Nouvelles en vrac

Nouvelles, contes et autres textes courts…

Archive pour la catégorie 'Non classé'

Photomaton

Posté : 19 décembre, 2012 @ 10:40 dans Non classé | 3 commentaires »

A voir la cabine trôner au milieu de la galerie marchande, tu la croirais inoffensive…. mais en vérité, elle est possédée !  Dès que tu y pénètres, elle se met à te parler : « Bienvenue dans votre photomaton », d’une voix suave et douce comme dans les gares ou les aéroports.  La seconde d’après, elle change de ton et te donne des ordres : « Veuillez vous asseoir ! » Mais attention, tu ne choisis pas ta place. Tu te mets exactement là où elle te le dit. D’ailleurs, elle ne te laisse pas le choix : « Veuillez vous placer entre les repères rouges qui apparaissent à l’écran.  »

Ensuite, c’est un déluge d’instructions que tu as un peu de mal à suivre, vu que tu dois garder ton visage entre les dits repères, tout en gardant un oeil sur les boutons, les flèches et leurs couleurs… Elle ne ralentit le débit que pour te demander des sous. C’est une cabine très moderne, n’empêche qu’elle ne rend pas la monnaie (mais elle prend les billets, c’est bien conçu, non ?).  Quand tu as payé, tu connais une nouvelle montée d’adrénaline : tu n’as que trois essais, pas un de plus.

Pour corser le tout, c’est une vraie gymnastique : l’objectif est devant toi, tu dois le fixer pour te faire prendre en photo, les boutons de commande, sont loin à droite et il faut étirer le bras pour les atteindre, quant à l’écran qui te permet de contrôler à quoi tu ressembles, il est en haut à gauche (et bien sûr, c’est quand tu as les yeux levés vers lui que tu entends le bruit du déclencheur).

Comme il ne te reste que deux essais, tu te concentres pour ne pas sourire et ne pas fermer les yeux à cause du flash.   Résultat, tu as le choix entre deux séries : celle où tu ressembles à un lapin pris dans la lumière des phares et l’autre où on te croirait revenue d’entre les morts. Obligée de la sélectionner, tu te précipites à l’extérieur de la cabine pour intercepter les photos avant que quiconque ne puisse les apercevoir.

C’est à ce moment là que simultanément, tu découvres que tous les autres clients ont profité de ton dialogue avec la machine (même ces moments où tu l’insultais copieusement) et que tu réalises que cette horrible photo, figurera sur ton permis de conduire et te rendra à jamais suspecte aux yeux des forces de l »ordre…

The surviveuse

Posté : 17 décembre, 2012 @ 8:55 dans Non classé | 4 commentaires »

The surviveuse…. ce sera moi. Je ne me laisserai pas bouffer par mes voisins. D’ailleurs, je ne les laisserai même pas s’approcher de chez moi. La fin du monde arrive, alors j’ai creusé des tranchées tout autour de ma maison. Pour sortir, il faut installer le pont, cet assemblage de planches que j’ai fait de mes mains, et il n’existe qu’un seul endroit où il peut être installé sans risque, pour que je puisse surveiller l’arrivée d’éventuels assaillants.

Bien sûr, il y a des gens qui râlent : le facteur par exemple, parce que la boîte aux lettres est pleine et qu’il ne peut plus rien y déposer. Moi, je m’en fous. Pourquoi irais-je chercher mon courrier ? De la publicité et des factures… ça n’a aucun sens quand l’apocalypse est aux portes de notre monde ! Alors j’ai averti le facteur. S’il s’approche ne serait-ce que d’un pas de mon chez moi, je l’abats.

J’ai transformé la maison en arsenal. Des armes sont posées dans tous les coins. Je les ai achetées sur le net. J’y ai dépensé toutes mes économies… mais à quoi m’auraient-elles servi, je vous le demande ? On n’emporte pas son argent dans sa tombe.  Au moins, je suis prête à me défendre. Quand les autres comprendront que le monde s’éteint vraiment, quand ils voudront trouver refuge chez moi : eux aussi je les abattrai.

Il faut dire que j’aurai aussi mes provisions à défendre. J’ai le plus grand stock de paquets de pâtes et de boîtes de conserves de la région. J’ai creusé un puits dans mon salon, pour ne jamais manquer d’eau potable  et aménagé une serre dans un coin de la salle à manger pour avoir des fruits et des légumes frais. Mes poules et mes canards ont élu domicile dans le couloir, mes lapins dorment dans leurs cages, bien au chaud dans la chambre…. J’ai du renoncer à faire entrer une vache dans la maison, c’était trop compliqué. J’ai donc pris deux chèvres et un bouc (qui sent un peu fort, mais je m’en moque : c’est la fin du monde, pas un cocktail mondain).

Dans la salle de bain, un immense bassin a remplacé la baignoire et mes poissons y tournent sans fin.  La maison est devenu autonome en électricité : éolienne, panneaux photovoltaïques et autres systèmes me garantissent de l’énergie à vie.  J’ai une pharmacie remplie en cas d’urgence et des tonnes de livres médicaux… Normalement je suis parée.

Certes, je me suis isolée du monde avant la fin et je me sens un peu seule… mais autant m’y habituer tout de suite, car après il n’y aura plus que moi. Moi, la surviveuse, dernier témoin de l’humanité !

Merry Christmas

Posté : 16 décembre, 2012 @ 10:50 dans Non classé | 4 commentaires »

Merry Christmas les gens ! Noël approche… Jolie fête, porteuse d’amour, de liesse familiale, de partage.  Tu essaies de t’en rappeler tandis que tu slalomes entre les rayons, ton chariot devant toi.  Les allées sont pleine de monde, un monde immobile qui papote joyeusement, qui glandouille et qui t’empêche de circuler.

Merry Christmas ! Tu te forces à sourire pour leur demander gentiment de se pousser, mais vu le niveau sonore, ils ne t’entendent même pas. A deux pas de là, il y a ce maudit Père Noël mécanique qui se dandine au son de « Vive le vent ». Si tu te laissais aller, tu l’arracherais à son socle et tu le piétinerais pour qu’il se la ferme.

Merry Christmas ! A défaut de te faire entendre, tu signales ta présence d’une légère pression de ton chariot dans le dos des gêneurs… et tu t’attires leurs regards courroucés. Le monde à l’envers : toi tu viens pour faire tes courses, eux, ils font salon.  Si seulement, ils trouvaient d’autres lieux pour discuter, que le supermarché, un samedi après-midi !

Merry Christmas ! C’est bientôt Noël… les prix flambent et en plus, tes produits ordinaires et habituels ont disparu des rayons. Tu escalades un groupe de mémés bavardes pour atteindre les laitages. Tu attrapes ce que tu peux, bien consciente que jamais, tu ne trouveras tout ce qu’il y a sur ta liste… sauf en insistant beaucoup et au risque d’y laisser ta santé.

Merry Christmas ! Tu te diriges ensuite vers la caisse, plus par dépit que parce que tu as fini, mais si tu restes là, tu vas péter un câble et c’est au journal de 20 heures qu’on parlera de toi. Tu te vois déjà à l’écran, entre la dinde de Noël et les derniers rebondissements de la vie politique en France… trop peu pour toi !

Merry Christmas ! Tu ne t’es pas transformée en statue de sel, malgré la file interminable avant d’atteindre la sortie. Tu n’as même pas fait manger ton ticket de caisse en or (ben oui, en or, vu le montant qui s’affiche dessus) à la gentille caissière qui te souhaite d’un ton blasé de joyeuses fêtes de fin d’année.

Merry Christmas ! Le portefeuille allégé, ta liste de courses incomplète et ton chariot à décharger, tu es quand même bien contente d’avoir retrouvé l’air libre. La semaine prochaine, il faudra revenir et ce sera pire…. mais avec un peu de chance, ce sera la fin du monde et ce joyeux bordel sera le dernier de ton existence….

 

Viens le destin !

Posté : 15 décembre, 2012 @ 9:12 dans Non classé | 1 commentaire »

Viens le destin ! On va se battre ! Voilà des années que tu m’en colles plein la tête,  des soucis, des malheurs, des trahisons…. Des années que tu me fais des promesses sans jamais les réaliser. Viens, te dis-je, que je te rende tous les coups que tu m’as mis. Je vais te boxer le nez, pour m’avoir menée sur de mauvais chemins. Pour m’avoir jetée dans les pattes du mauvais sort, je vais te botter le train. Je suis plus forte que tu ne le crois. A force d’avoir mal, je sais endurer la douleur, quand d’autres ne savent que pleurer en attendant que ça passe.

Je vais te latter mon garçon, te précipiter à terre et te flanquer la correction que tu mérites.  Puis quand j’en aurais fini avec toi, je te relookerai, c’est à la mode. Je te transformerai pour que tu deviennes beau et aussi brillant que cet avenir que jadis, tu me faisais miroiter. Je vais t’obliger à tenir tes engagements et à m’octroyer tout ce que finalement j’ai bien mérité…

Lady Safari

Posté : 13 décembre, 2012 @ 10:45 dans Non classé | 3 commentaires »

En voiture Mesdames ! Nul besoin d’armes ou d’appareils photos pour le safari dans lequel je vous entraîne. Vous n’aurez besoin que de vos seuls yeux pour voir… et pour pleurer ! Nous allons étudier l’homme, dans son milieu naturel.

Commençons par l’espèce urbaine, celle qui se croit raffinée. L’homme urbain sort, il se montre et aime être vu. Il a besoin de briller en société. La créature est maligne. Elle met sur pied des stratégies élaborées pour s’en tirer sans écorner son ego. Prenez garde Mesdames : cette espèce vous jouera la comédie des sentiments, elle vous fera croire à sa sensibilité  pour parvenir à ses fins. En fin de parcours, souvenez-vous que l’homme urbain vous jettera sans vergogne, en prenant soin de ne pas se salir, de ne pas ternir sa belle image en l’éclaboussant avec vos larmes. Non mesdames : il fera cela en sournois, à distance, bien à l’abri.

Permettez-moi de vous montrer rapidement l’espèce rurale, plus frustre, mais pas si différente de son cousin des villes. Sa façon de dissimuler est juste plus malhabile : on le voit venir de loin dans ses gros sabots. Pour celui-là, Mesdames, rien de plus facile que de s’en débarrasser : il suffit de prononcer des mots de plus de deux syllabes  pour le faire fuir.

Partons à présent à la recherche d’une espèce rare : l’homme sincère. Celui qui ne vous mentira pas pour se faire aimer, celui qui assumera ce qu’il est et chacun de ses actes, celui qui ne vous chargera pas du poids de ses fautes pour repartir plus léger. Oui Mesdames, c’est un peu comme la chasse au Dahut : tout le monde en parle, personne ne l’a jamais vu… mais imaginez un peu que nous le trouvions ! Quelle gloire pour nous ! Quel tableau de chasse ! Nous accrocherions sa tête dans le salon, entre l’homme des bois, le dandy et le salaud.

Allons allons ! Ne traînons pas ! En voiture Mesdames, le gibier n’attend pas !

Petite Tamara

Posté : 9 décembre, 2012 @ 11:12 dans Non classé | 5 commentaires »

Tu ne sais pas toute l’étendue de ton courage, ma jeune amie aventureuse.

Toi qui ne crains pas de partir à l’autre bout du monde,

Pour découvrir d’autres cultures, d’autres lieux et d’autres langues…

Tu ne sais pas toute l’admiration que j’ai pour toi,

Pour ce que tu as réalisé déjà et pour ce que tu réaliseras encore,

Car tu es jeune et tu as toute la vie devant toi.

Tu ne sais pas toute ta valeur,

A l’heure où on parle de celles et de ceux,

Qui attendent que leur tombe tout cuit,

Le job ou le destin en or,

Toi qui te bats à chaque seconde pour t’améliorer,

Pour être à la hauteur des espoirs qu’on place en toi.

Tu ne sais pas toute la force de ton âme,

Qui certes reste sensible à tant de choses,

Mais qui te mène loin, toujours plus loin…

Tu ne sais pas comme je t’aime,

Pour cette force et cette fragilité mêlées,

Pour ta maturité et ta fraîcheur,

Pour ce paradoxe vivant qui fait de toi un être riche et complexe.

Saleté de bateau !

Posté : 8 décembre, 2012 @ 1:24 dans Non classé | 1 commentaire »

Saleté de bateau qui prend la flotte !

T’écopes, t’écopes, mais il se remplit d’eau….

Pas un gilet de sauvetage à bord,

Pas un seul canot.

Il n’y a aucun capitaine, mille sabords !

Et pas non plus de matelots.

Tu navigues sans compas et sans carte,

De toute façon, le gouvernail est cassé,

Ce n’est pas toi qui choisis où tu vas.

Saleté de bateau qui suit le fil de l’eau.

Il va droit dans les tempêtes, les tourbillons et les récifs.

Tu peux ramer tant que tu veux, il s’entête et garde son cap.

Saleté de bateau…. mais qu’allais-je faire dans cette galère ?

Je n’ai pas demandé à vivre et je n’ai pas choisi ce qui m’arrive.

Se construire

Posté : 27 novembre, 2012 @ 2:05 dans Non classé | 2 commentaires »

Se construire pas à pas…. sur la pointe des pieds, en gardant l’équilibre.

Se construire pierre après pierre, en assurant autant que faire se  peut les fondations.

Se construire en laissant les ruines du passé derrière soi, user de nouveaux matériaux pour y parvenir.

Se construire pour atteindre le meilleur, le plus beau, réaliser ses rêves.

Se construire pour reprendre ce qui quelque part nous est dû : une once de bonheur.

J’avance

Posté : 26 novembre, 2012 @ 7:15 dans Non classé | 2 commentaires »

J’avance, aussi bien que je peux, aussi vite qu’il m’est possible.

Je résiste, à la douleur, au chagrin, à ce que je vis comme une traîtrise.

J’enfouis dans un coin de mon esprit, ce qui était des souvenirs chéris

Et qui sont à présent une torture.

Je pleure, mais sans larmes,

Je m’inflige autant d’efforts qu’il est nécessaire

Pour occuper mon esprit et rester ancrée dans le présent.

Je serre les dents, je serre les poings, je mobilise toutes mes forces..

Et j’avance, j’atteindrai tous mes buts et même plus croyez-le bien.

Mais si je doute, si je ne vais pas bien, s’il vous plait aidez-moi !

 

El caballero

Posté : 25 novembre, 2012 @ 9:25 dans Non classé, texte court | 1 commentaire »

Il a  fière allure sur sa monture, el caballero, avec ses bottes en cuir. Il avance nonchalamment sur la piste, les rênes à la main, ne guidant la bête qu’à l’aide de ses seules jambes. Son regard file au loin, ses pensées peut-être tournées vers la steppe qui s’étend là-bas, quelque part ou vers les canyons escarpés… On devine l’aventurier endurci à sa manière d’avancer sans crainte, presque conquérant.

Sa dulcinée admire ses exploits, à demi pâmée près d’une barrière en bois. Quelle émotion dans son regard ! D’ailleurs son visage reflète ses sentiments : ses joues sont roses, ses yeux  brillants.  El caballero passe près d’elle, descend de sa monture… le cours d’équitation est terminé. Il se penche vers elle. Vont-ils s’embrasser ? Eh non ! La voilà qui l’invective : son maudit cours n’en finissait pas et ne se rend-il donc pas compte du froid de canard qui règne ?

A coup sûr, elle a attrapé un rhume. Elle se sent un peu fiévreuse… El cabarello soupire. Ce soir le héros mangera de la soupe à la grimace !

 

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