Nouvelles en vrac

Nouvelles, contes et autres textes courts…

Archive pour la catégorie 'les enfants d’Aérion'

De glace

Posté : 26 août, 2016 @ 10:15 dans les enfants d'Aérion | Pas de commentaires »

Elle contemple les murs de sa demeure. C’est la plus belle qui soit. Des cristaux y scintillent, renvoyant des reflets bleus et verts aux quatre coins de la pièce. Le plafond est haut, très haut. Des stalactites adamantins l’ornent majestueusement. De confortables coussins sont disséminés ici et là. Luxe et harmonie se partagent les lieux. Cependant, elle n’y est pas heureuse. Sa prison est dorée, certes, mais ça reste une prison. Elle ne rêve que d’espace et de liberté.
Pour l’heure, seul son esprit est libre de vagabonder. Il vagabonde dans le passé, lorsqu’elle était insouciante, courant à travers champs, dansant dans l’herbe, pieds nus comme une petite sauvage. Elle se souvient du soleil, de sa chaleur sur sa peau, des fruits et de leur goût sucré. Elle revoit la maison de son père, trop petite pour leur grande famille et pourtant, tant aimée ! Comme elle regrette les vieux escaliers vermoulus, les murs fissurés et les vitres si minces qu’elles laissaient passer le froid.
Le froid… C’est dans le froid qu’il est arrivé. Grand, les cheveux longs et pâles, enroulé dans un long manteau blanc. Elle avait croisé ses beaux yeux bleus et y avait laissé son cœur. Elle ignorait tout de lui, mais par amour, elle l’avait suivi, abandonnant sa vie et son humanité. Cet être était Hiémal, l’esprit de l’hiver. Une malédiction pesait sur lui. Il venait avec le froid et le froid était partout avec lui.
Pas de soleil pour lui, hormis cet astre malade qui transparaissait dans un ciel laiteux. Pas de végétation, sauf le houx et les grands sapins qui résistaient à la neige. Pas d’êtres vivants ou si peu, car tout ce qui vit aime la chaleur. Parce qu’elle est devenue sa compagne, elle partage aussi son sort. Elle vit dans un palais de glace et peu à peu, son corps devient plus froid, son sang se fige. Elle devient comme lui et sait qu’un jour, sa vie d’antan tombera dans l’oubli.

Un petit voleur (partie 3)

Posté : 16 octobre, 2015 @ 10:12 dans les enfants d'Aérion | 6 commentaires »

cheval

Ce sont des cris qui me réveillent… Un vieux bonhomme hirsute a découvert ma présence dans la paille et il m’invective comme si j’avais voulu lui voler son canasson. Qu’aurais-je fait d’un bourrin pareil ? Je ne sais même pas monter à cheval ! Je me relève calmement, sans m’inquiéter de la fourche menaçante pointée sur moi : la main qui la tient est par trop tremblante. Je caresse en  passant l’encolure de l’animal. Il est bien plus aimable que son maître. C’est là que le miracle s’accomplit : je reçois des images dans ma tête, des sensations. Je sais qu’elles viennent de la bête. Elles me disent une souffrance cachée, là sous le sabot.

-Votre cheval a quelque chose d’enfoncé dans la fourchette, dis-je à l’homme qui baisse un peu son arme de fortune. Cela lui fait très mal, vous voyez, juste là ?

J’attrape le pied de l’animal qui se laisse faire docilement et c’est cela qui achève de convaincre son propriétaire.

-Bon sang de bois ! s’écrie-t-il. C’est bien la première fois que je vois cette bourrique se laisser toucher comme ça ! Petit, tu as un don ! Dire que je me demandais pourquoi il ne voulait plus manger… Je n’ai rien vu, il ne boîte même pas…

Finalement, le vieux est plutôt gentil. Il m’offre un bon morceau de pain… un peu rassis, mais pour un estomac vide, c’est un régal ! Je repars de chez lui ragaillardie, d’autant qu’il m’offre de dormir dans son écurie chaque fois que j’en aurai envie. C’est fou comme la perspective d’avoir un toit au-dessus de la tête, si humble soit-il, peut vous changer la vie ! Pour l’heure, je prends congé de mon hôte avec une idée en tête : vérifier si ce qui s’est produit avec le cheval, se produira de nouveau avec d’autres animaux…

A suivre…

Un petit voleur (partie 2)

Posté : 15 octobre, 2015 @ 10:38 dans les enfants d'Aérion | 1 commentaire »

nuit

Le mage est plus rapide que le marchand de légumes, plus en forme et beaucoup plus malin. Il nous coupe la route un peu plus loin. Un sourire avenant sur les lèvres, il nous adresse la parole d’une voix toute douce :

-Pourquoi fuyez-vous, mes petits ? Je ne suis pas ici pour vous faire du mal, bien au contraire ! Approchez, j’ai quelque chose pour vous…

Je retiens Salmia qui a fait un pas vers lui, hypnotisée par son regard. Il a mis toute la gentillesse du monde dans ses yeux et nous autres, c’est une chose dont nous n’avons pas l’habitude.

-Ne bouge pas malheureuse ! C’est un ensorceleur…

-Tu te trompes, enfant, mes intentions sont pures ! reprend l’homme.

Comment a-t-il fait pour m’entendre ? J’ai à peine chuchoté à l’oreille de la petite ! Je suis sûre qu’il a utilisé sa saleté de magie. Je tire Salmia par le coude et je crie aux autres de faire demi-tour. Hélas, personne ne m’écoute. L’homme a sorti un paquet de petites brioches toutes chaudes et les mains de mes gamins se tendent toutes vers lui. Les idiots ! Puisque c’est comme ça, je les laisse à leur triste sort. Pas question que je finisse dans le laboratoire d’un sorcier ! Je me sauve sans écouter sa maudite voix qui se fait caressante pour nous retenir.

Ma fuite est passée inaperçue. Pas un de mes enfants ne m’a suivie. Leur amour pour moi n’a pas résisté  face à une misérable brioche…. Quelle bande d’ingrats ! Je les attends quand même deux petites heures en me disant qu’une fois repus, ils retrouveront peut-être leur bon sens. Je suis bien bête. La nuit va bientôt tomber et ils ne sont pas là. J’ai comme une boule au fond de la gorge, mais je ne pleure pas. Les larmes, c’est pour les morts, pas pour les petits crétins qui n’écoutent rien de ce qu’on leur dit !

Je me cherche un refuge pour la nuit… pas celui de d’habitude. Qui sait si le mage ne m’y attend pas ? A force de marcher, je trouve une petite place dans une vieille écurie. Deux planches disjointes me permettent de me glisser à l’intérieur, malgré les portes fermées. J’ai faim, mais au moins je n’aurai pas froid. Je me roule en boule dans un coin, loin des sabots du vieux cheval qui dort là et je me laisse emporter par le sommeil.

A suivre…

Un petit voleur

Posté : 14 octobre, 2015 @ 6:41 dans les enfants d'Aérion | 2 commentaires »

enfant haillon

-Petit voleur ! me crie le marchand de légumes qui heureusement pour moi, est trop gras pour me rattraper. Attrapez-le ! Voyons, ne le laissez pas s’enfuir !

Il s’égosille au beau milieu de la rue, pour trois malheureuses pommes de terre dont l’absence ne viendra guère réduire son tour de ventre… Je me moque de lui, m’arrêtant pour l’attendre, suant et suffoquant, pour finalement détaler à la dernière seconde.

-Un effort mon gros ! Tu y es presque !

Je l’encourage en improvisant une petite danse et en lui faisant mille courbettes. Des rires fusent. Le gros marchand me jette un regard terrible. Me voilà avec un ennemi mortel… un de plus ! Lasse de ce petit jeu, je file dans une ruelle. Trop vive, pour qu’il puisse seulement espérer me suivre ! Les gosses m’attendent. C’est ma petite bande. Ils sont une dizaine, sales et morveux, toujours le ventre vide. Trois patates pour toute cette troupe, c’est un peu léger. Heureusement, Jonas lui, a dérobé un chou… et la petite Salmia, avec son sourire angélique, s’est emparée d’une botte de carottes terreuses. Chacun de mes petits est revenu avec son propre butin. Comme je suis fière d’eux ! Car je suis une fille, en dépit des apparences, même si mon visage crasseux ne le laisse que difficilement deviner. Je suis le chef de ces enfants, tout aussi sales que moi, leur « man » comme ils m’appellent.

Nous sommes une sorte de famille, dont les membres vont et viennent… Ce ne sont pas toujours les mêmes petits. Certains s’en vont tenter leur chance ailleurs, d’autres partent fricoter avec d’autres bandes… et puis, il y a ceux qui trop faibles, meurent un beau matin au coin d’une rue, dans la fange où ils sont nés. J’en ai vu tant de mes petits s’éteindre ! Malades, affamés, terrassés par le froid… me serrant de leurs petites mains glacées, leurs pauvres petites mains ! J’ai pleuré pour chacun d’eux. Je suis avare de mes larmes d’ordinaire, mais c’est tout ce que je peux faire pour ceux qui tombent ! Il faut être dur dans la rue, au physique comme au moral, ne pas craindre les coups qui pleuvent parfois sans crier gare. Il faut savoir se méfier de chacun : bandes rivales, passants, marchands, soldats et mages… surtout les mages.

Ceux qui les suivent ne reviennent jamais… C’est pourquoi, en apercevant un de ces vilains oiseaux qui nous fait signe, nous prenons tous notre envol !

A suivre

Sélène

Posté : 13 octobre, 2015 @ 11:57 dans les enfants d'Aérion | 1 commentaire »

loiuveteau

Elle s’éveille. Je sens son pouvoir grandir, même si elle ne le perçoit pas elle-même. Ce n’est qu’une enfant… moi aussi du reste. Pressée contre le flanc de ma mère, au milieu de mes frères et sœurs, c’est son esprit qui se manifeste le plus clairement pour moi. Elle se croit seule, mais son âme réclame la mienne. Nous sommes liées pour la vie. J’entends ses peines. Je ressens ses joies. Nous grandissons de concert et nous apprenons ce qu’il nous faut apprendre : la magie et les herbes pour elle, la chasse et les bois pour moi. Elle ne m’entends toujours pas, mais je sais que tôt ou tard, ce jour viendra. En attendant, je prends des forces. Lorsque nous cheminerons côte à côte, je serai assez forte pour la protéger.

Les membres de ma meute sentent ma différence. Ils me respectent car je les surpasse en taille, mais peu à peu, ils m’évitent. Je les effraie. Certains me perçoivent même comme une menace. Pourtant, je suis utile au groupe. Je fais respecter notre territoire, traquant impitoyablement les intrus qui osent s’y aventurer. J’apporte plus que ma part à la chasse, nourrissant à moi seule, la moitié de notre clan.

C’est ma manière de penser qui les dérange…  Là où mes frères se livrent à leurs instincts, je contrôle les miens. Je ne deviens pas folle à l’odeur du sang. Je ne cherche pas à prendre à tout prix le pouvoir sur mes semblables… et même, je m’en éloigne. Je ne veux pas me retrouver à la tête de cette meute que je sais devoir quitter.  D’ailleurs, je nous rêve tous égaux et capables de compassion. La loi du plus fort ne dicte pas mes actes.

Enfin, le moment tant attendu arrive. Elle m’appelle. Son esprit s’ouvre au mien. Nous nous ressemblons. Je sais où la trouver. Il y a un chemin entre son cœur et le mien. Une ligne droite tracée en lignes de feu. Je brûle d’impatience de la rencontrer. Adieu frères loups ! Adieu la forêt ! Attends-moi ma sœur d’âme : je suis presque là !

Une vocation (partie 15… fin)

Posté : 12 octobre, 2015 @ 11:12 dans les enfants d'Aérion | 1 commentaire »

the end

-Félicitations, dit-il en se grattant la barbe, vous êtes les premiers à avoir accompli la totalité de votre épreuve ! Vous permettez ? demande-t-il ensuite en nous montrant l’œuf de dragon noir.

-J’ai pris le plus gros, déclaré-je fièrement.

Le mage me sourit, saisit l’œuf et à mon grand désarroi, le fait passer à travers le portail.

-Hé ! Qu’est-ce que vous faîtes ? proteste Hahès.

-Du calme, mon garçon ! répond tranquillement le mage. Votre épreuve a été validée. Il n’y a aucune raison de garder cet œuf ici ! Imagine la catastrophe s’il venait à éclore dans l’académie ! Si vous voulez bien vous diriger vers la sortie… Vous êtes attendus !

Ashra en personne nous accueille. Elle tente de rester neutre en serrant Dhiny dans ses bras, mais elle est rose de fierté maternelle. Hahès s’incline poliment devant elle, cependant, je le trouve un peu raide. Aussitôt qu’on nous remet nos ceintures, symboles de notre appartenance à l’académie, il s’empresse de disparaître. Je ne le reverrai pas avant des années…

Mon oncle vient à ma rencontre et m’étreint avec émotion. Il est heureux de ma réussite et pourtant, je perçois une tristesse inexplicable en lui. Je ne tarde pas à comprendre pourquoi quand il m’annonce qu’il va retourner vivre sur notre colline. Je proteste, je veux partir avec lui, mais il ne se laisse pas fléchir. Ma place est à Drys. C’est ici que je ferai carrière, ici que je ferai ma vie.

C’est un déchirement que de nous séparer, d’autant que je sais au fond de moi que nous ne nous reverrons pas. Les années passent. Dhiny et moi sommes toujours amies. La différence, c’est que je suis une vieille femme, mais qu’elle est préservée grâce à la magie. Hahès est devenu quant à lui un sombre mage. Les rumeurs qui courent sur son compte font froid dans le dos. Le monde change, mais il change sans moi. Je suis toujours la même, cette petite fille qui grimpait aux arbres pour chercher leur protection.

Ma vocation n’a pas changé non plus : jusqu’à mon dernier souffle, je n’aurai pas d’autre titre que celui d’herboriste.

Fin

Une vocation (partie 14)

Posté : 9 octobre, 2015 @ 9:25 dans les enfants d'Aérion | Pas de commentaires »

oeuf

Nous dévalons la montagne à grande vitesse. L’œuf est terriblement lourd entre mes bras. J’ai hâte de m’en débarrasser de peur de le voir éclore… et si un de ces montres en surgissait là, tout de suite ? Je préfère mettre cette pensée en sourdine pour l’instant et me concentrer sur ma course folle jusqu’au portail. Un concert de rugissements nous avertit que ce que nous craignions vient d’arriver : les dragons noirs sont sortis de leur sommeil. Je ne prends pas la peine de me retourner pour surveiller leur progression. Leurs cris de plus en plus proches ne laissent aucun doute. Ils nous talonnent.

Devant moi, Dhiny et Hahès prennent de l’avance… Héroïquement, je résiste à l’envie de jeter l’œuf pour être plus légère et plus libre de mes mouvements. J’entends des mâchoires claquer à deux doigts de moi. Où est donc ce fichu portail ? En bas de la pente, mes deux condisciples se sont arrêtés et me font face. Que comptent-ils donc faire ? Ni moi, ni les dragons ne pouvons être atteints par leur magie ! Je sens le sol se dérober sous mes pieds. La terre est devenue liquide et je glisse sur le dos. Hahès et Dhiny se sont remis à courir. C’est tout ce qu’ils ont trouvé pour me venir en aide ?

Je suis un peu vexée car ma position n’est pas très glorieuse, mais il faut bien reconnaître que la méthode est efficace. Je suis la première arrivée au portail. Mes compagnons l’atteignent à leur tour, me prennent chacun par la taille pour que je puisse me relever et nous passons ensemble de l’autre côté. Juste à temps semble-t-il ! Je crois bien avoir senti le souffle chaud d’un dragon dans mon dos…

Je pose délicatement l’œuf sur le sol. Mes bras sont endoloris et mes jambes encore toutes tremblantes. Les deux magiciens ne sont pas plus vaillants que moi, même si Hahès s’empresse de reprendre son air hautain. Je m’assois pour souffler un peu. Quelqu’un s’approche de nous. Il s’agit du mage rouge qui avait assisté à notre départ. Avons-nous réussi l’épreuve assez rapidement ? Son visage impassible ne laisse rien deviner. Il nous faut attendre qu’il se décide à parler…

A suivre…

Une vocation (partie 13)

Posté : 8 octobre, 2015 @ 9:48 dans les enfants d'Aérion | Pas de commentaires »

valériane

L’odeur vient nous piquer les narines, bien avant que les dragons noirs ne soient visibles. Je n’ai jamais rien senti de si horrible. C’est un délicieux mélange de crotte, d’urine et de cadavres qui fleurent bon la décomposition…

-Ça sent la mort, résume Hahès en se bouchant le nez.

-Nous sommes tout près… Plus un mot ! lui souffle Dhiny.

Nous progressons lentement, soucieux de rester silencieux. La moindre pierre roulant sous nos pieds, la moindre branche brisée sous nos talons pourrait nous trahir ! La végétation n’est pas très dense, mais pour le moment, elle suffit à nous cacher. Nous les apercevons enfin. Ils sont une dizaine. Leur long cou sinueux les fait ressembler à d’énormes serpents car, couchés au soleil, on voit à peine leurs pattes.

Je me demande comment nous allons leur jeter  nos appâts sans révéler notre présence quand Hahès commence à tracer des signes mystérieux sur un des lièvres morts. Celui-ci, brusquement s’anime, disparaît dans les fourrés, puis réapparaît juste devant la gueule d’un dragon noir qui le happe à la vitesse de l’éclair. La méthode est efficace. Chaque dragon reçoit son sédatif avec le même enthousiasme. Par mesure de précaution, Hahès leur fait avaler tous les lièvres que nous avions amenés. Nous patientons quelques minutes avant que les paupières reptiliennes ne se ferment. Je me lance la première, circulant entre les bêtes endormies sur la pointe des pieds. Il y a bien un nid, caché sous un énorme rocher.

C’est là que nous nous apercevons de la faiblesse de notre plan. Certes, de gros œufs sont posés là… mais certains ont déjà éclos et les bébés dragons, s’ils n’ont pas la taille de leurs parents, sont quand même imposants. Leurs gueules sont garnies de crocs acérés et lorsque je surgis devant eux, ils se lancent à toutes pattes vers moi. Tétanisée par la peur, je ne bouge pas, les regardant venir avec une horreur grandissante. Puis tout à coup, des coups de bâton pleuvent sur le dos des affreux lézards. Par chance, mes compagnons sont plus réactifs que moi ! En quelques instants, ils mettent en déroute mes assaillants.

Je sors enfin de ma torpeur en saisissant un œuf. Et nous nous enfuyons au plus vite avant le réveil des dragons adultes.

A suivre…

Une vocation (partie 12)

Posté : 7 octobre, 2015 @ 8:35 dans les enfants d'Aérion | Pas de commentaires »

lièvre

Je me mets en quête des fameuses herbes sédatives, tandis que Dhiny et Hahès cherchent des traces de passage de dragons noirs. Lorsque je les rejoins avec ma moisson, le garçon a lui aussi fait sa récolte. Il me tend sa paume offerte où trônent de longues crottes malodorantes.

-Pourquoi est-ce que tu me donnes ça ? lui dis-je dégoûtée. Tu joues souvent avec des excréments ?

-Je ne te les offre pas, fait-il en riant. Je te les montres ! Ce sont des fientes de dragons noirs. Il suffit de remonter la piste pour trouver la source.

-Et moi j’ai attrapé ceci ! annonce Dhiny qui tient un lièvre mort par les oreilles. Il ne te reste plus qu’à le garnir avec tes herbes !

Le garnir ? Je grimace… Je n’avais pas envisagé le côté désagréable de la chose… Je vais devoir lui ouvrir le ventre, ce dont je n’ai aucune envie ! Et puis, un seul lièvre, c’est un peu léger ! Hahès me tape sur l’épaule. Heureusement, il utilise celle de ses mains qui est encore propre.

-Ne t’inquiète pas, dit-il. Je me charge de faire entrer les herbes dans le lièvre… et dans tous ceux que nous attraperons ensuite.

-Tu vas le découper ? dis-je avec un déglutition pénible en imaginant la scène.

-Non, répond-il amusé… Mais les lièvres, eux, ne sont pas des récalcitrants. Ce sera un jeu d’enfant de faire passer les herbes à l’intérieur. Un sort de téléportation conviendra très bien. Il suffit que tu me donnes la juste dose à introduire.

-Moi, je me charge d’attraper d’autres lièvres… par magie, également ! fait Dhiny. Sans cela, je suis une piètre chasseresse ! Je pense qu’il nous faudra davantage d’herbes, non ?

Notre équipe est d’une redoutable efficacité. Une quinzaine de lièvres gisent sur le brancard de fortune que nous avons confectionné, le ventre gonflé de ma cueillette.

-Bon, dit Hahès. Le plus dangereux reste à faire : nous approcher des dragons sans attirer leur attention sur nous et déposer nos appâts. Vous êtes prêtes ?

Peu importe qu’on le soit ou non ! Il se met en route sans attendre de réponse.

A suivre…

Une vocation (partie 11)

Posté : 6 octobre, 2015 @ 8:37 dans les enfants d'Aérion | Pas de commentaires »

dragon noir

Il siffle entre ses dents.

-Nous avons été gâtés ! dit-il. Nous devons ramener un œuf de dragon noir pour preuve de notre bravoure…

-C’est une plaisanterie ? demande Dhiny.

J’interviens, étonnée de leur réaction : on dirait qu’ils ont peur !

-Et alors ? Où est le problème ? Vous êtes magiciens non ?

-Le problème, dit Hahès, c’est que les dragons noirs et toi, vous avez un gros point commun : eux aussi sont des récalcitrants. Aucun sort ne fonctionne sur ces bêtes-là, peu importe la puissance des magiciens qui les attaquent !

Dhiny se laisse tomber sur l’herbe. Elle semble désespérée.

-Ce n’est pas la fin du monde, dis-je pour la consoler. On va trouver une solution. C’est pour ça qu’on est là !

-Facile à dire ! s’exclame-t-elle un peu énervée. Tu en as une toi, de solution ?

Je réfléchis un instant et je leur souris à tous les deux.  Ils sont suspendus à mes lèvres. Je savoure mon petit moment de gloire :

-Oui, je crois en avoir une.

Hahès hausse un sourcil interrogateur.

-Vraiment ? dit-il. Et aurais-tu l’obligeance de nous éclairer ?

-Ces dragons noirs, ce sont bien des animaux ?

Ils hochent la tête dans un ensemble parfait.

-Comme tous les animaux, je suppose qu’ils ont un estomac, n’est-ce pas ? Or, sans vouloir me vanter, vous avez avec vous une herboriste qui ne se débrouille pas mal du tout dans son art…

-Magnifique ! s’égaie Dhiny qui retrouve brusquement sa motivation. Il nous suffit donc de trouver une tanière de dragons noirs et de leur faire avaler quelques herbes pour les terrasser !

-Bien sûr, dit Hahès… Sans compter que ces animaux-là sont sûrement végétariens, non ?

-Tu es un rabat-joie, lui dis-je à mon tour. Nous les attirerons avec de la viande farcie d’herbes sédatives. Ensuite, nous n’aurons qu’à leur dérober un œuf et à rentrer !

A suivre…

 

 

12
 

Les livres de Jean-Philippe... |
Diapoésies musicales |
passion littéraire |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lire puis écrire
| Pour l'amour de la langue e...
| Laisse moi mettre des poème...