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Archive pour la catégorie 'réminiscences d’une autre vie'

Réminiscences d’une autre vie : épilogue

Posté : 28 mai, 2015 @ 9:27 dans réminiscences d'une autre vie | 6 commentaires »

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fin

Il était temps de rendre le journal de Flore et les documents qui l’accompagnaient à sa légitime propriétaire : Adélaïde. Je me dirigeai donc vers la maison de retraite des alouettes… J’avais hâte de discuter à nouveau avec la vieille dame. J’avais tant de questions à lui poser, sur Edouard et sur Clément surtout. J’avais envie de savoir quelle vie ils avaient eu après les événements… Lorsque j’arrivai devant la réceptionniste, celle-ci se montra embarrassée. Elle me pria de patienter et disparut dans un couloir. Elle revint accompagnée de la directrice de l’établissement. « Aïe ! me dis-je intérieurement. On dirait que je suis démasquée : ça sent les ennuis ! »

Je me trompais. La brave dame me prit les mains d’un air grave et me fit asseoir.

-J’ai une très mauvaise nouvelle à vous annoncer mademoiselle Ariège, me dit-elle. Votre grand-mère est décédée cette nuit. Je sais que c’est une piètre consolation, mais elle est partie dans son sommeil. Elle n’a pas souffert. Je vous présente mes sincères condoléances.  Votre cousine Florence va arriver d’un instant à l’autre. Vous pourrez discuter ensemble des dispositions à prendre…

-Je… j’ai besoin de prendre l’air ! balbutiai-je en me levant brusquement.

Je n’avais aucune envie de croiser ma « cousine », surtout dans de telles circonstances ! La directrice parut croire que j’avais envie d’être seule et ne me retint pas. Je posai le journal de Flore sur le siège que je quittais et pris la fuite comme une voleuse. Alors que je sortais, une femme en larmes descendait de sa voiture. Elle ressemblait tant à Flore telle que je l’avais vue en photo, que je ne doutai pas de son identité. C’était probablement son arrière petite-fille, Florence. Je la regardai entrer puis se saisir machinalement du journal que j’avais laissé. Une émotion intense se peignit sur son visage et elle le serra contre son cœur. Je pus partir tranquille : Flore avait été rendue à sa famille…

Réminiscences d’une autre vie : le journal de Flore 19

Posté : 26 mai, 2015 @ 10:44 dans réminiscences d'une autre vie | 2 commentaires »

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journal

Clément est à l’abri…. J’irai le chercher lorsque le calme sera revenu. Paul est parti pour….

.. panique, mais heureusement j’ai pu fuir. Mes affaires sont prêtes. Je n’ai plus qu’à passer dans la maison de chasse pour les reprendre. Plus que quelques heures et Edouard et moi serons libres ! Quelle joie !

Je ne suis pas tranquille…. Tout est trop calme.  Personne aux environs, ni sur les chemins, ni dans les champs…. Tant pis, j’y vais quand même, je ne peux plus attendre.

Le journal s’arrête là…. Du moins ce qui est écrit de la main de Flore. Quelqu’un d’autre s’en est emparé pour y inscrire ses pensées et je frémis en découvrant leur teneur.

Chienne…. Tu n’as eu que ce que tu méritais…. Je retrouverai ton bâtard et ton amant : ils te rejoindront dans la tombe, j’en fais le serment.

Pourquoi as-tu tout gâché ? Je t’aimais. Oh…. je t’aime toujours d’ailleurs ! Ne comprends-tu pas ce qu’il m’en a coûté de te livrer à cette bande de péquenots avinés ? Je n’ai pas supporté ce qu’ils t’ont fait subir. Ils ont payé pour ta mort, tous, jusqu’au dernier.

Arrête de me hanter ! Je vois ton visage partout où je regarde. Tu me poursuis jusque dans mon sommeil. Laisse-moi en paix ! Je n’en peux plus. Tes cris de douleur résonnent encore à mes oreilles et les larmes sur mes joues sont celles de la honte que je t’ai infligée. Je souffre Flore, je souffre mille morts. Je donnerais tout pour revenir en arrière. Je donnerais tout pour te revoir, pour que tu sois de nouveau à mes côtés.

Je sais où il est… le rejeton de ce misérable qui m’a pris mon épouse. Je vais m’en occuper, puis, je m’occuperai de son père ! Ensuite, je viendrai te rejoindre, car la vie sans toi m’est insupportable.

A la page suivante, l’écriture change à nouveau. Cette fois, elle est élégante et soignée et le ton est différent.

Mon Clément,

J’ai longuement réfléchi à ce que je devais faire de ces documents. Ils retracent l’histoire de ta mère et la mienne aussi… du moins une partie. Ils me rappellent de si cruels souvenirs que j’ai eu maintes fois envie de les détruire… Puis je me suis dit qu’ils étaient tout ce qui restait de Flore. Ses pensées, son cœur, y sont livrés sans fard. Elle y dit son amour pour nous, ses peines aussi et je ne veux te priver ni de l’un ni de l’autre.

Pour le moment, tu n’es encore qu’un petit garçon innocent. Tout ce que tu sais de ta maman, c’est qu’elle est allée rejoindre les anges. Un jour, lorsque tu seras un homme, je te permettrai d’accéder à la vérité. Tu sauras tout de tes origines… J’espère seulement que tu me pardonneras de t’avoir tu si longtemps ces tragiques événements.

Je t’aime mon fils. Je t’aime pour deux. Je suis tellement fier d’être ton père…

Ton papa, Edouard.

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Réminiscences d’une autre vie : le journal de Flore 18

Posté : 22 mai, 2015 @ 9:40 dans réminiscences d'une autre vie | 2 commentaires »

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journal

Le journal de Flore à partir de là ne porte plus aucune indication de date…. Certaines pages ont été déchirées, d’autres sont d’une telle saleté qu’elles sont illisibles. Je ne parviens à en lire que certains passages.

 

… douleur insupportable ! Mais le plus grand bonheur du monde aussi : me voilà mère ! Mon fils Clément  est la plus belle chose que j’aie jamais vu en ce monde ! Ses beaux yeux bleus lumineux, le duvet doré qui couvre sa tête et ses toutes petites mains qui se tendent vers moi emplissent mon cœur d’une joie ardente et d’une tendresse infinie. Paul le regarde avec indifférence. Tant mieux ! Je préfère qu’il ne s’en occupe pas.

 

…. dispute. Il a réveillé le bébé.  Autrefois, son visage tordu par la haine m’aurait effrayée, mais l’idée qu’il puisse s’en prendre à mon fils m’a galvanisée. Je me suis dressée contre lui. La surprise l’a stoppé net. C’est probablement la première fois qu’on lui fait face de cette manière. Mais je le referai cent fois s’il le faut pour protéger mon enfant.

Ce n’est plus tenable, il…..

… reçu un billet énigmatique. Je crois qu’il est d’Edouard, même si je reconnais à peine son écriture. Comme il a du souffrir !  Il me promet de m’arracher à Paul. Il voudrait que je le rejoigne avec notre enfant, mais je refuse absolument de le mettre en danger dans notre fuite. J’ai une meilleure idée : je vais le confier à…

Paul s’est absenté. Je n’ai que quelques heures pour mettre mon plan à exécution. D’abord mettre mon petit Clément en sécurité, ensuite ne pas partir les mains vides : je jetterai quelques affaires au fond d’un sac et nous pourrons enfin démarrer cette vie tranquille dont nous avons tant rêvé ! Comme je suis heureuse !

 

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Réminiscences d’une autre vie : lettre 6

Posté : 20 mai, 2015 @ 9:04 dans réminiscences d'une autre vie | 3 commentaires »

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lettre

Monsieur,

Comme vous l’avez demandé, nous avons suivi l’individu dans tous ses déplacements, mais je suis au regret de vous dire qu’il a échappé à notre surveillance aux abords de Paris. Bien entendu, nous mettons tout en œuvre pour retrouver sa trace et ce n’est qu’une question d’heures pour que nous y parvenions. Pour le moment, nous n’avons rien noté d’anormal dans son comportement. Il vaque à ses occupations et ne semble pas vouloir reprendre contact avec votre épouse.

Je vous fais parvenir le compte rendu de ses activités établi par mes agents. En vous en souhaitant bonne réception, je reste, monsieur, votre dévoué serviteur.

 

Noël Masse.

******************

Monsieur Masse,

Je ne vous paie pas pour savoir si Edouard Wilson est bien allé chez son barbier, ni pour connaître le menu de son déjeuner ! Veuillez me faire savoir au plus vite où il se trouve. J’enverrai des gens compétents l’intercepter. Cet homme représente un danger pour ma femme et notre futur enfant. Il a proféré de nombreuses menaces à notre encontre et vous comprendrez que j’ai à cœur de protéger ma famille.

En espérant recevoir prochainement de vrais résultats de votre enquête, je vous prie de croire, monsieur, à l’expression de mes sentiments distingués.

Paul Ariège.

 

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Réminiscences d’une autre vie : le journal de Flore 17

Posté : 18 mai, 2015 @ 11:00 dans réminiscences d'une autre vie | 2 commentaires »

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journal

 

10 janvier 1814

Je me suis réveillée au beau milieu de la nuit, le corps couvert de sueur… J’ai rêvé d’Edouard… ou plutôt de la mort d’Edouard. Dans mon rêve, Paul le torturait et finissait par le laisser se vider de son sang. L’estomac soulevé par la nausée, j’ai tenté de me lever et je suis tombée sur le carrelage. Je n’ai pas eu d’autre choix que d’appeler au secours, car j’étais trop faible pour remonter dans mon lit par mes propres moyens.

Paul est venu m’aider. J’aurais aimé qu’il ne me touche pas. Comme il m’a été difficile d’endiguer la vague de panique qui m’a submergée à cet instant ! Heureusement, mon époux a mis mes frissons sur le coup du malaise dont j’étais victime. Il a calé les oreillers sous ma tête et est parti chercher le médecin.

14 janvier 1814

Tout est confus dans ma tête. J’ai déliré pendant près de deux jours et je ne sais plus ce qui était réel et ce que j’ai rêvé. J’ai cru voir mon cher Edouard penché sur moi avec inquiétude, mais finalement, ça ne pouvait être que Paul, car lui seul entre dans la pièce. Il me donne à manger cuillère par cuillère, comme une toute petite enfant, il me fait prendre mes remèdes et me fait boire. C’est un garde malade très attentionné.

15 janvier 1814

Les yeux clos par la lassitude, je n’ai pas bougé tandis que mon mari entrait dans ma chambre. Il pensait que je dormais… Il a approché sans bruit une chaise près de mon lit et j’ai senti quelque chose d’humide tomber sur ma joue : des larmes. Entre mes cils, j’ai vu sa silhouette secouée par les sanglots. « Flore, Flore… gémissait-il. Ne pouvez-vous donc pas m’aimer ? » Il est resté là longtemps à pleurer, mais je n’ai pas bougé, trop heureuse de ne pas avoir à répondre à ses propos décousus. Quand enfin il est parti, j’ai pu respirer librement. Je ne veux pas de son amour. Je ne veux rien de lui.

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Réminiscences d’une autre vie : le journal de Flore 16

Posté : 15 mai, 2015 @ 11:39 dans réminiscences d'une autre vie | 3 commentaires »

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journal

1er janvier 1814

Bonne et heureuse année ! C’est ce que j’entends partout… Comment l’année pourrait-elle être bonne ou heureuse ? Je suis épuisée par ma grossesse et par mes crises de larmes incessantes. Je ne peux pas m’empêcher de pleurer en pensant à l’avenir qui m’attend. Paul est fou. Je n’ai plus le moindre doute là-dessus. Je partage sa vie depuis quelques mois et peu à peu sa nature reprend le dessus. Il parle seul, très souvent, s’emporte contre d’invisibles interlocuteurs. Parfois, il sanglote comme un enfant et la minute suivante, il rit à gorge déployée. J’ai voulu en parler au médecin la dernière fois qu’il est venu m’ausculter, mais il a regretteé de ne pas pouvoir me prescrire de calmants… comme si c’était moi la malade !

03 janvier 1814

Il neige.  Tout est blanc dehors… tout sauf le pas de notre porte. Il est souillé de sang. Je n’ose pas demander à Paul d’où viennent ces traces car il a un regard étrange aujourd’hui, presque fiévreux et il arpente la maison en marmonnant. Les domestiques l’évitent. Sans doute savent-ils des choses que j’ignore.

05 janvier 1814

Un de nos voisins est venu se plaindre de la disparition d’un de ses chiens. Quelqu’un le lui a dérobé il y a deux jours. Il était enfermé dans le jardin et n’a pas pu sortir seul. Avec le froid qui règne, son maître craint pour sa vie.  Je ne partage pas son inquiétude. Je suis certaine que son chien ne souffrira pas… enfin plus. Paul avait un sourire des plus malsains en écoutant l’homme exposer ses craintes. La seule chose qui me rassure, c’est que le sang devant chez nous, n’était pas du sang humain.

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Réminiscences d’une autre vie : le journal de Flore 15

Posté : 12 mai, 2015 @ 11:18 dans réminiscences d'une autre vie | 3 commentaires »

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journal

28 novembre 1814 :

Mon entreprise fonctionne au-delà de mes espérances. Paul est sous le charme. Prévenant, plein d’attentions, il me comble de cadeaux et passe le plus de temps possible auprès de moi…Ce dont je me passerais bien du reste. Plus que jamais, sa présence m’importune. Cet homme est vain, sans profondeur, frustre jusque dans ses sentiments. Rien ne compte plus à ses yeux que le pouvoir et la possession. Principe qu’il applique aussi bien dans les affaires d’argent que dans les affaires de cœur. Mon dégoût pour sa personne est toujours aussi

vif…. Que le ciel me vienne en aide ! Je dois absolument dissimuler le fond de ma pensée.

29 novembre 1814 :

Ma belle-mère est une harpie… Je n’avais pas eu l’occasion de la côtoyer jusqu’à présent, mais elle est venue passer quelques jours sous notre toit pour veiller sur son précieux fils et m’accabler de conseils, de mises en garde en tous genres et surtout de son mépris. Je ne la supporte pas. Elle est toujours dans mon dos à surveiller ce que je fais et la manière dont je le fais. Je n’en peux plus de ses remontrances et de ses réflexions acides.

30 novembre 1814 :

Je n’aurais jamais cru qu’une telle chose arriverait ! Paul a jeté sa mère dehors…. presque au sens propre tant l’échange entre eux a été houleux ! Il l’a surprise tandis qu’elle s’adressait à moi sur son habituel ton condescendant. Sa réaction a été immédiate. Il l’a obligée à me présenter des excuses avant de la mettre à la porte sans tambour ni trompette. Loin de me sentir rassurée, cette façon qu’il a de faire le vide autour de moi m’effraie. Croit-il que nous pourrons vivre seuls au monde tous les deux ? Personnellement, je ne le souhaite pas.

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Réminiscences d’une autre vie : le journal de Flore 14

Posté : 25 mars, 2015 @ 10:05 dans réminiscences d'une autre vie | 3 commentaires »

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journal

22 novembre 1814

Mon plan est simple. Je vais gagner la confiance de Paul en usant des sentiments qu’il semble éprouver pour moi, car je suis convaincue qu’il m’aime… d’une manière violente, tordue et vaguement effrayante : à son image ! Bien sûr, il va falloir faire preuve de patience. Si je lui saute au cou dès maintenant, il va se douter de quelque chose. Et puis, ce serait trop dur pour moi. Je ne suis pas une très bonne comédienne. Je vais me rapprocher de lui progressivement.

23 novembre 1814

Il n’y a que le premier pas qui coûte. Ce n’est pas grand chose, mais j’ai passé l’après-midi avec mon mari dans son bureau et je l’ai aidé à trier ses papiers. Il a paru surpris au début, mais quand je lui ai dit que je devenais à folle à rester inoccupée, il ne s’est plus étonné de rien. Nous avons à peine échangé quelques mots, mais j’ai bien vu que ma présence lui faisait plaisir. Je ne dirais pas que je me suis amusée, mais du moins ne me suis-je pas ennuyée et pour la première fois depuis des jours, je n’ai pas ressassé de noires idées. Je vais toujours mieux quand je me lance dans l’action !

24 novembre 1814

J’ai accepté d’accompagner Paul au théâtre dans deux jours. Nous ne sommes pas sortis en public depuis notre mariage. Etre pendue à son bras ne m’enchante guère, cependant, ce sera une occasion supplémentaire de mener à bien mes projets. Et puis… qui sait si Edouard ne sera pas dans les parages ? Edouard… Je ne dois pas y penser. Je dois rester concentrée sur mes objectifs. Je dois séduire Paul, c’est la seule façon de lui fausser compagnie !

 

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Réminiscences d’une autre vie : le journal de Flore 13

Posté : 23 mars, 2015 @ 11:35 dans réminiscences d'une autre vie | 3 commentaires »

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19 novembre 1814

Le corps d’un homme a été retrouvé dans la rivière en aval… Son visage était tellement tuméfié que les autorités n’ont pas réussi à l’identifier. Mais moi, je sais de qui il s’agit : c’est notre malheureux jardinier. Au cas où il me resterait un doute, Paul est venu me dire qu’il l’avait congédié la veille. Serais-je « congédiée » moi aussi, si jamais je m’aventurais à lui tenir tête ? Son attitude à mon égard est déroutante. Tantôt menaçant et violent, tantôt doux et attentionné, je ne sais pas qui est le véritable Paul. Je crois que deux personnalité cohabitent en lui. C’est toujours une de trop !

20 novembre 1814

Suzanne est de plus en plus odieuse. Elle se permet certaines réflexions que je juge tout à fait déplacées, notamment en ce qui concerne mon futur enfant… Je l’ai entendue maugréer quelque chose à propos de mon « bâtard ». Mon sang n’a fait qu’un tour. Dieu m’est témoin que je déteste la violence, mais j’ai foncé sur elle et je l’ai giflée. Une tigresse sommeille en moi. Je viens de le découvrir. Au lieu de faire profil bas, elle a pris un air furibond et m’a dit que « Monsieur Paul serait avisé de mon comportement. » Puis elle est sortie et je ne l’ai pas revue de toute la journée.

21 novembre 1814

Le retour de Suzanne m’a mortifiée… pas seulement à cause de sa présence détestable : son œil violacé témoigne du traitement qu’elle a reçu de mon mari pour lui avoir rapporté ses propos. Certes, je n’ai aucune pitié pour cette idiote, mais cela me conforte sur l’opinion que j’ai de Paul. Il suffit de voir comme ma femme de chambre se recroqueville quand il est là pour comprendre de quoi il est capable, même face à une faible femme. C’est pourquoi j’ai décidé de jouer les femmes dociles et reconnaissantes, car je ne sortirai d’ici que par la ruse.

 

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Réminiscences d’une autre vie : le journal de Flore 12

Posté : 19 mars, 2015 @ 10:40 dans réminiscences d'une autre vie | 2 commentaires »

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journal

16 novembre 1814… suite

J’aurais du être plus prudente et me méfier de Paul… J’ai déplié le précieux billet alors que je pensais être seule et tranquille, mais quelqu’un m’a saisi la main et m’a arraché le mot d’entre les doigts. Ce quelqu’un, c’était Suzanne. Ses yeux brillaient d’une joie malsaine. « Monsieur Paul ! Monsieur Paul ! a-t-elle crié. Venez voir ce que Madame dissimulait ! » Mon époux est apparu comme par enchantement. Il a calmement parcouru les quelques lignes écrites par Edouard, puis il s’est tourné vers son âme damnée : « Vous pouvez nous laisser Suzanne, a-t-il dit. Je dois parler avec Madame. » Dès qu’elle a refermé la porte, il m’a giflée violemment. « Apprenez à vous tenir à votre place Flore ! Vous n’êtes pas une fille pour recevoir de la sorte, les messages d’un vil aventurier. Vous êtes ma femme. Vous portez mon nom et j’entends que vous le respectiez. Avez-vous pris connaissance de son contenu ?  » Il me sonda du regard, mais ma détresse me trahit. « Bien, dit-il satisfait, alors n’en parlons plus ! » Il jeta le billet dans la cheminée et ne sortit que lorsqu’il se fût consumé.

17 novembre 1814

J’ai été réveillée par des cris au beau milieu de la nuit. Paul n’était pas dans le lit. Je me suis levée et me suis dirigée vers le bruit. Ce que j’ai découvert m’a glacé le sang. Paul, entouré de quelques uns de ses amis battait le jardinier à coup de cravaches. Le malheureux, entravé par des cordes ne pouvait pas seulement se défendre, ni même se dérober aux coups. La peau de son dos était ensanglantée. J’ai étouffé un cri d’horreur, mais Paul m’a vue et il s’est précipité pour me fermer la porte au visage. Affolée, j’ai voulu chercher de l’aide auprès des domestiques, mais pas un n’a voulu sortir de sa chambre pour secourir le pauvre homme. Ils semblaient tous terrifiés. Les cris ont fini par s’arrêter et je suis retournée dans mon lit, complètement bouleversée. Paul m’a rejointe quelques instants plus tard. Heureusement, il ne m’a pas touchée. Je n’aurais pas pu le supporter.

18 novembre 1814

Où est le jardinier ? Il n’a pas refait surface. Je n’ai pas osé poser la question à Paul, car je commence à entrevoir quel genre d’homme il est : un monstre prêt à tout pour asseoir son autorité, même au pire. Je ne veux pas élever mon enfant avec lui. Mon Dieu, faîtes que je trouve le moyen de lui échapper !

 

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