-je pleine de hargne.
-Cela ne changera peut-être rien pour toi, je te le concède… mais
tes soeurs en tireraient probablement quelques avantages, tu ne penses
pas ?
Je fulminais. Je me sentais bête et égoïste, mais en même temps, je
n’avais aucune envie de céder.
-Telle mère, telle fille ! se moqua le dragon. Voilà que tu boudes toi aussi !

Le clan des dragons partie 18

Posté : 19 décembre, 2013 @ 9:38 dans Le clan des dragons | Pas de commentaires »

Les prisonnières ne furent pas plus faciles à manier. Elles se mirent à crier, à pleurer et à gémir en me voyant approcher, convaincues que je voulais les dévorer.  Je m’adressai donc à la plus sensée d’entre elles : ma mère.

-Dîtes à ces stupides femelles que je ne toucherai pas un cheveu de leur tête,  lui déclarai-je. Et assurez vous qu’elles suivront mes instructions. En contrepartie, je vous garantis de vous ramener toutes saines et sauves jusque chez vous !

-Qui me dit que vous tiendrez parole ? objecta ma mère avec son sang froid coutumier. Et quel intérêt avez-vous à nous porter secours ?

-Soyez certaine que je poursuis des buts personnels… Nous en parlerons plus tard si vous le voulez bien, lui dis-je.

-J’y compte bien, fit ma mère sans se démonter face à l’immense dragon qui la toisait. Mesdemoiselles, ajouta-t-elle à l’adresse de ses compagnes, si vous vous calmiez un peu ? Cette  créature est notre sauveur : voyez comme elle a châtié nos geôliers ! Croyez-vous qu’elle aurait fait tant d’efforts juste pour venir nous dévorer ensuite ?

Les femmes se calmèrent et j’admirai sincèrement le courage dont ma mère faisait preuve ainsi que l’emprise qu’elle avait sur les autres malgré les circonstances.

-Alors, dragon, me demanda-t-elle, quels sont vos plans pour la suite des événements ?

-Nous allons d’abord ramener ces dames dans leur village, puis je vous reconduirai ensuite chez vous, lui répondis-je.

-Hors de question ! répliqua ma mère. Je ne suis pas une vulgaire paysanne. J’exige que vous me reconduisiez avec mes filles au palais et je m’occuperai de faire raccompagner ces malheureuses chez elles.

-Vous n’êtes pas encore dans votre beau palais où vous donnez les ordres… Ici, c’est moi qui décide ! Votre vie n’a pas plus de valeur que les leurs. Nous irons où je le dirai… Compris ?

Elle serra les poings avec rage, mais hocha la tête en signe d’assentiment. J’aurais du sentir de la satisfaction, vu qu’elle m’avait brimée de nombreuses fois par le passé, mais seule l’amertume emplissait mon coeur.

-C’est peut-être parce qu’elle ignore que c’est toi ? fit la voix moqueuse du dragon dans ma tête. Tu parles d’une vengeance…

Le clan des dragons partie 17

Posté : 17 décembre, 2013 @ 9:09 dans Le clan des dragons | Pas de commentaires »

Ils n’eurent pas le temps de réagir, encore moins celui de se défendre… Les flots de flammes déferlèrent sur eux. Ceux qui échappèrent au feu furent impitoyablement piétinés. Le dragon en moi, s’effara de ma sauvagerie. Je voulais que pas un n’en réchappe, mais mon hôte au contraire, m’obligea à épargner un petit groupe.

-Il faut les faire parler, me dit-il. Et ils  pourront nous être utiles pour ramener les prisonnières chez elles, tu ne crois pas ?
-Bien, je m’incline, lui dis-je. Mais si l’un de ces imbéciles tente un geste désespéré, je le tue sans hésiter.
-Tu deviens bien prompte à ôter la vie, répliqua sèchement le dragon. Je comprends ta colère, mais essaie de te souvenir que ces créatures sont tes frères…
Il n’avait pas tout à fait tort. Je m’étais laissée emporter. Néanmoins, de là à considérer ces ordures comme mes semblables, il y avait une marge ! Je m’adressai aux survivants pour qu’ils sachent bien à quoi s’en tenir.
-vous avez vu de quoi je suis capable… Ne tentez aucun geste malheureux, répondez à mes questions, obéissez à mes ordres et vous aurez une chance de vous en sortir. Dans le cas contraire, préparez vous au pire. C’est compris ?
Ils acquiescèrent, surpris de se voir épargnés… J’étais prête à parier qu’à ma place, aucun d’eux n’aurait gracié ses victimes…

La clan des dragons partie 16

Posté : 12 décembre, 2013 @ 11:25 dans Le clan des dragons | Pas de commentaires »

Il faisait nuit quand je repérai leur campement. Leurs feux se
voyaient à des lieues à la ronde. Sans doute ne craignaient-ils ni de
se faire remarquer, ni de se faire attaquer… N’étaient-ils pas plus
forts et plus nombreux que les malheureux qu’ils avaient attaqués ?
J’entais leurs rires, je sentais l’odeur de leur nourriture et je
me fis violence pour ne pas me précipiter tout de suite sur eux. Je
devais d’abord repérer leurs prisonnières, les délivrer, puis jouer de
l’effet de surprise avant de passer à l’attaque.
J’attendis donc que les rires s’éteignent et que le camp
s’endorme pour commencer à bouger. Je repris ma forme humaine :
c’était plus simple pour passer inaperçue. De toute façon, même ainsi,
mes sens étaient exarcerbésn j’aurais pu progresser les yeux fermés.
Il ne restait que quelques sentinelles qui veillaient sur la
sécurité de leurs camarades et elles n’étaient pas vraiment sur le
qui-vive. Je me faufilai, le coeur battant, dans le camp. Le parfum de
ma mère me parvint, ténu et lointain. J’allais devoir m’enfoncer au
milieu des dormeurs pour la retrouver. L’aventure fut épique. Je
m’arrêtai à chaque instant, convaincue d’avoir été repérée, mais
décidément, la garde ici laissait à désirer.
Je finis par tomber sur une sorte d’enclos où les femmes étaient
retenues. On les avait parquées là comme des animaux. Mes soeurs
étaient regroupées autour de ma mère. Elles étaient toutes dans un
état pitoyable, sales et épuisées. Je serrai les poings. Il fallait
que je garde la tête froide si je voulais sauver tout le monde… mais
à ce moment là, ma mère tourna son regard vers moi et j’y lus un
désespoir tel que la fureur m’emporta.

Le clan des dragons partie 15

Posté : 11 décembre, 2013 @ 10:11 dans Le clan des dragons | Pas de commentaires »

Un peu plus loin, nous vîmes un village à demi ravagé par les flammes. Ceux qui avaient attaqué le temple étaient également passés par là. Mais cette fois, ils avaient laissé des survivants derrière eux. Des silhouettes se pressaient autour des maisons, tentant d’éteindre le feu.

Mon arrivée provoqua une vague de panique. Les pauvres gens crurent leur dernière heure arrivée. « Je ne vous veux aucun mal !  » leur dis-je. Hélas, mon aspect combiné à ma voix de stentor n’eurent pas l’effet escompté. Je ne fut que lorsque je recrachai un long jet d’eau, pris dans la rivière, sur le foyer le plus proche que les villageois daignèrent se rapprocher.

Il me fallut éteindre toutes les flammes avant de pouvoir capter leur attention. Alors, ils se pressèrent autour de moi avec crainte et respect. Je crois qu’ils me prirent pour une sorte de divinité vengeresse car ils m’implorèrent de punir ceux qui avaient apporté la désolation sur leurs demeures.

J’eus bientôt tous les détails que je désirais : la troupe comptait une cinquantaine d’hommes, des mercenaires devenus maraudeurs, faute de contrats. Ils avaient emmené plusieurs femmes du village et étaient partis vers le nord… Je me dressai de toute ma hauteur en poussant des grondements furieux. Je promis de les traquer, de les trouver et de les punir.

Mon sang bouillonnait. Je crois n’avoir jamais été aussi en colère de toute ma vie. Les brigands que je poursuivais étaient encore pires que mon père. Ils vendaient les femmes comme esclaves sans se préoccuper de leurs familles ni de ce qui pourrait leur arriver. J’étais lasse de ces hommes qui tenaient nos destins entre leurs mains. Ils allaient me le payer cher !

Quand je pris mon envol, spontanément les villageois m’acclamèrent.

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