Nouvelles en vrac

Nouvelles, contes et autres textes courts…

Une vocation (partie 15… fin)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 12 octobre, 2015 @ 11:12

the end

-Félicitations, dit-il en se grattant la barbe, vous êtes les premiers à avoir accompli la totalité de votre épreuve ! Vous permettez ? demande-t-il ensuite en nous montrant l’œuf de dragon noir.

-J’ai pris le plus gros, déclaré-je fièrement.

Le mage me sourit, saisit l’œuf et à mon grand désarroi, le fait passer à travers le portail.

-Hé ! Qu’est-ce que vous faîtes ? proteste Hahès.

-Du calme, mon garçon ! répond tranquillement le mage. Votre épreuve a été validée. Il n’y a aucune raison de garder cet œuf ici ! Imagine la catastrophe s’il venait à éclore dans l’académie ! Si vous voulez bien vous diriger vers la sortie… Vous êtes attendus !

Ashra en personne nous accueille. Elle tente de rester neutre en serrant Dhiny dans ses bras, mais elle est rose de fierté maternelle. Hahès s’incline poliment devant elle, cependant, je le trouve un peu raide. Aussitôt qu’on nous remet nos ceintures, symboles de notre appartenance à l’académie, il s’empresse de disparaître. Je ne le reverrai pas avant des années…

Mon oncle vient à ma rencontre et m’étreint avec émotion. Il est heureux de ma réussite et pourtant, je perçois une tristesse inexplicable en lui. Je ne tarde pas à comprendre pourquoi quand il m’annonce qu’il va retourner vivre sur notre colline. Je proteste, je veux partir avec lui, mais il ne se laisse pas fléchir. Ma place est à Drys. C’est ici que je ferai carrière, ici que je ferai ma vie.

C’est un déchirement que de nous séparer, d’autant que je sais au fond de moi que nous ne nous reverrons pas. Les années passent. Dhiny et moi sommes toujours amies. La différence, c’est que je suis une vieille femme, mais qu’elle est préservée grâce à la magie. Hahès est devenu quant à lui un sombre mage. Les rumeurs qui courent sur son compte font froid dans le dos. Le monde change, mais il change sans moi. Je suis toujours la même, cette petite fille qui grimpait aux arbres pour chercher leur protection.

Ma vocation n’a pas changé non plus : jusqu’à mon dernier souffle, je n’aurai pas d’autre titre que celui d’herboriste.

Fin

Une vocation (partie 14)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 9 octobre, 2015 @ 9:25

oeuf

Nous dévalons la montagne à grande vitesse. L’œuf est terriblement lourd entre mes bras. J’ai hâte de m’en débarrasser de peur de le voir éclore… et si un de ces montres en surgissait là, tout de suite ? Je préfère mettre cette pensée en sourdine pour l’instant et me concentrer sur ma course folle jusqu’au portail. Un concert de rugissements nous avertit que ce que nous craignions vient d’arriver : les dragons noirs sont sortis de leur sommeil. Je ne prends pas la peine de me retourner pour surveiller leur progression. Leurs cris de plus en plus proches ne laissent aucun doute. Ils nous talonnent.

Devant moi, Dhiny et Hahès prennent de l’avance… Héroïquement, je résiste à l’envie de jeter l’œuf pour être plus légère et plus libre de mes mouvements. J’entends des mâchoires claquer à deux doigts de moi. Où est donc ce fichu portail ? En bas de la pente, mes deux condisciples se sont arrêtés et me font face. Que comptent-ils donc faire ? Ni moi, ni les dragons ne pouvons être atteints par leur magie ! Je sens le sol se dérober sous mes pieds. La terre est devenue liquide et je glisse sur le dos. Hahès et Dhiny se sont remis à courir. C’est tout ce qu’ils ont trouvé pour me venir en aide ?

Je suis un peu vexée car ma position n’est pas très glorieuse, mais il faut bien reconnaître que la méthode est efficace. Je suis la première arrivée au portail. Mes compagnons l’atteignent à leur tour, me prennent chacun par la taille pour que je puisse me relever et nous passons ensemble de l’autre côté. Juste à temps semble-t-il ! Je crois bien avoir senti le souffle chaud d’un dragon dans mon dos…

Je pose délicatement l’œuf sur le sol. Mes bras sont endoloris et mes jambes encore toutes tremblantes. Les deux magiciens ne sont pas plus vaillants que moi, même si Hahès s’empresse de reprendre son air hautain. Je m’assois pour souffler un peu. Quelqu’un s’approche de nous. Il s’agit du mage rouge qui avait assisté à notre départ. Avons-nous réussi l’épreuve assez rapidement ? Son visage impassible ne laisse rien deviner. Il nous faut attendre qu’il se décide à parler…

A suivre…

Une vocation (partie 13)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 8 octobre, 2015 @ 9:48

valériane

L’odeur vient nous piquer les narines, bien avant que les dragons noirs ne soient visibles. Je n’ai jamais rien senti de si horrible. C’est un délicieux mélange de crotte, d’urine et de cadavres qui fleurent bon la décomposition…

-Ça sent la mort, résume Hahès en se bouchant le nez.

-Nous sommes tout près… Plus un mot ! lui souffle Dhiny.

Nous progressons lentement, soucieux de rester silencieux. La moindre pierre roulant sous nos pieds, la moindre branche brisée sous nos talons pourrait nous trahir ! La végétation n’est pas très dense, mais pour le moment, elle suffit à nous cacher. Nous les apercevons enfin. Ils sont une dizaine. Leur long cou sinueux les fait ressembler à d’énormes serpents car, couchés au soleil, on voit à peine leurs pattes.

Je me demande comment nous allons leur jeter  nos appâts sans révéler notre présence quand Hahès commence à tracer des signes mystérieux sur un des lièvres morts. Celui-ci, brusquement s’anime, disparaît dans les fourrés, puis réapparaît juste devant la gueule d’un dragon noir qui le happe à la vitesse de l’éclair. La méthode est efficace. Chaque dragon reçoit son sédatif avec le même enthousiasme. Par mesure de précaution, Hahès leur fait avaler tous les lièvres que nous avions amenés. Nous patientons quelques minutes avant que les paupières reptiliennes ne se ferment. Je me lance la première, circulant entre les bêtes endormies sur la pointe des pieds. Il y a bien un nid, caché sous un énorme rocher.

C’est là que nous nous apercevons de la faiblesse de notre plan. Certes, de gros œufs sont posés là… mais certains ont déjà éclos et les bébés dragons, s’ils n’ont pas la taille de leurs parents, sont quand même imposants. Leurs gueules sont garnies de crocs acérés et lorsque je surgis devant eux, ils se lancent à toutes pattes vers moi. Tétanisée par la peur, je ne bouge pas, les regardant venir avec une horreur grandissante. Puis tout à coup, des coups de bâton pleuvent sur le dos des affreux lézards. Par chance, mes compagnons sont plus réactifs que moi ! En quelques instants, ils mettent en déroute mes assaillants.

Je sors enfin de ma torpeur en saisissant un œuf. Et nous nous enfuyons au plus vite avant le réveil des dragons adultes.

A suivre…

Une vocation (partie 12)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 7 octobre, 2015 @ 8:35

lièvre

Je me mets en quête des fameuses herbes sédatives, tandis que Dhiny et Hahès cherchent des traces de passage de dragons noirs. Lorsque je les rejoins avec ma moisson, le garçon a lui aussi fait sa récolte. Il me tend sa paume offerte où trônent de longues crottes malodorantes.

-Pourquoi est-ce que tu me donnes ça ? lui dis-je dégoûtée. Tu joues souvent avec des excréments ?

-Je ne te les offre pas, fait-il en riant. Je te les montres ! Ce sont des fientes de dragons noirs. Il suffit de remonter la piste pour trouver la source.

-Et moi j’ai attrapé ceci ! annonce Dhiny qui tient un lièvre mort par les oreilles. Il ne te reste plus qu’à le garnir avec tes herbes !

Le garnir ? Je grimace… Je n’avais pas envisagé le côté désagréable de la chose… Je vais devoir lui ouvrir le ventre, ce dont je n’ai aucune envie ! Et puis, un seul lièvre, c’est un peu léger ! Hahès me tape sur l’épaule. Heureusement, il utilise celle de ses mains qui est encore propre.

-Ne t’inquiète pas, dit-il. Je me charge de faire entrer les herbes dans le lièvre… et dans tous ceux que nous attraperons ensuite.

-Tu vas le découper ? dis-je avec un déglutition pénible en imaginant la scène.

-Non, répond-il amusé… Mais les lièvres, eux, ne sont pas des récalcitrants. Ce sera un jeu d’enfant de faire passer les herbes à l’intérieur. Un sort de téléportation conviendra très bien. Il suffit que tu me donnes la juste dose à introduire.

-Moi, je me charge d’attraper d’autres lièvres… par magie, également ! fait Dhiny. Sans cela, je suis une piètre chasseresse ! Je pense qu’il nous faudra davantage d’herbes, non ?

Notre équipe est d’une redoutable efficacité. Une quinzaine de lièvres gisent sur le brancard de fortune que nous avons confectionné, le ventre gonflé de ma cueillette.

-Bon, dit Hahès. Le plus dangereux reste à faire : nous approcher des dragons sans attirer leur attention sur nous et déposer nos appâts. Vous êtes prêtes ?

Peu importe qu’on le soit ou non ! Il se met en route sans attendre de réponse.

A suivre…

Une vocation (partie 11)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 6 octobre, 2015 @ 8:37

dragon noir

Il siffle entre ses dents.

-Nous avons été gâtés ! dit-il. Nous devons ramener un œuf de dragon noir pour preuve de notre bravoure…

-C’est une plaisanterie ? demande Dhiny.

J’interviens, étonnée de leur réaction : on dirait qu’ils ont peur !

-Et alors ? Où est le problème ? Vous êtes magiciens non ?

-Le problème, dit Hahès, c’est que les dragons noirs et toi, vous avez un gros point commun : eux aussi sont des récalcitrants. Aucun sort ne fonctionne sur ces bêtes-là, peu importe la puissance des magiciens qui les attaquent !

Dhiny se laisse tomber sur l’herbe. Elle semble désespérée.

-Ce n’est pas la fin du monde, dis-je pour la consoler. On va trouver une solution. C’est pour ça qu’on est là !

-Facile à dire ! s’exclame-t-elle un peu énervée. Tu en as une toi, de solution ?

Je réfléchis un instant et je leur souris à tous les deux.  Ils sont suspendus à mes lèvres. Je savoure mon petit moment de gloire :

-Oui, je crois en avoir une.

Hahès hausse un sourcil interrogateur.

-Vraiment ? dit-il. Et aurais-tu l’obligeance de nous éclairer ?

-Ces dragons noirs, ce sont bien des animaux ?

Ils hochent la tête dans un ensemble parfait.

-Comme tous les animaux, je suppose qu’ils ont un estomac, n’est-ce pas ? Or, sans vouloir me vanter, vous avez avec vous une herboriste qui ne se débrouille pas mal du tout dans son art…

-Magnifique ! s’égaie Dhiny qui retrouve brusquement sa motivation. Il nous suffit donc de trouver une tanière de dragons noirs et de leur faire avaler quelques herbes pour les terrasser !

-Bien sûr, dit Hahès… Sans compter que ces animaux-là sont sûrement végétariens, non ?

-Tu es un rabat-joie, lui dis-je à mon tour. Nous les attirerons avec de la viande farcie d’herbes sédatives. Ensuite, nous n’aurons qu’à leur dérober un œuf et à rentrer !

A suivre…

 

 

Une vocation (partie 10)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 5 octobre, 2015 @ 10:32

arbre

L’arbre est très haut, mais je prends mon courage à deux mains et je commence à grimper de branche en branche. Ce n’est pas la première fois que je me livre à cet exercice. Les arbres m’ont sauvé la mise plusieurs fois lorsque mon père était à mes trousses. Je fixe mon regard sur la cime, mon but à atteindre.

Je progresse lentement car je sais que la précipitation pourrait provoquer ma chute. Je fais donc taire mon excitation, le temps de mon ascension. Au sommet, le vent frais me saisit. L’ordre de mission est soigneusement noué au tronc. Des symboles sont tracés sur le bois tout autour de lui.  Je ne m’en préoccupe pas. Je défais le nœud et je glisse le papier roulé dans mon corsage.

Je redescends à la même vitesse. Au pied de l’arbre, je retrouve Dhiny et hahès, pâles d’inquiétude.

-Tu vas bien ? s’écrie Dhiny en se précipitant sur moi. Tu n’as mal nulle part ? Montre-moi tes mains !

Elle se saisit de mes poignets et considère gravement l’intérieur de mes paumes. Hahès se penche dessus lui aussi et ils relèvent tous les deux la tête en même temps. L’étonnement se lit sur leurs visages.

-Rien ! dit Hahès. Elle n’a ni trace, ni blessure… C’est une récalcitrante, la première que je vois !

-Une quoi ? fais-je, pas très sûre que ce soit un compliment.

-Une récalcitrante, m’explique Dhiny, une personne insensible à la magie…

-Normal, puisque je ne suis pas magicienne !

-Non, tu ne comprends pas, me coupe Hahès. Les récalcitrants sont insensibles à la magie : on ne peut pas leur jeter de sort ! C’est un don très rare. Certaines personnes paieraient leur poids en or pour posséder un tel talent !

-Je ne vois pas pourquoi… c’est totalement inutile !

Ils se mettent à rire.

-C’est inutile pour quelqu’un qui aspire à la paix et à la tranquillité, poursuit hahès, mais imagine un guerrier insensible à la magie : il part forcément avec un avantage dans une bataille.

-Hum, ça ne me parait pas très utile pour l’herboristerie, c’est tout ! dis-je têtue avant de sortir l’ordre de mission de ma tunique et de la tendre à Hahès.

-Voyons à quelle sauce nous allons être mangés, dit celui-ci en déroulant le papier.

A suivre…

Une vocation (partie 9)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 2 octobre, 2015 @ 11:11

montagne

Evidemment, le contact avec le sol est rude et je trébuche, me retrouvant le nez dans l’herbe. Hahès et Dhiny ont la courtoisie de ne pas se moquer de moi.  Le garçon a décidément choisi de prendre la tête de notre équipe.

-Tout d’abord, dit-il, nous devons découvrir le but de notre mission.

-Notre mission ?

Je le regarde ébahie, ne comprenant pas de quoi il parle.

-Tu ne sais rien de rien, toi ! s’écrie-t-il en échangeant un regard sidéré avec Dhiny.

Celle-ci prend aussitôt ma défense :

-Elle vient d’arriver à drys, lui apprend-elle. Nous sommes probablement les premiers magiciens qu’elle rencontre. Elle ne s’en sort pas si mal… et puis, elle ne manque pas de courage pour se lancer ainsi, dans une épreuve dont elle ignore tout !

-Bien, j’admets que ça ne doit pas être facile pour toi Ioneth, concède-t-il. Pour te résumer la situation, une fois passé le portail, chaque équipe doit trouver l’ordre de mission dissimulé par les maîtres, accomplir ladite mission, puis revenir au plus vite à l’académie. Seules les cinq premières équipes sont retenues pour l’admission. Les autres devront patienter jusqu’aux prochaines épreuves et retenter leur chance. Tu me suis ?

J’acquiesce un peu agacée. pour qui me prend-il ? Je ne suis pas une idiote ! Nous nous lançons rapidement dans la recherche de l’ordre de mission. D’après Hahès, il est forcément caché à proximité du portail. Il s’avère qu’il a raison. C’est Dhiny qui le découvre. Il a été perché à la cime d’un arbre.

Les deux magiciens commencent à débattre sur la manière de le récupérer. Dhiny tente un sort de lévitation, sans succès. Hahès n’est pas plus chanceux avec un sort de rafale de vent… L’arbre semble protégé par une espèce de bouclier magique. S’engage alors une conversation sur les contre-sorts possibles. Ils n’arrivent pas à se mettre d’accord et je serais bien en peine de les départager car je n’y entends absolument rien.

Pendant que les esprits s’échauffent, le temps défile. Ils ne paraissent pas prêter attention à ce détail, pas plus qu’à ma présence d’ailleurs. Alors, je me dis que le moment est venu pour moi de tester ma propre solution au problème. Il est probable qu’elle échoue, mais j’aurais au moins tenté quelque chose !

A suivre…

Une vocation (partie 8)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 1 octobre, 2015 @ 9:07

mystère

A quelques minutes du début des épreuves, je n’en mène pas large. Une foule d’aspirants se presse devant l’académie. Je me réjouis d’être déjà à l’intérieur. Mon maître m’a accompagnée jusqu’à la porte de la salle où nous attendent les examinateurs. Il doit me laisser à l’entrée car seuls les candidats peuvent y pénétrer. J’ai une boule à l’estomac et lorsque j’entends que nous devons former des équipes de trois pour nous inscrire, je panique. Je ne connais personne ici.

Heureusement, quelqu’un me connaît… Dhiny me fait signe de la rejoindre. Elle est flanquée d’un garçon maussade et un peu hautain qui m’accueille avec un évident déplaisir.

-Ioneth ! Viens avec nous ! me dit-elle. Voilà, nous sommes une équipe complète ! Je te présente Hahès.

-Magicienne ? me demande celui-ci.

-Non, herboriste.

-Ah ? Intéressant, fait-il avec un sourire inattendu. Une magicienne supplémentaire ne nous aurait servi à rien, mais toi, tu nous surprendras peut-être. Excellent choix Dhiny ! Ne perdons pas un instant : allons nous inscrire !

Il nous mène sans difficulté à travers la marée humaine. Les gens semblent s’écarter devant lui.

-C’est parce qu’il a une aura désagréable ! me chuchote Dhiny.

-Je t’ai entendue ! dit le garçon qui semble plus amusé que vexé.

L’examinateur note nos noms et nous envoie vers une autre salle, plus petite et plus sombre. D’immenses miroirs cerclés dans d’épais cadres de bois, ornent le mur du fond… Du moins, cela ressemble à des miroirs, mais ils ne reflètent rien : ils s’ouvrent sur différents paysages.

-Ce sont des portails magiques, m’informe Hahès. Je présume que notre épreuve nous attend au-delà de l’un de ceux-là.

-Tu es perspicace mon garçon, lui dit un mage vêtu de rouge. Vous êtes les premiers. Choisissez votre portail !

Sans nous consulter, Hahès se dirige vers un paysage de montagne. Nous n’avons pas d’autre choix que de le suivre. Au moment de passer le cadre, j’hésite un peu, mais la main de Dhiny m’entraîne et je bascule en avant.

A suivre…

Une vocation (partie 7)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 30 septembre, 2015 @ 9:16

rue

-Tu ne veux pas l’aider ? demande mon maître estomaqué.

-Le favoritisme n’a jamais aidé personne, rétorque Ashra. Ioneth passera les épreuves comme tout le monde et je suis sûre qu’elle les réussira haut la main ! Qu’en penses-tu ? fait-elle à mon intention. Préfères-tu ma solution ou celle de ton oncle ?

-La vôtre… Je ferai de mon mieux Maître et si j’échoue, c’est que je ne méritais pas une place à l’académie.

Mon oncle hoche la tête, perplexe.

-Tu es sûre Ioneth ? fait-il inquiet. Si tu n’es pas reçue, nous retournerons à notre colline, tu sais.

-J’ai vécu les plus beaux moments de ma vie sur cette colline… Et quoi qu’il arrive, je serai herboriste ! Alors cela me convient…

Ashra nous fait installer au rez-de-chaussée, dans un logement confortable et douillet. A mesure que le jour des épreuves approche, je suis de plus en plus anxieuse. Ni les conseils avisés de mon maître, ni ses potions ne parviennent à me calmer. Je n’arrive à me détendre que lors de mes longues balades à travers Drys. C’est au cours de l’une d’elle que je fais une rencontre qui va changer le cours de ma vie…

Une grande fille blonde vient au-devant de moi. Je n’ai jamais vu de demoiselle aussi belle. Elle semble presque irréelle, comme une fée, une apparition. Elle me sourit… Oui, c’est bien à moi que ce merveilleux sourire s’adresse : j’ai vérifié, il n’y a personne d’autre dans la rue. Elle s’arrête à deux pas de moi.

-Tu dois être Ioneth, n’est-ce pas ? dit-elle d’un ton chaleureux. Je suis Dhiny, fille d’Ashra. Nous allons passer les épreuves d’admission ensemble.

-Tu es herboriste toi aussi ?

-Non, magicienne, fait-elle en riant, mais tous les élèves subissent les mêmes épreuves, quelle que soit leur spécialité !

-Ce ne sont donc pas des tests sur nos connaissances ?

Je suis atterrée. Ma maîtrise en herboristerie ne fait aucun doute et je comptais bien là-dessus pour être reçue.

-Ne fais-pas cette tête-là ! reprend Dhiny. Nous serons admises toi et moi : c’est écrit !

A suivre…

Une vocation (partie 6)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 29 septembre, 2015 @ 9:31

herbe

Je demeure interdite quelques instants. Une colère immense bouillonne en moi, tandis que je regarde mon oncle, puisque c’est ainsi qu’il me faut l’appeler. Puis, aussi soudainement qu’elle est apparue, cette colère retombe. Je vois la souffrance dans ses yeux. Elle est si intense que je peux la ressentir. Alors, à sa grande surprise, je me jette dans ses bras en sanglotant. C’est à mon tour d’être étonnée lorsque ses larmes coulent sur mon front. Nous nous séparons en reniflant tous les deux.

-Quelle famille s’exclame la femme dont nous avions un peu oublié la présence. Allons à l’intérieur… Nous y serons bien mieux et ce sera sûrement plus intime.

Nous la suivons. mon oncle a pris ma main et ce contact me rassure. L’académie de magie de Drys est un vrai dédale de couloirs. La foule qui les arpente, trouble un peu plus encore mon sens de l’orientation. Heureusement, aujourd’hui j’ai un guide. Elle nous fait monter jusqu’au dernier étage où se trouvent ses appartements. L’endroit, luxueux, me laisse sans voix. J’ose à peine poser les pieds sur les épais tapis car je crains d’y laisser des traces. Ne devrais-je pas me déchausser d’ailleurs ? Je jette un regard à mon oncle qui semble très détendu dans cet environnement. Il sourit en s’adressant à la femme.

-Eh bien, dit-il, je me doutais que tu avais du prendre du galon, mais je n’aurais jamais cru que ce serait à ce point ! Ioneth, ajouta-t-il d’un ton sentencieux, permets-moi de te présenter Ashra, grand maître de l’académie de magie !

Mes oreilles bourdonnent et mon cœur bat très fort. Si j’avais su qu’un jour je me trouverais devant un personnage de cette importance, une sommité dans le domaine de la magie… Ashra rit :

-Talim, tu effraies cette enfant… Vois : elle tremble comme une feuille !

-Tu n’as rien à craindre petite, reprend-il avec son air bourru, cette bonne vieille Ashra ne ferait pas de mal à une mouche. Dis-moi mon amie, peux-tu faire quelque chose en faveur de mon élève ?

-Tout dépend de ce que tu me demandes…

-C’est évident ! dit mon maître. J’aimerais que tu l’intègres à l’académie !

-C’est hors de question ! répond le grand maître sans se départir de son sourire.

 

A suivre…

123456...97
 

Les livres de Jean-Philippe... |
Diapoésies musicales |
passion littéraire |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lire puis écrire
| Pour l'amour de la langue e...
| Laisse moi mettre des poème...