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Archive pour la catégorie 'Passager de la nuit'

Passager de la nuit 15 : Paty dans la brume…

Posté : 14 juin, 2010 @ 7:06 dans Nouvelles, Passager de la nuit | 23 commentaires »

LE PRECEDENT EPISODE SE TROUVE ICI…

Emma s’est réveillée. Je sens ses pensées s’agiter. Je comprends que Thibault se soit senti attiré par un tel esprit : quelle merveille ! La faim qui monte en moi me mortifie. Il suffirait d’un rien pour que je cède à mes appétits et que je m’empare de ces rêves-là. Ma soeur… je suis un danger pour elle, une prédatrice prête à la dévorer. Mais il y a plus grave pour le moment. Ses intentions sont claires. Elle veut se jeter sur son ravisseur pour le désarmer. Elle présume de ses forces. Elle est encore un peu groggy et lui, tient une arme.

Je sens ses muscles se bander, ses yeux se poser sur le bras qui la menace. Elle évalue la distance, s’apprête à sauter et à s’agripper à lui pour le déséquilibrer. Dans le même temps, je l’entends lui, décider de ce qu’il va faire : appuyer sur la détente car il croit que cela fera apparaître Thibault. D’autres esprits sont en action : celui de Gaël qui se demande quelles sont ses chances d’atteindre Merry avant qu’il ne fasse feu et celui de Thibault qui me crie de le tuer….
J’hésite… trop longtemps au goût de mon fiancé qui choisit d’entrer en scène et de se montrer. L’autre en oublie Emma. Il jubile. Thibault, c’est le résultat de toutes ses recherches, la clé de l’immortalité. Je suis consternée par ce que je lis en lui. Il s’imagine qu’il va devenir un vampire des âmes à son tour. Il se voit puissant, prenant la vie des autres comme bon lui semble et surtout, il veut échapper à la mort.
J’entrevois à cet instant le gamin qu’il a été. Ce petit Nathaniel qui s’est réveillé au beau milieu de la nuit, mu par un besoin pressant. Il a descendu l’escalier de bois en évitant de faire grincer les marches. Un bruit étrange l’a immobilisé. Cela venait de la chambre de son grand-père. Il est remonté un peu pour écouter. Cela ressemblait à des gémissements. Il a pensé que son grand-père était malade et est allé jusqu’à sa chambre. C’est là qu’il a vu la fenêtre ouverte et l’homme dans le jardin qui s’éloignait. Un homme sombre, habillé de noir, qui n’a même pas jeté un regard en arrière… L’enfant a refermé la vitre et est retourné se coucher. Le lendemain, il demanderait à son grand-père qui était cet homme et ce qu’il était venu chercher.
Il avait dû trouver la réponse par lui-même… et cette réponse était Thibault ! « Je ne l’ai jamais rencontré, m’affirme celui-ci dans mon esprit. Pas plus lui que son grand-père. Mais je n’ai jamais prétendu être le seul de mon espèce ! » Nathaniel semble penser le contraire. Il est partagé entre son envie de devenir immortel et le désir plus humain de venger son aïeul. Son arme change de cible. Son doigt hésite sur la gâchette. Je ne l’entends plus penser. Pourquoi ? Que se passe-t-il ? Est-ce mon pouvoir qui me fait soudain défaut ? Non, c’est lui qui fait le vide dans son esprit. Il se concentre.
Je vois la scène se jouer au ralenti. Thibault qui s’avance en regardant droit devant lui, Nathaniel dont le doigt presse la gâchette, Gaël qui s’élance en sachant qu’il arrivera trop tard et Emma qui se relève brusquement en attrapant le bras de son ravisseur. Son intervention fait dévier le coup. Personne n’est blessé, mais je sens qu’un second coup va suivre et que celui-là sera mortel.
Alors, je lance toute la force de mon esprit sur notre ennemi. Il est surpris car je ne fais pas partie de ses données. Il a toujours ignoré mon existence, mais il cherche à me résister. Je brise toutes ses défenses. Je prends le contrôle et je tourne l’arme contre sa tempe… Le coup de feu est renvoyé par l’écho, tout comme le cri poussé par Emma. Gaël est près d’elle. Elle pleure sur son épaule.
Je ne sors pas de ma cachette. Je ne peux pas montrer à ma soeur ce que je suis devenue. Elle aurait trop de peine. Gaël et Thibault sont d’accord avec moi. Le premier parce qu’il pense qu’Emma remuerait ciel et terre pour me faire retrouver mon état d’être humain (même si c’est impossible). Le second parce qu’il veut me garder toute à lui. Je m’éloigne la mort dans l’âme.
Ma consolation est que je la laisse entre de bonnes mains. Gaël est encore un peu jeune, mais il fera un compagnon dévoué. Et puis, Emma est folle de lui depuis sa plus tendre enfance. Quel dommage que je ne puisse pas lire aussi l’avenir ! Thibault rit. Il a laissé nos tourtereaux en tête à tête. Il passe un bras autour de moi et ma joue collée contre sa poitrine, je me sens enfin à ma place.

« Paty ! » s’écrie soudain Emma en se détachant de Gaël. Le jeune homme regarde dans la même direction qu’elle. Il ne voit que les arbres et devine que le couple s’est éloigné depuis un moment déjà. Mais Emma semble percevoir des choses qui à lui, sont inaccessibles. Ses larmes se sont remises à couler et il croit l’entendre murmurer : « Sois heureuse ma soeur ! Où que tu ailles… »

FIN
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LA CHANSON QUI A SERVI D’IDEE DE DEPART ICI

Passager de la nuit 14 : Gaël perdu dans l’étrange.

Posté : 13 juin, 2010 @ 8:17 dans Nouvelles, Passager de la nuit | 17 commentaires »

LE PRECEDENT EPISODE SE TROUVE ICI

J’ai la tête à l’envers, complètement chamboulée. Surtout depuis que Paty est venue y faire un tour. Elle a trouvé que c’était le moyen le plus simple de me faire comprendre la situation… C’est surtout la manière la plus sûre pour me rendre dingue ! Bien entendu, j’ai compris l’essentiel : qu’elle lisait dans les esprits et que sa soeur courait un grave danger (comme si je ne m’en doutais pas !), mais le reste est obscur. Je ne suis pas certain de savoir ce qu’elle est devenue. Plus vraiment humaine, même si une part d’elle reste la Paty que j’ai toujours connue.
Celui que j’ai le plus de mal à cerner, c’est son compagnon. Il est du genre froid, un peu coincé… Si Paty n’était pas là, il ne s’intéresserait pas à Emma. En tout cas, pas pour la secourir, j’en mettrais ma main au feu ! Et puis, il me fiche la trouille. Quand le gars de la sécurité est mort, il n’a pas montré la moindre émotion, comme si c’était banal et sans importance. Je ne sais pas ce qu’il a fait du corps et je préfère ne pas y penser.
Paty rit : « Tu crois que Thibault l’a mangé ? Nous ne sommes pas cannibales, tu sais, dit-elle. » Je manque d’en perdre le contrôle de la voiture. Il faut qu’elle arrête d’entrer comme ça dans mon esprit ! « Promis, je ne le ferai plus, me murmure sa voix au fond de ma conscience » Elle se concentre de nouveau sur Emma et son visage retrouve son sérieux. Nous sommes proches d’elle à présent. Thibault, lui aussi en contact avec mon amie, me fait savoir que son ravisseur s’est arrêté.
Au détour d’un chemin, nous trouvons sa voiture, garée devant une maison délabrée. Il n’est plus dedans, naturellement. La voix de Paty résonne dans ma tête. Elle m’intime l’ordre de rester silencieux. Thibault nous montre des traces sur le sol. Nathan Merry, le cinglé qui a enlevé Emma, l’a traînée sur plusieurs mètres. Les empreintes nous conduisent à l’orée du bois. Il fait sombre comme dans un four sous les arbres. Comment allons-nous les retrouver ? Si seulement Emma était éveillée… Sa soeur pourrait la détecter et lui parler !
Paty propose une solution qui révolte Thibault. Elle va essayer d’entrer dans l’esprit de l’autre malade… Je ne pense pas que l’idée soit très bonne. Les pensées qui tournent dans cette tête-là ne doivent pas être tellement belles ! Mais Paty s’entête. Un trait de son caractère qui n’a pas changé ! Son regard se perd dans le vague tandis que son esprit tâtonne. Je ne sais pas comment ça fonctionne, mais je l’imagine se lançant en aveugle, comme une main tendue vers l’avant.
Elle pousse un petit cri et tombe à genoux. Elle l’a trouvé… Je n’aime pas du tout l’expression de son visage. Le désespoir l’a envahi. Emma ? Il a fait quelque chose à Emma ? Paty se reprend et me rassure : « Il n’a encore rien fait ! » Je n’aime pas non plus ce « encore » sous lequel se cache, je ne sais quelle menace. Nous reprenons la traversée entre les troncs et les ronces.
Une vieille cabane en rondins, à demi pourrie, apparait. Je n’ai pas besoin qu’on me le dise : Emma et son ravisseur sont à l’intérieur. Sent-il l’esprit de Paty effleurer le sien ? Voilà que Nathan Merry nous accueille en riant. Il traîne le corps inerte d’Emma en pointant un pistolet sur sa tempe. Je n’ose pas bouger, pas même pour regarder autour de moi. Il a les yeux braqués sur moi et son rire s’arrête net.
-Où est le vampire ? me demande-t-il.
J’ose enfin jeter un oeil sur ce qui m’entoure. Thibault et Paty ont disparu, mais la voix de mon amie retentit dans mon esprit :
-Mens-lui, gagne du temps… dit-elle.
Je m’exécute :
-De quoi parlez-vous mon vieux ? dis-je à Merry.
Je m’avance en espérant que les évènements ne vont pas déraper. L’arme est toujours dirigée contre Emma. La plus petite maladresse pourrait lui coûter la vie. Alors j’enchaîne :
-C’est Tom qui m’a dit que vous seriez ici… Il pense que vous avez perdu les pédales : laissez-moi vous aider !
-Tom est mort ! me répond-il. Le vampire l’a tué… De toute façon, il ne t’aurait rien dit à toi ! Jamais, il ne m’aurait trahi… Où est-il ? Hein ? Où es-tu vampire ? crie-t-il en tournant la tête dans tous les sens.
Il cherche l’ennemi qu’il a passé tant de temps à traquer. Il tient toujours Emma, mais n’a pas remarqué que ses yeux se sont ouverts.
Je voudrais la supplier de se tenir tranquille et de ne commettre aucune imprudence, mais la lueur de colère qui brille dans ses prunelles me fait craindre le pire.

A SUIVRE ICI…
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Passager de la nuit 1(nouvelle)

Posté : 29 mai, 2010 @ 7:09 dans Nouvelles, Passager de la nuit | 25 commentaires »

Lundi 15 mars

Sa voix chuchote à mon oreille. Basse, grave, délicieusement virile, elle me récite des poèmes ou me fredonne de curieuses chansons que je n’ai jamais entendus auparavant. Il y vante ma beauté, ma grâce, mes qualités de coeur… puis il me promet l’amour éternel, la félicité. Il semble connaître le moindre de mes désirs et les égrène, les uns après les autres, comme autant de promesses…

Mardi 16 mars

Est-ce un rêve ? Est-ce la réalité ? Quand sa voix s’est élevée, j’ai entrouvert les yeux. Je me suis montrée très discrète, car je ne voulais pas l’effrayer. J’ai distingué une silhouette, grande et svelte et ce qui m’a semblé être une chevelure bouclée. Les épaules était large, la taille élancée. Il était assis près de mon lit et se penchait sur moi. A-t-il entendu mon souffle s’accélérer ou était-il seulement le produit de mon imagination ? Il a disparu brusquement.

Mercredi 17 mars

Je l’ai attendu pendant des heures, mais il n’est pas venu. Sans doute se méfie-t-il maintenant qu’il a été démasqué…

Jeudi 18 mars

Rien… Je suis épuisée. J’ai veillé une grande partie de la nuit pour rien.

Vendredi 19 mars

Je ne suis qu’une pauvre folle… Visiblement, il n’a jamais existé ailleurs que dans mes rêves, mais je continue d’espérer sa venue. En vain.

Samedi 20 mars

Je ne sais pas ce que j’ai. Probablement de la fatigue. Je me suis traînée jusqu’à mon lit. Puis je me suis effondrée, happée dans un sommeil sans rêve.

Dimanche 21 mars

Ma journée a été… comateuse, il n’y a pas d’autre mot. J’ai bien peur que cette nuit ne m’apporte aucun repos ! Je ferme les yeux néanmoins et je sombre.

Lundi 22 mars

La nuit dernière a été peuplée de cauchemars. Je me suis réveillée en hurlant de terreur. J’étais fiévreuse et au plus mal… C’est alors qu’une main glacée s’est posée sur mon front et que sa voix m’a susurré des mots apaisants. Il était là à nouveau ! Tout est allé mieux ensuite. Je me suis rendormie et cette fois, j’ai pu prendre un vrai repos.

Mardi 23 mars

J’attends les yeux grand ouverts… Viendra-t-il ou attendra-t-il que je m’assoupisse ? Dans un coin de la chambre, une ombre bouge. Il s’approche doucement. Un rayon de lune vient frapper son visage. Que cet homme est beau ! Mon coeur se serre tandis qu’il s’installe à mon côté. Il sourit, puis pour la première fois, ses lèvres froides se posent sur les miennes. J’en suis toute saisie. Il prend ma main dans la sienne et presque aussitôt, le sommeil m’emporte.

Mercredi 31 mars

Mes journées sont mornes et dénuées de toute saveur. Je ne vis vraiment que la nuit, quand il est là et qu’il m’entoure de son affection. Je n’arrive toujours pas à me convaincre de sa réalité. Si c’est un rêve, je ne veux pas me réveiller. Si c’est de la folie, qu’on s’abstienne de me soigner ! Qui est-il ? D’où vient-il ? Je l’ignore et je m’en moque. Je ne souhaite qu’une seule chose : être avec lui.

Lundi19 avril

J’ai cessé d’aller travailler. Je n’en ressens pas la nécessité. D’ailleurs, le monde extérieur m’indiffère. Il n’y a que lui, rien que lui qui compte et qui fait battre mon coeur.

L’appartement est vide et silencieux. Dans la chambre de la jeune fille, posé sur son lit, son journal intime est ouvert. Le vent qui s’engouffre par la fenêtre joue avec les pages. Dans quelques jours, ses collègues, sa famille et ses amis s’aviseront de sa disparition… mais son absence, pour le moment, demeure inaperçue dans cette nuit un peu fraîche.
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A SUIVRE… ICI

 

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