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Nouvelles, contes et autres textes courts…

Archive pour la catégorie 'pour me soulager'

Les femmes sont des coquines

Posté : 27 octobre, 2012 @ 9:24 dans pour me soulager | 2 commentaires »

Les femmes sont des coquines : je sens bien leurs regards sur moi ! Elles me reluquent les fesses, dès que je leur tourne le dos. Bien sûr, quand nous sommes face à face, elles font mine de rien… Elles jouent l’indifférence, mais ça ne prend pas. Je sais qu’elles me veulent. J’en veux pour preuve les tenues aguichantes dont elles se parent.

Ce matin, par exemple, la boulangère, sous prétexte qu’elle avait chaud près du fournil, avait entrouvert sa blouse et quand elle m’a servi mon pain, j’ai surpris la courbe de son sein. Bien sûr, j’ai tout de suite su qu’il s’agissait d’une manoeuvre de séduction : pensez-donc ! J’étais le seul homme dans sa boutique. Ce n’était pas pour les clientes qu’elle s’était donné cette peine là !

La factrice quant à elle, a tenté un contact physique. Ce n’est pas pour rien que, comme par hasard, sa main a frôlé la mienne quand j’ai signé le reçu pour le colis qu’elle m’apportait. D’ailleurs, elle était ravie de l’aubaine : il fallait voir comme elle souriait ! Un sourire coquin et égrillard..; presque une invitation à la luxure !

L’épicière aussi m’a souri avec concuspiscence…. toute déçue de ne pas me voir entrer dans son magasin, condamnée à me contempler de derrière la vitre. La malheureuse ! Je me suis promis que j’irai la voir demain. Une telle attente ne doit pas être vaine !

J’ai croisé l’institutrice dont le manège m’amuse : elle emprunte exprès la rue par laquelle je rentre pour emmener ses élèves au gymnase ! Pour se trouver à ma hauteur au bon moment, elle est obligée de houspiller les enfants qui flânent un peu trop en chemin.

Juste avant d’entrer chez moi, j’ai eu le temps de voir ma voisine se précipiter sur son palier : elle voulait absolument que je vois le joli collant en voile qui gainait ses jambes… Ah ! Que d’efforts déployés pour me plaire (même si elle regarde toujours ailleurs pour ne pas avoir l’air intéressé) !

Après avoir rangé mes petites emplettes et chaussé mes pantoufles, j’ai allumé la télévision. C’était le bulletin météo. Sur l’écran, vêtue d’une robe affriolante, la présentatrice ne souriait que pour moi…

Les ombres

Posté : 17 octobre, 2012 @ 10:55 dans pour me soulager | 2 commentaires »

Je déteste les ombres car elles collent à nos pas,

On se retourne : elles sont toujours là.

Elles disparaissent parfois à la pleine lumière,

Mais c’est pour mieux revenir, sournoises à la fin du jour.

Je déteste les ombres car avec elles, on ne peut jamais rivaliser.

Elles sont toujours plus grandes, plus fines, plus rapides, plus lisses.

Dans leur obscurité protectrice, elles se parent de toutes les qualités.

Peut-on lutter avec ce qui est idéalisé ?

Je déteste les ombres car elles enténèbrent mon coeur.

La lumière n’y pénètre jamais assez pour parvenir à les chasser…

Bête de somme

Posté : 11 octobre, 2012 @ 3:44 dans pour me soulager | 1 commentaire »

Bête de somme dans pour me soulager hpim4269-225x300

Quand je nais, tout petit, tout velu, tout doux comme une peluche… on s’extasie sur ma beauté, mon poil soyeux, mes yeux si grands. On me bichonne, on me caresse, on me donne de mignons petits noms.  Poulain, je fais rêver les enfants, j’attendris les parents, tous veulent me serrer entre leurs bras, me câliner sans fin. Heureusement, ma mère veille au grain…. jusqu’à ce qu’on nous sépare ! Car les humains, ces barbares, n’hésitent pas à retirer les petits de sous leurs mères.

Le dur apprentissage commence. On me dresse, on me mâte. Cent fois on me répète les mêmes ordres, cent fois, on me faire faire les mêmes manoeuvres. On se moque bien de savoir si je suis fatigué, si je veux m’amuser ou si je préférerais qu’on me fiche la paix.  D’une claque sur l’arrière-train, on me fait tourner dans le manège.

Le débourrage arrive, cruelle épreuve qui consiste à hisser un cavalier sur mon dos. Je me rebelle : on fait siffler la chambrière à mon oreille.  J’apprends à courber l’encolure et à laisser ces fragiles hommes disposer de ma personne. Je suis à leur service. On me fait travailler du matin jusqu’au soir. Une vie de labeur, toute dédiée au plaisir de mes maîtres.

Puis un jour, je deviens vieux… Une bouche inutile que certains ne voudront pas nourrir. Si j’ai de la chance, on m’offrira une retraite bien méritée, au repos, parmi mes congénères…. mais c’est aléatoire et je peux aussi bien finir à crever sous la tâche ou au fond d’un abattoir, où un propriétaire peu scrupuleux, m’aura envoyé pour récupérer le prix de ma viande.

La grue

Posté : 23 juin, 2012 @ 12:25 dans billet d'humeur, pour me soulager | Pas de commentaires »

Certains lui trouvent de l’allure… Elle n’a en fait pour elle, rien d’autre que cette démarche dandinante propre à son espèce. Elle se pavoise, gonflée de son jabot de plumes. Elle avance à grandes enjambées, exagérant le geste à chaque fois que son pied s’étire. C’est qu’elle donne à contempler ses mollets trop maigres, mais qu’elle-même estime être le summum de la beauté.

Elle déambule altière, méprisant les autres oiseaux, les moineaux, les hirondelles, les mésanges… toutes ces créatures inférieures dont le pépiement l’agace. La grue serre le bec. Sans doute serre-t-elle une autre partie de son anatomie, car elle ralentit soudain, comme si ses pas se rétrécissaient. Elle regarde droit devant elle, mais je la soupçonne, la sournoise, de glisser un oeil ici ou là, pour voir si on l’admire.

Brusquement, elle touche au but de sa balade : mon bureau. La porte est fermée, ce qui ne l’empêche pas de battre des ailes et de pousser des cris pour qu’on lui ouvre. Et là, elle tient plus du dindon ou de la pintade, improbable croisement d’animaux de basse-cour. Le stupide animal voit-il son reflet dans la vitre ? Il ne semble pas comprendre qu’il s’adresse à une porte close…

J’ouvrirais bien pour lui expliquer… mais comment faire entrer la moindre idée dans un cerveau qui a la taille d’une tête d’épingle ? Je préfère attendre que lasse de s’égosiller en vain, la bestiole ne s’envole à tire-d’aile.

Je ne t’appartiens pas

Posté : 29 avril, 2012 @ 3:11 dans pour me soulager | 2 commentaires »

Elle avait entendu ces mots avec ravissement : « ma belle, mon amour, ma princesse, ma douce…. » A chacun d’eux, elle sentait son coeur se gonfler d’allégresse. Se pouvait-il qu’enfin, quelqu’un l’aime vraiment, elle et rien qu’elle ? Quelqu’un qui se levait le matin en pensant à elle, quelqu’un qui voulait tout partager avec elle ? Elle se sentait légère, comme soulagée du poids de cette solitude qui lui avait longtemps pesé. La vie tout à coup devenait douce, comme si un ange bienveillant s’était penché sur sa destinée…

Mais l’ange s’était brûlé les ailes…. C’était une créature déchue. Les mots qu’elle rêvait d’amour, en réalité étaient des chaînes, autant de marques de possession qui lui interdisaient d’aller où elle voulait, de fréquenter d’autres gens, de s’éloigner si peu que ce soit. Ces mots pour tout dire étaient froids comme l’acier… ils la réduisaient à l’état d’objet. Les « mon », les « ma » la privaient de sa liberté, celle qui justement lui permettait d’aimer, car l’amour se donne, il ne se prend pas, l’amour se partage, mais on ne le retient pas.

Alors la demoiselle s’en était allée, juste en murmurant ces quelques paroles : « Je n’appartiens qu’à moi ! »

 

Vulnérable

Posté : 27 avril, 2012 @ 1:13 dans pour me soulager | 6 commentaires »

Je suis à fleur de peau,

Sensible, trop sensible,

Comme écorchée vive :

Un souffle de vent

Qui m’effleure à peine

Et je hurle de douleur.

Je suis fragile, si fragile

Que si je me cognais

Fort contre un verre,

C’est moi qui volerais en éclats.

Je me sens faible, perdue,

A patauger dans ma détresse,

Je n’en sors plus, je m’englue

Et chaque jour un peu plus.

Je suis lasse, si lasse

Que me lever le matin relève de l’exploit.

C’est comme une montagne

Que je devrais gravir sans fin

En retombant encore et encore à son pied.

Ma vie me pèse parfois…

Malade

Posté : 13 avril, 2012 @ 3:54 dans pour me soulager | 3 commentaires »

Elle voudrait se préserver de cette maladie qui rend sourd et aveugle… et même bien bête parfois, mais hélas, on ne lui connait aucun vaccin. La voilà condamnée à lutter pied à pied à chaque instant pour repousser le moindre symptôme, la plus petite manifestation suspecte. Elle ne voudrait plus jamais souffrir de l’amour, ce virus qui est n’épargne rien sur sa route : ni la dignité, ni l’amour propre, ni même la raison…. Elle le repousse de toutes ses forces à chaque fois qu’il menace de pointer le bout de son nez. Elle fait table rase du passé, de peur qu’il ne revienne en force par là aussi. Elle ferme les yeux, met tous ses sens en berne pour l’empêcher de passer. Elle s’efforce de blinder son coeur, quitte à l’épuiser de pensées inutiles, pourvu qu’il ne puisse pas battre le tempo des sentiments amoureux.

Elle met des chaînes à ses rêves pour qu’ils ne volent pas trop hauts, des cloisons à sa vie par peur de la contagion. Elle se ment un peu aussi, préférant croire qu’elle éprouve de la pitié plutôt que de l’envie pour ceux qui ont déjà abandonné le combat… Elle pleure de rage et de consternation à chaque palpitation de ce coeur indiscipliné qui ne se plie qu’à ses propres règles. Et pour finir elle souffre quand même parce qu’il n’y a sur la voie qu’elle a choisie, que la solitude.

Je suis une rose

Posté : 12 mars, 2012 @ 2:57 dans pour me soulager | 5 commentaires »

Je suis une rose dans pour me soulager RedRose-300x216

Je suis une rose à l’enivrant parfum. Avant même que je ne sois éclose, on se penche pour me humer. Je fais tourner toutes les têtes et pas seulement par mon odeur. On m’envie aussi ma robe, tantôt de pourpre, tantôt blanche et immaculée, jaune et pétillante ou rose ou orangée… Mes pétales se déploient comme de gracieux volants et leur velouté ravit le sens du toucher des plus délicats. On me donnerait le Bon Dieu sans confession… et on aurait tort : comme toutes les roses, je suis aussi parée d’épines. Ne me touche pas qui veut !

De la féminité…

Posté : 1 mars, 2012 @ 9:09 dans pour me soulager | 1 commentaire »

De la féminité... dans pour me soulager silhouette_femme5-221x300

Ce n’est pas parce que je suis une femme que je te suis inférieure.

J’ai le droit au respect,

J’ai le droit à la parole,

J’ai le droit de faire mes choix…

 

Ce n’est pas parce que je suis une femme que je ne peux pas faire ce qui me plait

Je peux m’habiller comme j’aime et ce n’est pas pour te plaire,

Je peux dire ce que j’ai envie… eh oui ! Comme toi, même des conneries !

Je peux t’envoyer balader… après tout tu l’as bien cherché !

 

Ce n’est pas parce que je suis une femme que tu peux tout te permettre

Les écarts de langages : « t’es bonne », les insultes gratuites,

Les gestes déplacés, les remarques salaces (dégueulasses, mais je suis trop polie pour le dire)

les préjugés (laisse, t’es une fille, tu sauras pas faire !).

 

Ce n’est pas parce que je suis une femme que je dois tout accepter,

Je sais me défendre.

Je suis un être libre et pensant.

Le respect n’est pas une option : c’est une obligation.

 

Jours de sursis

Posté : 26 février, 2012 @ 10:30 dans pour me soulager | 1 commentaire »

Jours de sursis dans pour me soulager HPIM3076-300x225

Assis sur ton derrière,

La truffe au vent, tu humes le fond de l’air.

Tu es en sursis et tu l’ignores mon pépère.

Sans ta tête de chien, pas de place pour cette chose secondaire,

Qu’est cette maladie, cette tumeur trouvée par le vétérinaire.

 

Tu manges, tu joues, tu te promènes…

Et savoir que tu vas nous quitter déjà me peine.

C’est dans l’ordre des choses je le sais bien,

Mais cela n’empêche pas la venue du chagrin.

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