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Archive pour la catégorie 'Memoires d’un naturaliste'

Mémoires d’un naturaliste : le Phénix

Posté : 11 juin, 2013 @ 8:52 dans Memoires d'un naturaliste | Pas de commentaires »

Invité à l’académie de magie de Drys par un vieil ami élémentaliste, j’ai eu le privilège d’assister à un évènement hors du commun : la naissance d’un phénix. Si ces animaux renaissent sans fin de leurs cendres, les véritables naissances, elles, sont plutôt rares. Il se trouvait qu’un couple de phénix avait élu domicile sur les toits de l’académie, attiré là sans doute par les flux de magie qui y sont inéluctablement très puissants.

Comme tous les oiseaux du monde ou presque, ils pondent régulièrement. Le souci, c’est que leurs oeufs ont besoin d’un feu continu et très intense pour éclore (idéalement le cratère d’un volcan en activité). la plupart des oeufs restent donc à l’éta de cailloux inertes (l’oeuf du phénix ressemblant à s’y méprendre à ces pierres noires qu’on trouve justement aux abords des volcans, sans doute par mimétisme).

Pour cette éclosion artificielle, mon ami avait placé un oeuf de phénix dans un creuset et lancé sur lui un sort de combustion. Il pensait en venir à bout en quelques heures, mais il lui fallut trois jours pour que l’oeuf daigne seulement changer de forme et de couleur. La chaleur prolongée du feu lui donna un aspect ovoïde et doré où on commençait à distinguer par transparence, le foetus de la bête.

Un second élémentaliste dut venir relayer mon ami épuisé… et il en vint cinq autres qui prolongèrent le sort à tour de rôle. Quinze jours s’écoulèrent et enfin, la coquille commença à s’effriter. La créature qui en sortit n’avait rien d’élégant ni d’attendrissant. Informe, elle ressemblait à une sorte de mollusque brunâtre qui se laissa glisser sur le sol avec un bruit écoeurant.

Heureusement, le miracle se produisit. La chose se ramassa sur elle-même et se métamorphosa. Un corps, peu à peu émergea, long, gracile. des plumes allant du rouge profond à l’or poussèrent… L’oiseau tendit le cou en écartant les ailes et poussa un cri. Enfin, ses yeux s’ouvrirent, bruns et doux. Il venait à peine de naître, mais avait déjà sa taille adulte. Il nous regarda et je frémis quand cette prunelle intense se posa sur moi. Toute la sagesse du monde y était concentrée. Brusquement, il prit son envol et disparut par la fenêtre qu’on avait laissée ouverte, à cause de la chaleur étouffante dégagée par le brasier magique.

Dussé-je vivre cent ans de plus que jamais, je n’oublierais ces instants…

Mémoires d’un naturaliste : le basilic

Posté : 19 février, 2013 @ 9:10 dans Memoires d'un naturaliste | 1 commentaire »

     Mémoires d’un naturaliste : le basilic
     Légendaire entre tous, le basilic n’est pourtant pas impressionnant quand on le voit pour la première fois… enfin, pas plus que les autres serpents. Long au d’un mètre au maximum, sa peau a une jolie teinte cuivrée, sa tête est plate, triangulaire et il a bien sûr une langue bifide et des crochets, plutôt courts, dont le venin ne donne tout au plus, qu’un peu de fièvre si on est mordu.
     Evidemment, les basilics que j’ai étudiés jusqu’à présent, étaient des bêtes d’élevage dont on avait crevé les yeux à la naissance par mesure de précaution. En effet, leur regard peut s’avérer mortel. Il suffit que la pupille de l’animal se concentre sur vous pour vous pétrifier et nulle magie ou remède alors, ne sauraient vous ramener à la vie.
     Ce serpent fait l’objet de nombreuses études, pas seulement pour son extraordinaire pouvoir, mais aussi et surtout parce qu’il a la réputation de pouvoir soigner presque tous les maux. Son sang est un fortifiant et un cicatrisant sans pareil, ses os broyés et transformés en pâte, soignent les rhumatismes et les fractures, sa peau, utilisée en cataplasme vient à bout des infections les plus virulentes. Et ses yeux… croqués tout crus, seraient une vraie potion de jouvence.
     Et c’est là tout le malheur de cette pauvre créature ! Traquée par ceux qui rêvent de la jeunesse éternelle, elle se fait de plus en plus rare. Sans les quelques admirateurs de l’espèce qui s’acharnent à le préserver en l’élevant en captivité, elle serait en voie d’extinction. Pour ma part, je rêve de rencontrer un basilic sauvage et mon vœu est sur le point de se réaliser car un homme a été retrouvé pétrifié hier, dans les eaux d’un étang de Drys. S’il ne s’agit pas d’un méfait de la part d’un quelconque sorcier, je tiens là une occasion en or d’étudier de près cette bête mythique..

Mémoires d’un naturaliste : dragons noirs

Posté : 19 janvier, 2013 @ 8:47 dans Memoires d'un naturaliste | 1 commentaire »

     A mi-chemin entre les dragons et les serpents, les dragons noirs sont des créatures aussi fascinantes que dangereuses. J’eus l’occasion d’en croiser quelques spécimens aux abords des montagnes Esdras. Je les observais d’abord de loin, étendus sur le roc, la gueule entrouverte pour savourer la chaleur du soleil. Il fallait un œil exercé pour les repérer : leurs longs corps sinueux et sombres ressemblaient à autant de fissures sur le flanc de la montagne.
     Malgré le péril, je décidai d’aller voir de plus près ces créatures, afin d’étudier leurs caractéristiques et leurs mœurs. Je m’étais prudemment équipé d’une cuirasse et d’un bouclier pour me protéger d’une éventuelle attaque, mais je dois avouer que cela me gênait considérablement pour avancer, surtout sur un terrain aussi accidenté. Le pire était la lourde épée dont j’avais du m’affubler. Je n’étais pas certain de savoir m’en servir, mais aller à la rencontre de dragons noirs désarmé, aurait été un pur suicide.
     Les bêtes perçurent ma présence bien avant que je fusse en vue. Sans doute sentaient-elles les vibrations que je produisais en marchant, à moins qu’elles ne fussent sensibles à la chaleur de mon corps… ou encore possédaient-elles une ouïe surdéveloppée. Des expériences auraient été nécessaires pour m’en assurer, mais pour l’heure, je devais me contenter d’émettre des hypothèses.
     J’entendis des bruissements autours de moi et je compris instantanément ce qui était en train de se produire : les animaux me cernaient, ainsi qu’ils le faisaient quand ils chassaient une proie. Sur le qui-vive, je tachais d’endiguer ma peur et de noter mentalement tous les détails de leur méthode d’approche. Assez vite, il me parut évident que les créatures allaient par paires… peut-être même par couples, mais ne parvenant pas à distinguer les mâles des femelles, je ne veux pas m’avancer.
     Face à moi, à découvert, progressaient deux énormes dragons noirs, probablement les chefs du groupe. Tous les autres demeuraient invisibles, mais je devinais leur présence tout près, bien trop près… J’évitais de faire le moindre geste brusque ou de montrer la plus petite faiblesse. J’avais la conviction qu’au premier signe de ma part, la horde entière se jetterait sur mon dos. C’est alors que je sentis une curieuse impression…
     Quelque chose effleurait mon esprit. C’était comme un chant, une douce mélopée qui m’invitait gentiment au sommeil. Il ne me fallut pas longtemps pour comprendre que cela émanait des dragons qui m’observaient avec une fixité effrayante : ils attendaient tout bonnement que je m’endorme pour me mettre à mort ! Déjà un peu engourdi, les pensées brumeuses, je trouvai néanmoins la force d’ouvrir ma besace et d’y saisir la carcasse d’un porcelet que j’avais eu le bon sens d’emporter.
     Je la lançai aux pieds des dragons, priant que cela suffise à détourner leur attention. Le résultat fut au-delà de mes espérances. Un vacarme assourdissant me vrilla les tympans : les pensées sanguinaires du groupe de reptiles qui ne voyaient plus qu’une seule chose, le morceau de viande qui gisait sur le sol. Je profitai de ce moment de répit pour m’enfuir. Juste à temps me semble-t-il avec le recul : le porcelet n’était guère qu’une bouchée apéritive pour la horde sanguinaire.
     J’entendis leurs horribles griffes râper la roche tandis qu’ils me poursuivaient. Je perçus leurs esprits qui m’envoyaient des ondes soporifiques. C’était fort, cependant je résistai. Mû d’une inspiration salvatrice, je jetai soudain mon épée et mon bouclier. Cela intrigua suffisamment les bêtes pour qu’elles s’arrêtent afin de les renifler et je pus dévaler la montagne, beaucoup plus léger.
    Le cas de ces animaux me semble des plus intéressants et je les étudierai de nouveau, mais pas ici où ils vivent en grand nombre et pas maintenant.. Car j’ai grand besoin de me remettre de mes émotions.

Mémoires d’un naturaliste. Etude 1 : les fées lucioles

Posté : 12 août, 2011 @ 8:00 dans Memoires d'un naturaliste | 4 commentaires »

lucioles1.jpg
Ma carrière de naturaliste me fait parfois rencontrer les plus étranges créatures. C’est ainsi qu’après une longue marche à travers des plaines écrasées par un soleil estival, je me suis trouvé face à un immense chêne qui étincelait comme s’il était couvert d’or. Intrigué et désireux de me mettre à l’ombre, je me suis approché…
Grossière erreur ! Une nuée d’insectes s’est abattue sur moi. Leurs dards ont cruellement attaqué ma peau. J’ai fait de grands gestes pour m’en débarrasser et lorsque le plus gros d’entre eux a roulé sur le sol, assommé, les autres ont cessé l’assaut. C’était la première fois que je constatais un tel comportement chez des insectes. J’ai ramassé la bête pour l’étudier de plus près.
Elle avait de jolies ailes irisées, comme celles des libellules, mais sa forme était plus surprenante. En effet, hormis sa taille et ses ailes, elle avait l’aspect d’une ravissante jeune femme. Son langage, car la créature s’est mise à parler en se réveillant, était plutôt frustre et grossier, mais tout à fait intelligible… J’ai compris absolument toutes les insultes dont elle m’a abreuvé.
Par chance pour moi, le spécimen que je tenais dans la main se trouvait être la reine de cet immense essaim de « fées lucioles », comme elles se nomment elles-mêmes. Entre deux vociférations, j’ai réussi à lui soutirer quelques informations sur son espèce. Pas de mâles parmi elles. La reine seule, met au monde des petits (mais elle ne s’est pas étendue sur le sujet : j’ignore si elle enfante comme un être humain ou si elle pond comme un insecte), les autres fées lucioles seraient stériles… mais je les soupçonne de pouvoir essaimer à leur tour si le besoin s’en fait sentir.
J’ai pris la reine en otage pour pouvoir m’enfuir et je ne l’ai relâchée que lorsque le chêne s’est trouvé loin derrière moi, si loin qu’on ne le voyait plus. Ensuite, j’ai pris mes jambes à mon cou pour ne laisser aucune chance à l’essaim de me rattraper. J’ai bien l’impression d’ailleurs, que s’éloigner de leur nid leur répugne. Je reviendrai les étudier, mais… avec une escorte armée.

 

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