Nouvelles en vrac

Nouvelles, contes et autres textes courts…

Archive pour la catégorie 'lettres'

Mon luc

Posté : 31 juillet, 2015 @ 6:53 dans lettres | 2 commentaires »

lettre

Mon luc (… enfin, mon Lucien si j’en crois ton blog)

Et bien oui, c’est moi, ta « Sue d’amour »… euh, ta Suzanne (c’est mon vrai prénom, même s’il sonne moins bien, je le trouve plus assorti à Lucien qu’à Luc, qu’en penses-tu ? )
Quand je suis tombée sur ton site Internet, je n’en ai pas cru mes yeux. Tu m’avais menti et pas qu’un peu ! Je ne te cache pas que mon premier sentiment a été la colère. Après toutes les lettres que nous avions échangées, découvrir ton manque de sincérité m’a déchiré le coeur !
Et puis j’ai réfléchi… Tes mensonges n’étaient pas si graves. Tu avais un peu modifié ton prénom, mais après tout, moi aussi. La photo que tu m’avais envoyée devait dater un peu : tu n’as plus autant de cheveux et ta silhouette s’est alourdie au fil du temps. Je ne t’en veux pas. Je te joins un cliché de moi, pris il y a une semaine. Comme tu peux le voir, les photos que je t’avais fait parvenir auparavant n’étaient pas d’aujourd’hui ! Mes cheveux blanchissent sur les tempes, mes rides « d’expression » deviennent des rides tout court et mes hanches sont un peu plus épaisses. Mais à l’intérieur, je suis toujours la même et je suis folle de toi.
Je sais bien que tu n’es pas le féru de sport que tu prétendais être, mais ta « brioche » ne me dérange pas pour peu que tu ne regardes pas de trop près mes poignées d’amour… J’ai bien compris aussi que ce n’était pas toi qui dirigeait le service du personnel de ta boîte, que tu n’étais qu’un simple employé… Mais si tu veux tout savoir, moi je ne suis pas hôtesse de l’air. Je travaille dans un aéroport, certes, mais si je suis bien « hôtesse », c’est dans les toilettes. Car vois-tu, je suis ce qu’on appelle une « dame pipi ». Pas très glorieux hein ?
Enfin, tout ça pour te dire que rien de ce que tu m’as raconté, rien de ce que tu es, n’a entamé mes sentiments pour toi. Alors si tu veux bien, ne pourrait-on pas repartir du début toi et moi, effacer les vantardises et les non dits et vivre enfin une relation, certes moins excitante, mais plus saine, plus vraie ?
Je t’embrasse de tout mon coeur et plus encore.
Ta Suzanne d’amour.

Mon luc dans lettres action-onRendez-vous sur Hellocoton !

Mademoiselle Insomnia

Posté : 24 mars, 2015 @ 11:31 dans lettres | 2 commentaires »

Chère Mademoiselle Insomnia,

Vous dont la beauté éclate sous le doux rayonnement de la lune, vous dont les beaux yeux ôtent le sommeil même aux plus braves et aux plus aguerris, vous dont la voix subjugue l’humanité jusqu’à l’obsession… je vous écris pour vous prier de déserter le pied de mon lit.

Chère amie, je serais bien ingrat si je ne vous rendais pas vos lauriers : grâce à vous, j’ai gagné de nombreuses heures de réflexion et de philosophie, là où d’autres les perdaient en songes et en cauchemars. Vous m’avez offert la possibilité d’explorer le monde nocturne et de découvrir la faune très originale qui la peuple. Vous m’avez même parfois donné l’inspiration pour écrire des poèmes aux vers décousus et à nul autre semblables…

Mais il faut que cela cesse. Notre relation est sans avenir. De jour en jour, je m’étiole. Je ne suis qu’un simple mortel, voyez-vous. Je n’ai pas la force de voguer avec vous sur les flots ténébreux d’une nuit sans fin. Souffrez que je vous appelle une dernière fois par votre petit nom, Insomnie, et brisons-là, je vous prie, des amours qui me seraient fatales.

Si vous avez un peu de compassion, rendez-moi, je vous en supplie, le sommeil !

Un rêveur éveillé

lune

Salut vieux !

Posté : 23 janvier, 2014 @ 10:24 dans lettres | 1 commentaire »

Salut vieux !

Bon, cette année, comme tous les ans, tu ne vas pas y couper. Bien
sûr, je ne crois plus en toi… mais puisque tu as tout un service
courrier qui t’est dédié, j’ai tout de même un petit doute et je
t’adresse cette lettre.
En tout cas, si tu existes bel et bien, laisse-moi te dire que tu es
un sacré escroc ! Tandis que les malheureux parents s’escriment à
trouver des cadeaux pour leurs rejetons, tandis qu’ils se saignent aux
quatre veines pour les payer… toi tu récoltes tranquillement tous
les lauriers. Tu leur dérobes la reconnaissance et l’amour de leurs
enfants, tu les fais passer au second plan.
Tu pousses même le vice jusqu’à te faire offrir des gâteaux, des
fruits, des chocolats et parfois même, tu ne cracherais pas sur un
verre de vin… Ignoble pique-assiette va !
Ajoutons à cela tous les mensonges attachés à ton nom, le trafic
photographique dont tu profites honteusement (car je suppose que tu
touches des royalties sur ces milliers de photos où tu obliges les
enfants à poser avec toi), ta manière plus que suspecte de
t’introduire chez les gens (et pour quoi faire, puisque les cadeaux
sont déjà là ?)… Père Noël, je t’accuse d’être un affreux vieux
roublard.
Alors, si t’es un homme, sache que je t’attendrai de pied ferme entre
le 24 et le 25 décembre devant mon sapin : ça ne peut plus durer. Faut
qu’on se parle !

Un enfant devenu grand, traumatisé par ta duplicité.

Ortograf mon amour

Posté : 23 juillet, 2013 @ 3:10 dans lettres | 3 commentaires »

Ortograf mon amour,

(notez bien que les fautes ici sont volontaires et que d’ordinaire, du moins je l’espère, je n’en fais pas tant)

 

Je técri care tu te meur… Que son devenu la conjuguézon, la gramère et la sintaxe , tes ami fidel ? Aaaa… saleté d’époque qui te tu, toi qui fé pourtan notre langue si bel ! Ortograf je cri ton non au quatre vans… Ou té tu envolé ? Ver quelle pays ? Dans quel contré ? Qu’a-tu donc trouver la ba, qu’ici tu n’avé pa  ? Je ten pri revien : san toi je n’arive mème plu à me relir, san toi je ne me conpran plus…

Je te promé que je sauré te soigné pour que tu te plèze avec moi. Ortograf san toi mes mots sont des maux…. et on ne peu pa lé diférencié ! San toi ma langue na plu d’istoire, plu de sense ni de poézi. Aile devien laide et san intéré, privé de sa muzicalité.

 

Je t’m… ne me quite pa !

 

Une francofone dézespéré

Cher monsieur Spam

Posté : 19 juin, 2013 @ 7:06 dans lettres | 1 commentaire »

Cher Monsieur Spam,

 

Je tenais à vous dire à quel point votre intérêt me flatte. J’admire cette flamme qui ne s’éteint pas, la passion qui vous anime et cette belle persévérance qui est la votre… Cependant, je ne peux répondre à l’ardeur de vos sentiments car mon coeur est déjà pris. Alors je souffre pour vous qui m’inondez continuellement de courriers que je ne lis jamais. Ma boîte mail croule sous « les commentaires de Spam », mon blog est envahi.

Je ne sais que faire pour vous décourager. J’ai beau ne pas vous répondre, votre ténacité ne se dément jamais. J’ignore d’ailleurs, comment vous pouvez connaître toutes mes adresses mails, les lieux virtuels sur lesquels je me balade. Sans doute êtes-vous un de ces génies de l’informatique !

Cher Monsieur Spam, il faut que cela cesse. Je ne suis visiblement pas la seule que vous harcelez ainsi. Des voix s’élèvent un peu partout pour protester contre vos commentaires… Des filtres anti Spam ont même vu le jour. Cela m’attriste pour vous, de vous savoir mis au ban de notre société.

Je vous en prie, reprenez-vous… vite, avant que votre vie entière ne soit engloutie par le virtuel !

Bien à vous,

 

Une blonde internaute

Chère Madame M

Posté : 9 avril, 2013 @ 1:09 dans lettres | 3 commentaires »

               Chère madame M. ,
Je me permets de vous écrire car je vous trouve bien capricieuse. Vous promettez monts et merveilles, puis à la dernière seconde, vous vous désistez de bien triste manière. Vous soufflez le chaud puis le froid, vous passez de la plus brûlante sécheresse, aux pleurs les plus glacés.
Comment voulez-vous que je me fie à vous ? Vous vous moquez de tout, même des saisons. Vous bouleversez sans vergogne les gens et leurs habitudes, vous mettez à l’eau tous leurs projets. Vous brassez de l’air, encore et encore… Vous couvrez de nuées leur ciel bleu, leur arrachant contre leur gré leur joie de vivre.
Madame M., vous êtes bien cruelle. Vous vous faîtes séductrice, rayonnante comme un soleil, puis vous vous estompez dans le brouillard où l’on vous perd de vue. Vous vous voudriez un guide pour chacun d’entre nous, vous n’êtes qu’une embrouilleuse de la pire espèce.
Inutile, Madame, de verser toutes ces larmes, qu’elles soient torrentielles ou de grésil, de neige ou de grêle, Madame Météo, je ne crois plus en vous ni en vos prédictions…
En espérant que bientôt vous relâcherez ce pauvre printemps que vous tenez en otage, je ne vous salue pas.
                                                                Une militante pour le droit au soleil pour tous.

Ma pianiste

Posté : 4 mars, 2013 @ 2:04 dans lettres | 1 commentaire »

                                  Ma pianiste aux doigts de fée,
     Je regarde en arrière la route que nous avons parcouru ensemble. Elle est longue et sinueuse, parsemée d’embûches et pourtant, nous marchons toujours. Je t’ai connue enfant, portant des tresses et ce tablier à fleurs dont tu étais si fière. Espiègle, un peu garçon manqué, tu m’accompagnais dans tous mes jeux.
     L’époque était rude, même pour les enfants que nous étions. La guerre était venue avec son lot de privations, de craintes et de deuils… Ton père, mort sur le champ de bataille, t’avait laissée orpheline, laissée aux bons soins d’une mère que la douleur avait rendue presque folle. C’est ainsi que tu avais été recueillie par ma famille et que nos destins avaient été scellés.
     Plus que frère et sœur, nous étions les deux parties d’un même tout. Nos pensées, nos rêves étaient complémentaires et nous ne demandions qu’une chose : respirer toujours le même air, rester ensemble jusqu’à la fin de nos jours. Cela nous fut accordé. Ce ne fut certes, pas facile à chaque instant, mais nous avons vécu sans regrets, une vie d’amour et de félicité familiale.
     Je t’ai épousée à la sortie de l’adolescence, parce que nous avions « fauté » comme le disait ma grand-mère scandalisée. Pour que les commérages du village ne te perturbent pas, je décidai de quitter la ferme et nous partîmes travailler en ville, moi dans la compagnie du gaz, toi comme couturière.
     Tu avais déjà des doigts habiles à ce moment là. Je ne sais plus quelle collègue de travail, veuve désargentée, obligée de travailler pour nourrir ses enfants, t’avait donné des cours de piano… mais ce fut grâce à elle que ton talent fut découvert. Car tu étais faite pour la musique. Tes mains volaient sur le clavier comme deux gracieuses colombes. Quelle magie alors ! Ton regard se perdait dans le vide et un sourire extatique, celui qu’on prête aux anges, se dessinait sur tes lèvres.
     Tu ne devins jamais célèbre, mais les gens du quartier te connaissaient et appréciaient ta musique. Ils se réunissaient sous nos fenêtre pour t’écouter jouer et quand ton vieux piano, que j’avais eu tant de peine à te payer, avait rendu l’âme, ils s’étaient cotisés pour t’en acheter un autre. Je me souviens de ton émotion, de notre émotion à tous deux devant tant de gentillesse…
     Oui, quand je regarde en arrière, je contemple le spectacle d’une vie heureuse… jusqu’à ces derniers mois. Ton esprit a commencé à te déserter. Alzheimer, disent les médecins. Saleté de maladie qui t’a ravie à moi. Tu es là, mais tu ne me reconnais plus. Tu me regardes sans me voir et ma main sur la tienne ne te fait plus frémir. La seule chose qui reste de toi, c’est précisément le piano. Quand tu joues, tu redeviens toi… enfin, un fantôme de toi : talentueux mais sans âme.
     Je viens de te laisser assise devant ton instrument. De la cuisine, j’entends les notes qui se succèdent à un rythme effréné. Vite, j’ouvre en grand la vanne de la bouteille de gaz, puis j’allume une bougie. Dans quelques secondes, ce sera l’explosion qui nous rendra l’un à l’autre, nous emportant dans cet au-delà où tu m’attends déjà. Je cours, je t’enlace… la vague de feu arrive sur nous. Mais tu es contre moi, plus rien ne compte. Je t’aime…

Cher papa Noël

Posté : 18 décembre, 2012 @ 10:18 dans lettres | 3 commentaires »

Cher Papa Noël,

 

Je me permets de t’écrire pour te rappeler mon existence. Voilà quelques années que tu oublies de m’apporter ce que je t’ai commandé.  Enfin, le problème, c’est plutôt que tu m’apportes des trucs qui n’ont aucun rapport avec ce que je veux (tu peux m’expliquer pourquoi, quand je demande un parfum de luxe, je me retrouve avec un mixeur ?  Y’a un souci, non ?). Je pense que ton service courrier n’est pas très au point. Un petit malin mélange les lettres et à l’arrivée, tu vas avoir des réclamations, c’est sûr !

Par ailleurs, j’ai remarqué que tu ne faisais pas tes livraisons à heures fixes…. Enfin, c’est quand même pas compliqué de suivre un planning !  Surtout que chez moi, c’est la campagne, tu ne peux décemment pas prétendre avoir été coincé dans les embouteillages (et puis t’es pas censé voler ? C’est quoi cette arnaque ?).  Au lieu de balancer tes cadeaux à l’arrache, essaie un peu de t’organiser que diable !

Je profite de l’occasion pour te parler de ton costume… Bon, au début ça faisait rire tout le monde ce rouge pétant qui te rendait visible à des kilomètres à la ronde. Seulement voilà, au bout d’un moment, on risque de se lasser. Et puis franchement, moi je trouve ça cracra que tu gardes le même manteau d’année en année. Attends janvier et profite des soldes ! (je dis ça pour toi, Papa Noël, ça devient ridicule à la longue).

Pour finir, je trouve qu’à ton âge, tu devrais songer à prendre ta retraite… Profiter un peu de la vie, avant la fin ! C’est pourquoi je me permets de joindre mon CV à cette lettre… au cas où, tu sauras que je peux te remplacer au pied levé !

 

En attendant ton prochain passage, je t’embrasse affectueusement,

 

Sandra (qui a été bien sage)

Lettre à Dieu

Posté : 14 décembre, 2012 @ 9:19 dans lettres | 5 commentaires »

Cher Dieu,

 

Excuse-moi de te déranger dans tes occupations. Je sais bien que tu prépares l’anniversaire de ton fils et que tu dois avoir des tas de choses en tête, mais il fallait absolument que je te parle. Voilà, dans quelques jours, c’est la fin du monde, tout le monde le dit, et il va falloir qu’on te rende les clés de la planète. Je sollicite donc un rendez-vous pour qu’on fasse ensemble l’état des lieux.  Bon, tu verras, la nature a salement morflé : rivières et océans pollués, terres qui suintent toutes sortes de produits toxiques, végétation en perdition, espèces en voie de disparition…. Enfin bref, si tu as suivi un peu l’actualité, tu as dû en entendre parler.

Pour l’humanité, pas de surprise : depuis que tu nous as jetés à la porte de ton Eden (eh oui, reconnais quand même que comme père bienveillant, tu as été un peu dur), nous n’avons pas cessé de nous battre comme des chiffonniers… et comme en grandissant nous nous sommes trouvés de nouveaux jouets, nos guerres sont devenues sales et terriblement meurtrières.  Nous nous foutons de plus en plus de notre prochain, mais il nous le rend bien, alors ne t’étonne pas de notre manque de compassion.  Les maladies sont toujours là, elles ont juste changé de visage (et puis, pour tout te confesser, nous avons un peu joué à être toi en créant des souches de virus qui n’existaient pas…. mais bon, je ne veux pas déflorer la surprise, tu verras ça en ouvrant le paquet !).

En ce qui concerne tes églises, la plupart sont restés en l’état…. nous nous en servons de moins en moins, tu vas pouvoir les reprendre et en faire ce que tu veux (moi je te suggère de les transformer en salles de cinéma ou en centres commerciaux, ça pourrait être vraiment sympa…. enfin, c’est toi qui vois !). Voilà, ce n’est qu’un rapide tour du propriétaire. Bien sûr, je te rendrai aussi mon âme,  j’en suis plutôt contente, j’ai réussi à ne pas trop la noircir.  J’espère que ça m’évitera d’avoir à payer pour les dégâts dans le monde (ils étaient là avant que j’arrive, je n’y suis pour rien).

Sur ce, Dieu, je te dis à bientôt et je te fais de gros bisous. Affectueusement,

Ta brebis égarée,

 

Sandra

Cher Paul Emploi suite

Posté : 4 décembre, 2012 @ 12:48 dans lettres | 6 commentaires »

Cher Paul emploi,

 

Je viens de te quitter, bouleversée par cette rencontre… Que tu es vénal ! Tu n’as fait que me parler d’argent, contrat… Pire tu veux me faire bosser ! J’aurais pu me consoler en me disant que peut-être les sentiments étaient là et que notre prochaine rencontre serait plus romantique, mais voilà que tu m’annonce une « réunion collective » ! Espèce de pervers va ! Le pire, c’est que tu as mes coordonnées. Tu peux m’appeler à tout moment et tu sais où j’habite : j’ai peur.

Je me dépêche de rentrer chez moi pour mettre le plus de distance possible entre nous.

S’il te plait, ne m’appelle pas…

 

Sandra

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