Nouvelles en vrac

Nouvelles, contes et autres textes courts…

Archive pour la catégorie 'texte court'

Je pète la forme !

Posté : 29 mai, 2015 @ 8:38 dans texte court | 3 commentaires »

Big Jump

Je pète la forme les amis, c’est moi qui vous le dit ! Certes, j’ai bien quelques cernes sous les yeux et le teint un peu verdâtre, mais c’est parce que je ne dors plus depuis plusieurs jours… C’est sûrement passager ! D’ailleurs, je ne suis pas fatiguée, je pourrais sauter, courir, danser jusqu’au bout de la nuit… Enfin, si je n’avais pas si mal aux genoux. Pas de quoi s’inquiéter hein, ça arrive à tout le monde des petites douleurs quand on prend de l’âge. C’est vrai, j’ai aussi mal au dos, mais pour le moment je ne suis pas encore restée coincée ! La machine fonctionne toujours.

Je pète le feu de Dieu ! Le moral hyper boosté, forte dans ma tête… des larmes ? Ah oui, je n’avais même pas senti qu’elles coulaient. C’est fou non ? Mais ça confirme ce que je dis, lorsqu’on pense que tout va bien, eh ben tout va bien ! La cigarette, l’alcool ? J’arrête quand je veux… c’est juste pour m’aider à calmer mes nerfs. Mais non, je ne suis pas dépressive ! Tout va bien je vous dis ! Je suis solide comme un roc ! Si je voulais, je pourrais soutenir le monde entier.

J’ai la baraka, un truc de dingue. Tout me réussit ! Mon surendettement ? Mon expulsion? Et… mon divorce ? Broutilles ! Y’a pas que ça dans la vie ! Je sens que plein de bonnes choses sont sur le point de m’arriver. Mieux même, j’y crois ! Parce que la roue tourne, elle ne s’arrête jamais. Parfois on a la tête en bas, mais c’est pour mieux remonter. J’en suis là. Je remonte la pente. Pas pressée d’arriver en haut, je prends mon temps.

Ma tentative de suicide ? Euh… un accident. Une petite pulsion morbide qui m’a saisie par surprise. Rien de grave ni d’inquiétant. Alors s’il vous plait, laissez-moi sortir de cette clinique : je suis prête à affronter le quotidien !

Sois beau et tais-toi…

Posté : 19 mai, 2015 @ 10:19 dans texte court | 4 commentaires »

« Sois beau et tais-toi ! » C’est ce qu’elle me dit à chaque fois que nous nous voyons.  Pour lui complaire et ne pas la déranger, j’obtempère et je me mets dans un coin immobile et silencieux. Je n’ai pas besoin de poser les yeux sur elle pour sentir son regard fixé sur moi. Personne d’autre ne m’a jamais regardé avec une telle intensité.  Il y a tant de passion dans sa prunelle que c’en est presque indécent. Mes traits, mon attitude, tout est passé au crible, imprimé sûrement dans son cerveau.

Elle ne me parle pas. Pourtant elle est concentrée sur ma personne, mais je suis comme un objet entre ses mains. Elle ne souhaite pas me faire la conversation. Ce qui l’intéresse, c’est ma plastique et rien d’autre. Elle m’a choisi pour ma musculature, mon profil qu’elle trouve atypique et aussi… pour mes beaux yeux ! Ne croyez pas que je m’en plaigne : je me suis fait une raison. C’est le métier qui veut ça. .. car je suis modèle professionnel et même si cette artiste peintre me dévore des yeux, je sais bien au fond que ce n’est que pour l’amour de l’art !

homme objet

Nettoyage de printemps

Posté : 20 mars, 2015 @ 10:38 dans texte court | 3 commentaires »

Amédée était une grosse araignée. Elle habitait sous l’escalier. Toujours occupée à tisser. Elle créait des liens, recherchant des autres insectes l’amitié. Mais comment pouvait-elle y arriver ? Elle finissait à chaque fois par les manger !

Balthazar était un vieux cafard. Il vivait au fond d’un placard et se prenait pour un tzar.Ce n’était pas par hasard, qu’il préparait son thé avec un samovar… Un samovar bizarre, un samovar de cafard !

Camillo était un asticot. Sa tanière était derrière le frigo. C’était un petit rigolo qui faisait des blagues à gogo et rêvait d’apprendre le banjo. Hélas, quand on est un asticot, on est de toute façon manchot !

Dalila était un cancrelat, de Balthazar la cousine, elle gîtait sous un matelas. Elle s’adonnait au mannequinat avec sa belle couleur chocolat, une vraie robe de gala !

Emilio était un escargot. Il adorait baver sur les carreaux. Son ambition était de gravir un jour le Kilimandjaro, mais pour y aller il lui fallait une auto, c’est pourquoi, il jouait au bingo dans l’espoir de décrocher le gros lot.

Au beau milieu de la comptine, je me suis réveillé… et je me suis dit « Mon vieux, prends ton seau, de l’eau, du savon et un balai et chasse bien vite tous ces parasites de ton logis. Le printemps arrive, il est grand temps de se mettre à un nettoyage de saison ! »

ménage

 

Ode au bedon

Posté : 10 mars, 2015 @ 10:25 dans texte court | 4 commentaires »

bedon

On t’a souvent dénigré, critiqué, cherché à te faire disparaître, toi le petit bedon qui te dresse insolemment dans la jungle des ventres plats, des estomacs creux et autres abdomens en forme de plancha. Et pourtant, tu es si doux pour poser la joue d’une enfant ou celle d’un amant, si tendre, si moelleux, tellement accueillant ! Ta générosité te fait du tort dans ce monde ou l’individualisme est roi ou l’uniformité est reine. Hélas, toi, tu sors du rang. On te voit de loin car tu dépasses… Tu sors du cadre, tu ne te plies pas aux normes. Ceux qui n’ont pas la chance de te posséder ceux moquent de toi : j’aime à croire que c’est par jalousie. Ceux qui comme moi, vivent avec ta bonne bouille rondouillarde, te cachent : j’ai bien peur que ce soit par honte. Mais moi, mon petit coussin, ma réserve pour les jours arides, ma petite bouée… moi je t’aime et je te le dis : toi et moi c’est pour la vie !

Que je t’aime….

Posté : 7 mars, 2015 @ 10:27 dans texte court | 3 commentaires »

Que je t’aime quand tu me caresses doucement, chauffant ma peau et tout mon être !

Que je t’aime quand tu me donnes chaud et que tu m’enflammes, me faisant monter le rouge aux joues …

Que je t’aime quand tu éclaires pour moi les choses d’un jour nouveau, à ta lumière tout me semble si beau !

Que je t’aime quand tu m’accompagnes tout le long du jour, suivant la même route que moi.

Que je t’aime quand tu reviens après une longue absence, mon ami, tu resplendis.

Soleil, soleil, que je t’aime !

Un nom sur ma maladie

Posté : 5 mars, 2015 @ 9:44 dans texte court | 4 commentaires »

stethoscope

Voilà, ça continue… Je souffre et tout le monde se moque de moi : ma femme, mes filles, les voisins. Pourtant, je vous assure que cet aphte au fond de ma bouche est très douloureux ! En fait, je me demande même s’il ne suppure pas. Et puis, je trouve aussi que ma langue est gonflée. A bien y réfléchir, elle me fait mal. Et si c’était un cancer ? Ou une bactérie exotique ? Plus j’y pense et plus ça empire… Le dentiste, quand je l’ai consulté pour ce qui me semblait être une terrible infection gingivale, a prétendu que j’avais du me mordre dans mon sommeil… Me mordre ! Et puis quoi encore ? En plus, il a déclaré que je n’avais pas d’infection et s’est contenté de me faire un  détartrage (une vraie torture !).

Le généraliste, lui, m’a conseillé d’aller voir un psy. Croit-il donc que les maux dont je souffre sont imaginaires ? Ce n’est pas parce que cet imbécile de gastro-entérologue n’a pas su déceler ce qui me ronge l’estomac et les intestins, que je n’ai rien. A mon avis, leur batterie d’examens : fibroscopie et coloscopie, n’est pas fiable, voilà tout ! J’ai consulté aussi pour mon dos qui doit être désarticulé, même si les radios ne le montrent pas et pour mes varices, que le phlébologue ne voit pas (probablement parce qu’elles sont sous-cutanées).

Enfin, en désespoir de cause, j’ai changé de médecin et j’en ai trouvé un qui me prend au sérieux. La preuve, c’est qu’il a immédiatement su donner un nom à ma maladie : hypocondrie. A présent, je suis sous traitement et ça va bien mieux. Le médicament qu’on me donne ? Un truc révolutionnaire et surpuissant qui fait taire toutes mes douleurs : le placebo. Je revis !

M’sieur grognon

Posté : 3 mars, 2015 @ 10:28 dans texte court | 2 commentaires »

monsieur grognon

Il se lève à peine qu’il marmonne… La cafetière, le réveil et le grille-pain se sont ligués contre lui. D’ailleurs, c’est bien simple : le monde entier complote pour lui pourrir la journée ! Il écoute les infos et discute avec le journaliste qui pourtant ne l’entend pas. Il lui dit qu’il voit clair dans son jeu, qu’il sait bien que toutes les actualités ont été créées spécialement pour lui saper le moral. Il boit son café, trop chaud bien sûr, en trempant sa biscotte qui fait exprès de s’émietter dans sa tasse.

M’sieur grognon prend ensuite sa douche en pestant contre la température de l’eau, le savon qui glisse et qui lui pique les yeux. Il s’habille en s’agaçant des boutons récalcitrants à se loger dans leur boutonnière, des lacets qui filent entre ses doigts sans vouloir former une boucle correcte. Il engueule ensuite ses clés de voiture qui jouent à cache-cache, celles de la maison qui refusent d’entrer dans la serrure et je vous passe les jurons et les imprécations qui sortent de sa bouche tandis que sa voiture se faufile dans la circulation.

M’sieur grognon claque la portière avec rage avant d’entrer dans son entreprise et quand il passe la porte, s’opère en lui la plus incroyable des transformations. Un sourire apparaît sur ses lèvres, il salue ses collègues avec cordialité, serre des mains et baise des joues qui fleurent bon le parfum et les cosmétiques. M’sieur grognon est un animal social, il sait se tenir. Il ne relâchera la pression que ce soir, sur le chemin du retour et laissera de nouveau libre cours à sa colère contre ce monde qui le persécute…

Monstres et compagnie

Posté : 28 février, 2015 @ 10:36 dans texte court | 1 commentaire »

Tout a commencé lorsque j’avais dix ans… Un soir, alors que je me couchais, j’entendis clairement un grognement sous mon lit. Tétanisé, je remontai la couverture au-dessus de mon nez et je restai immobile. Qu’est-ce que ça pouvait bien être ? N’avais-je pas rêvé ce bruit effrayant ? Au bout d’un quart d’heure, je me décidai à remuer timidement… un nouveau grognement se fit entendre aussitôt.

Plus de doute possible : une horrible créature avait élu domicile sous ma literie ! Je restai éveillé longtemps, sans seulement oser appeler mes parents à mon secours. Le sommeil finit néanmoins par avoir raison de moi et je m’endormis. Au petit matin, à la lumière du jour, je trouvai le courage de sauter de mon lit pour m’enfuir dans le couloir et frapper à la porte de la chambre de mon père.

A demi somnolent, il me suivit jusqu’à mon lit et se mit à genoux pour regarder « la bête » qui était supposée se trouver là. Hélas, elle s’était envolée ! Je reçus l’ordre de me recoucher car « Mince ! On était dimanche : il ne fallait pas exagérer ! » Mais à peine mon père eut-il tourné les talons que les grognements reprirent.

Mon calvaire se poursuivit les jours suivants. Je ne voulais plus me coucher, mais naturellement, les adultes m’y obligeaient, totalement hermétiques à mes histoires de monstres et de grognements. Face à cette injustice, il ne me restait qu’une solution : agir par moi-même et faire face à la créature !

Après le baiser maternel du soir qui clôturait le coucher, je pris une profonde inspiration et je me penchai hors du lit pour regarder ce qui se cachait en-dessous. D’abord, je ne vis rien. Puis deux yeux oranges et flamboyants apparurent, suivi d’un grognement qui me parut familier. C’est alors qu’il me vint une idée : « Il ne faut pas avoir peur, dis-je doucement. Tu peux sortir, je ne te ferai pas de mal ! »

Une hideuse bestiole rampa jusque sur la descente de lit. Elle tenait à la fois du lézard et du singe et une crinière bleuâtre se hérissait sur sa tête. Je risquai une caresse furtive et la bête ferma les yeux de plaisir. Ma peur envolée, je fis d’elle un compagnon de jeu. D’ailleurs, je ne tardai pas à découvrir que d’autres « monstres » peuplaient la maison, ne sortant que la nuit. Je me fis ainsi de nombreux amis et ce que je perdis en sommeil, je le gagnai en moments de bonheur, car toutes ces bêtes étaient amicales.

Malheureusement, rien dans ce monde ne dure jamais… Il m’arriva une tuile qui me priva de mes amis. Un jour, je grandis. Je ne sais pas comment ni pourquoi cela se produisit, mais je ne pus rien faire pour enrayer cette maladie. A vrai dire, je n’en eus même pas conscience… Ces évènements ne me reviennent que maintenant, alors que je suis aux portes de la mort. Ici, dans la maison de retraite des glycines, on pense que je perds peu à peu la tête…

Bien sûr, je m’en moque car vous savez quoi ? Tous les soirs, quand je me retourne dans mon lit, je l’entends à nouveau, le grognement de mon ami à la crinière bleue.

 

Dieu et l’autre…

Posté : 26 février, 2015 @ 11:20 dans texte court | 2 commentaires »

Dieu et l’autre commencèrent leur jeu à l’aube des temps.

Dieu créa la Terre.

L’autre l’anima de cataclysmes.

Dieu créa ensuite l’homme…

L’autre lui envoya l’ennui.

Dieu rétorqua en créant la femme et en ordonnant à ce premier couple de s’aimer…

L’autre leur inspira le désir qui mène à la désobéissance.

Dieu chassa ses enfants du paradis pour les punir.

L’autre leur souffla « votre père est un père indigne ».

Depuis les hommes se divisent sur des questions religieuses :

Certains croient à un dieu vengeur et terrible,

D’autres à un Dieu qui n’est qu’amour et compassion,

D’autres enfin n’y croient plus du tout et  se moquent de leurs congénères si pieux…

Et pendant ce temps, l’Autre, celui qui tour à tour se fait appeler Satan, Diable ou Belzébuth,

Persiste à troubler le jeu de Dieu en se frottant les mains : la nature des hommes lui rend la tâche si facile !

Le glas

Posté : 3 décembre, 2014 @ 3:13 dans texte court | 2 commentaires »

Le glas dans texte court eglise-cloche-225x300

Le glas sonne à l’église et son funeste bourdonnement résonne dans les rues du village. Triste est sa musique qui appelle les fidèles à la prière… mais plus triste encore est l’absence des fidèles pour venir honorer la mémoire de celui pour qui sonne le glas. Il n’avait donc ni ami, ni famille pour que le parvis reste désespérément désert ?

Une cérémonie est donnée à l’intérieur, mais pour quels spectateurs ? De vieux fantômes peut-être y assistent avec leurs yeux morts, nul ne saurait le dire, pas même le prêtre qui officie consciencieusement et qui ignore ces fidèles-là. Le cercueil sort enfin, porté par les employés des pompes funèbres et le cortège se limite au seul corbillard qui emmène le défunt vers sa dernière demeure : la terre froide où il ira nourrir les vers.

Je ne veux pas finir comme ça : qu’on brûle ma dépouille quand sera venu mon tour et qu’on fasse la fête. Pas de glas pour mon décès, mais de la musique et que vienne qui en aura envie ! Je serai sûrement là, invisible, à contempler les vivants et je suis certaine de préférer les voir sourire plutôt que de pleurer.

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