Nouvelles en vrac

Nouvelles, contes et autres textes courts…

Une vocation (partie 5)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 28 septembre, 2015 @ 10:33

lumière tunnel

-Mon vieil ami ! s’écrie-t-elle toute joyeuse. Te voilà enfin revenu parmi nous ! Tu réintègres l’académie ?

-Ce ramassis de bavards prétentieux ? rétorque mon maître en souriant. Je ne sais pas encore, je vais y réfléchir. Je suis surtout venu pour présenter mon élève aux examens d’entrée.

J’ouvre de grands yeux en entendant cette nouvelle. Pourquoi ne m’en-t-il pas parlé ?

-C’est une magicienne ? demande la femme en me jaugeant du regard.

-Non… une herboriste et son talent est prometteur ! Je n’ai déjà plus rien à lui apprendre.

Le sourire qui éclaire le visage de la femme est plus que chaleureux.

-Nous manquons d’herboristes comme tu le sais… Sois la bienvenue… euh, comment t’appelles-tu ?

-Ioneth, répond mon maître avant que je n’ai eu le temps d’ouvrir la bouche. C’est la fille de notre chère Réda.

-Alors tu es doublement bienvenue mon enfant, dit la femme en s’approchant de moi et en posant ses mains sur mes épaules. Ta mère était une amie très chère. J’ai pleuré son départ de Drys et encore plus son décès…

-Vous connaissiez ma mère ? Elle était  de Drys, dîtes-vous ? Je n’en ai jamais rien su ! Maître, vous le saviez ? Vous étiez amis avec ma mère vous aussi ?

-Comment ? Tu ne lui a rien dit ? Mais enfin, à quoi ça rime Talim ? s’écrie la femme. J’étais amie avec ta mère, oui, mais ton maître était bien plus que ça : c’était son frère ! Quand elle est partie avec ton père, il les a suivis…

Un oncle ! J’ai un oncle et je l’ignorais… pire, je vivais avec lui sans le savoir !

Mon maître soupire :

-Je n’ai pas eu le courage de te le dire Ioneth, car je suis responsable de la mort de Réda… Je n’ai pas su la protéger contre ton père !

Il savait que vous viviez là ? C’est pour ça qu’il ne voulait pas que j’aille dans la colline… Pourquoi n’êtes-vous jamais venu nous voir ? Pourquoi nous avez-vous laissés seuls avec lui, ma mère, mes frères et moi ?

-J’avais promis à ma sœur de ne pas intervenir dans sa vie… J’ai juré, tu comprends ? Si tu savais comme je le regrette…

A suivre…

Une vocation (partie 4)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 25 septembre, 2015 @ 10:35

remparts

Il s’éloigne d’un pas tranquille vers le village. Sans hâte ni crainte, il descend calmement. Moins d’une heure après, il réapparaît et reprend forme humaine. Un rire silencieux le secoue. Je suis au comble de l’angoisse : que s’est-il passé  entre mon père et lui ? Il s’approche de moi et pose une main protectrice sur ma tête : « Ton père t’a confiée à moi, dit-il. Désormais, tu seras ma disciple. » Voilà… je n’en saurai pas plus !

C’est ainsi que débute mon apprentissage… Et la première chose que mon maître m’apprend, c’est qu’il n’est pas magicien mais herboriste. Nous parcourons parfois des kilomètres pour trouver les herbes dont il a besoin pour ses préparations. Très vite, je me découvre une passion pour son métier. Je suis avide de tout connaître sur les plantes et leurs propriétés ! Comme je suis une piètre lectrice, j’apprends tout par cœur.

A l’âge de quinze ans, mon maître me promet une belle surprise. Il m’ordonne de préparer mes affaires, car nous partons en voyage. Je suis très excitée car je ne suis jamais allée au-delà de la forêt qui cerne notre colline.  J’ignore ce qui se trouve aux alentours. Quand mon maître m’annonce enfin qu’il m’emmène à la cité de Drys, je ne tiens plus en place.

Nous vivons totalement isolés ici. J’ai hâte de voir des rues animées, de l’agitation… J’imagine une ville immense, noire de monde et je ne suis pas déçue. Au bout de deux jours de marche, nous apercevons les remparts de la cité. Je suis époustouflée. C’est gigantesque. Ma stupéfaction amuse mon maître : « ferme la bouche fillette, me dit-il. Tu n’as encore rien vu ! »

Quand nous passons la porte, j’ai presque le tournis à force de lever la tête pour tout admirer. Mon maître doit me tirer par la manche pour me faire avancer. Il semble connaître la ville comme sa poche. C’est sans hésitation qu’il m’entraîne dans les rues. Nous nous arrêtons devant un grand bâtiment grouillant de gens en robe. Une femme vient à notre rencontre en souriant et prend mon maître dans ses bras.

A suivre…

Une vocation (partie 3)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 24 septembre, 2015 @ 10:36

orange

je n’ai jamais aussi bien dormi de toute ma vie… Pas de cris, pas de ronflements, ni de porte qui claque au petit matin ! Pas de peur au ventre non plus, à me demander si je vais être cueillie au saut du lit par une gifle ou par des injures. Mon hôte me tend un bol de lait chaud et du bon pain tout frais. Il y a  si longtemps que je n’ai rien mangé d’aussi bon que des larmes me montent aux yeux.

-Mange doucement, me dit le magicien, ton bol ne va pas s’envoler !

Je rougis de honte, bien consciente que mes manières laissent à désirer. L’homme se radoucit.

-Je ne veux pas que tu te rendes malade, m’explique-t-il. Tu peux manger autant que tu veux, mais laisse le temps à ton estomac de faire son travail.

-Merci, lui dis-je en reposant le bol vide. C’était délicieux !

-Tu n’es pas difficile, fait-il en riant. Passons aux présentations à présent. Comment t’appelles-tu ?

-Ioneth, monsieur.

-Tu es la fille de cette pauvre Réda ? s’écrit-il en me prenant les mains. C’est ton père qui t’as chassée dans la colline ?

-Non monsieur… s’il vous plait : ne lui dîtes pas que je suis ici !

Il émet une sorte de grondement qui me terrifie.

-Oh si, je vais le lui dire ! déclare-t-il. Mais ne sois pas inquiète : jamais il n’osera venir te chercher. tu peux me faire confiance !

Il se dresse et je remarque alors l’étrange couleur orangée de ses yeux. Il n’est pas humain. C’est un de ces mégamorphes dont ma mère me contait les histoires lorsque j’étais petite.

-Vous pouvez vous transformer ?

La question a fusé malgré moi.

-Sors avec moi un instant, répond-il. Je vais te montrer !

Je trotte derrière lui et brusquement, je n’ai plus un homme devant moi, mais un ours immense.

-Ne bouge pas d’ici, me dit la bête avec la voix du magicien. Je vais discuter avec ton père, puis je reviens.

A suivre

Une vocation (partie 2)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 23 septembre, 2015 @ 8:11

forêt nuit

Après la pluie, c’est le vent qui se lève. Il fait un bruit lugubre en agitant les branches. Je ne suis pas très rassurée. Pour me donner du courage, je chante d’une petite voix tremblante qui se perd, hélas, dans le souffle du vent. J’abandonne assez vite, préférant me faire discrète dans ce milieu qui me semble hostile. J’ignore ce qui vit dans cette colline après tout : bêtes sauvages, créatures démoniaques et autres trolls… mais il y a sûrement un danger quelque part, puisqu’il est interdit d’y venir.

Soudain, je crois entendre un bruissement sur ma droite, comme si quelque créature tapie là était prête à me sauter dessus. Je ne réfléchis pas : je cours.  J’ai mal aux pieds car le chemin est très rocailleux, mais je ne m’arrêterais pour rien au monde. Des larmes coulent sur mon visage, un point de côté sournois me déchire le flanc et je suis à bout de souffle lorsque je me heurte violemment à quelque chose de dur.

Etourdie par le choc, je vacille. On me rattrape. Un homme très grand se tient devant moi. Il porte une longue robe brune… un magicien ! Seule dans la nuit, face à cet étranger, potentiellement dangereux, ma peur devrait être à son paroxysme, mais il n’en est rien. Il a un regard chaleureux malgré la sévérité de ses traits. Je me sens immédiatement en confiance.

-Qu’avons-nous là ? demande-t-il de sa grosse voix. Une petite hirondelle perdue dans la tempête… Viens, tu es frigorifiée petite  ! Tu va attraper la mort.

-Qui êtes-vous ? osé-je demander.

Il sourit. L’effet est curieux dans un visage aussi rude.

-Le maître de la colline, ou plutôt son gardien… Il me semble que l’endroit est mal choisi pour des présentations. Allons nous mettre au chaud !

Je le suivrais volontiers, mais c’est l’instant que choisissent mes jambes pour me trahir. L’homme retrouve un air grave. Me soulevant comme une plume, il m’eporte chez lui, dans une petite maison de pierre dont je n’aurais jamais soupçonné la présence.

A suivre

Une vocation (partie 1)

Classé dans : les enfants d'Aérion — 22 septembre, 2015 @ 8:35

cabane

« Ioneth ! Maudite fouine ! Où te caches-tu encore ? » La voix de mon père résonne tout près de l’endroit où je me suis cachée. Comme de coutume, il a bu et comme de coutume, cela le rend méchant. En pareil cas, il cherche toujours une victime et puisque ma mère a succombé sous ses coups, puisque mes deux frères se sont enfuis de la maison, il ne reste que moi. Je sais par expérience qu’il vaut mieux l’éviter jusqu’à ce que l’alcool finisse par le faire dormir. Alors seulement, je pourrai rentrer au chaud à la maison.

Il commence à pleuvoir. Les buissons dans lesquels j’ai trouvé refuge ne me protègent guère… mes maigres hardes non plus. En quelques instants, je suis trempée jusqu’aux os. Pourtant, je ne bouge pas. Je crains que mon père ne soit encore proche, même si je ne l’entends pas. Qui sait s’il ne s’agit pas d’une ruse pour m’obliger à me montrer ? Je tremble à l’idée du châtiment qui m’attendrait si jamais il mettait la main sur moi maintenant !

J’ai froid. Le jour décline. Je serre mes genoux contre ma poitrine pour essayer de gagner un peu de chaleur, mais mes cheveux qui me dégoulinent dans le dos ruinent tous mes efforts. J’attends que la nuit soit vraiment installée pour me décider à me lever enfin et à me diriger vers la maison. Par la fenêtre, je vois de la lumière. Des rires gras me parviennent. Pas de chance, ce soir, mon père a invité des comparses pour une beuverie ! Je juge plus prudent de battre en retraite.

Pas question de retourner dans les buissons, le froid risquerait de m’ankyloser pour de bon. Je décide de marcher pour me réchauffer. la lune luit faiblement, mais sa lumière me permet d’y voir assez clair pour ne pas trébucher. Je suis le petit chemin qui monte sur la colline. Je ne suis jamais allée jusqu’au bout, car mon père m’interdisait de le pratiquer. Ce soir, je ne suis pas d’humeur à lui obéir. Je me lance dans l’ascension.

Je perds un peu la notion du temps entre l’obscurité, la peur et le froid… Un regard en arrière m’apprend que plus une lumière ne brille en bas, dans le village… Je pourrais redescendre et rentrer chez moi, mais à présent, j’ai envie de savoir ce qu’il y a a là-haut, que mon père ne veut pas que je voie.

A suivre

Akajak

Classé dans : texte court — 21 septembre, 2015 @ 10:40

serpent

Je dormais profondément, au cœur même de la terre, quand j’ai entendu sa voix. Elle me parlait de choses qui m’étaient inconnues :  le soleil, la chaleur, la lumière… l’extérieur, le monde. J’étais né et j’avais vécu ici toute ma vie, dans les entrailles de ce monde, là où tout est obscur, humide et froid. Le silence régnait en maître avant qu’elle ne vienne me déranger. J’avais tenté de la localiser, mais c’était comme si elle n’existait pas : elle ne dégageait aucune chaleur.

J’avais déroulé mes anneaux et fouillé de fond en comble ma tanière, sans jamais la trouver. Sa voix, cependant, continuait à me vanter les plaisirs que je rencontrerais au dehors. A force de persuasion, elle éveilla ma curiosité. Je me glissais lentement le long des boyaux humides de la montagne. Je remontai vers la surface et en effet, je sentais le sol se réchauffer sous mon ventre.

Des odeurs étranges me parvinrent. Je les goûtai en sortant ma langue. Comme tout cela me semblait bon ! Il y avait des senteurs de terre tiède, de végétation gorgée d’eau et de lumière et même… de bêtes sauvages ! Des bêtes à sang chaud ! Pas des chauve-souris humides, non : des animaux nourris sous les rayons du soleil !

« Ce que tu vois te plait-il ? » Encore cette voix ! Je me dressai de toute ma hauteur, mais elle demeurait imperceptible. « Ne gâche pas tes forces en efforts inutiles, dit-elle. Sens, plutôt : il y a un cerf, dans la clairière derrière les arbres… là-bas ! As-tu déjà goûté pareille chair ? » Elle avait raison. Il était proche. Je pouvais presque sentir les palpitations du cœur de l’animal. Mon appétit s’éveilla aussitôt.

Je me faufilai lentement entre les arbres.  Ma proie ne se doutait de rien. Elle mâchonnait des brins d’herbe tendre. Je m’approchai en silence, presque à la toucher et elle ne me détectait toujours pas. Puis je me détendis brusquement, la frappant mortellement avant de l’envelopper dans mes anneaux. Quelle volupté de sentir la vie s’échapper de son corps ! Ô la douce sensation de sa peau tiède contre la mienne !

Je n’avais jamais mangé aussi copieusement, ni aussi longuement. Je m’effondrai dans un état presque léthargique lorsque la voix se manifesta à nouveau. J’ouvris un œil paresseux. Une créature vaguement humaine se tenait près de moi. Sa peau avait une couleur curieuse, blafarde, presque bleue. Elle posa sa main sur ma tête et je fus incapable de réagir.

-Te voilà repu, dit-elle. Et totalement à merci… Ne t’inquiète pas, ajouta-t-elle ensuite, je n’ai pas fait tous ces efforts pour te tuer ! J’ai d’autres projets pour toi !

Sa main sur mon crâne se fit plus pesante et soudain, se mit à me brûler. Je me tortillai pour tenter de lui échapper, mais cette peste avait une force extraordinaire. Elle ne me lâcha pas. La douleur s’estompa et dans une flambée de haine, je décidai de l’attaquer. Je voulais la voir morte. Hélas, mon corps ne m’obéit pas.

-Ne gaspille pas ton énergie, tu m’appartiens désormais… Mais réjouis toi : tant que tu me serviras tu ne vieilliras point. Tu auras ton lot de proies juteuses et tu circuleras librement en ce monde.

-Qui es-tu maudite femelle ? lui sifflai-je furieux.

-Je me nomme Tiamat… et pour toi, ce sera « maîtresse », ne l’oublie jamais !

Elle disparut dans une gerbe d’eau, me laissant seul avec ma colère et ma pseudo liberté, bien chèrement payée, puisqu’elle faisait de moi son esclave jusqu’à la fin des temps…

Du nouveau sur le blog très prochainement…

Classé dans : Non classé — 18 septembre, 2015 @ 11:05

loup face

Bonjour à tous !

Voilà plusieurs années que Nouvelles en vrac existe.  Ce blog avait surtout vocation, jusqu’à présent, à me servir d’atelier d’écriture. J’y livrais toute ma production : contes, nouvelles, poèmes, feuilletons, petits délires en tous genre… Je suis loin d’avoir épuisé le filon, mais je souhaiterais élargir un peu le panel de mes articles. De nouvelles rubriques vont donc faire leur apparition.

Tout d’abord, une rubrique « chronique de mes ami(e)s auteurs »… où je vous parlerai d’ouvrages, mais pas n’importe lesquels : des ouvrages dont je connais les auteurs et avec lesquels j’ai eu l’occasion d’échanger (on ne lit pas du tout de la même manière l’œuvre d’un parfait étranger et celle d’un ami. Je vous dirai ce que j’en ai pensé, ce que j’ai aimé ou non et je vous donnerai des liens pour vous procurer les œuvres en question… et je vous laisserai la parole. Si vous avez vous aussi lu cet ouvrage, vous pourrez venir donner votre avis. Je l’intégrerai à l’article.

Comme tous mes lecteurs ne sont pas des auteurs, j’ouvrirai aussi une rubrique « blogs à visiter ». J’y indiquerai ce que vous pourrez y trouver et ce qui moi, m’a attirée. Cette rubrique sera périodique (peut-être hebdomadaire ou au rythme dune chronique tous les deux jours), je suis encore indécise, mais je vais réfléchir à la question.

Enfin, une autre rubrique refera son apparition : je vous proposerai un thème sur lequel chacun pourra venir s’exprimer avec le média de son choix (billet d’humeur, texte, photo, chanson, vidéo…). Tout le monde est bienvenu !

Belle et douce journée à tous !

L’ange sur ta route : épisode 12

Classé dans : l'ange sur ta route — 3 septembre, 2015 @ 8:17

ange couple

Je sais ce qu’elle veut me dire. Le temps est venu pour moi de faire mon choix. Mes ailes ou mon amour ? Le ciel ou toi ? L’éternité ou une vie mortelle ? J’ai cru que cela serait difficile, que j’hésiterais longuement, mais c’était avant… Avant de t’avoir serrée entre mes bras, avant d’avoir partagé vraiment ton quotidien, avant d’être amoureux. Je ne peux pas renoncer à toi. J’en serais bien incapable. C’est ce que je dis à la voix qui insiste. Est-ce que je mesure ce que j’abandonne pour l’amour de toi ?  Oui, j’en suis conscient. Ne vais-je pas m’en repentir au premier obstacle, à la première dispute ? Non et de toute façon, ‘en prends le risque.

J’entends un vague soupir à mon oreille, puis la voix se fait muette. Je ne l’entendrai plus que de loin, dans mes songes ou du fond de ma conscience, comme le commun des mortels. Tu es dans la cuisine où tu fais la vaisselle en chantonnant. Je viens te rejoindre et frotter les assiettes avec toi, à quatre mains… Tu es ma vie, mon but à atteindre, mon port dans la tempête. J’aime te sentir contre moi et sentir comme mon cœur palpite au contact de ta peau.

Nous avons vécu ensemble de longues années. Le destin a été clément avec nous. Il nous a donné une belle existence, paisible et douce, des enfants pour multiplier notre amour. Puis la vieillesse est arrivée au son des « te souviens-tu ? » Tu es partie avant moi, mais je ne tarderai pas à te suivre. Mon heure est proche, je le sais. Je n’ai pas peur. Je vais te retrouver. Les cieux vont s’ouvrir pour nous et nous accueillir. A l’instant ultime, j’entends la voix. « Tu es prêt ? » me demande-t-elle. Prêt ? Quelle plaisanterie ! Bien sûr que oui. Les yeux déjà fermés, j’exhale mon dernier souffle.

Fin

L’ange sur ta route : épisode 11

Classé dans : l'ange sur ta route — 2 septembre, 2015 @ 8:05

ange lune

Cette journée a été riche en émotions… premier pas dans le monde du travail, premiers contacts avec les enfants, une journée pleine de premières fois ! La voix avait raison. Je suis à ma place dans cette tâche. Je protège, je guide… comme un ange gardien ou presque. Je rentre à la maison tout joyeux. A la maison… je pense comme un humain maintenant. Je suis chez moi près de toi. Je crois que je me sentirais chez moi partout où tu es. Tu n’es pas encore rentrée alors je te prépare un petit dîner. Enfin j’essaie. Catastrophe ! J’enchaîne les sottises et les maladresses et lorsque tu arrives enfin, le dîner se résume à un morceau de viande carbonisé et un plat de pâtes toutes collantes.

C’est l’occasion de notre premier fou rire : encore une première fois ! Tu me fais promettre de ne plus jamais m’occuper de la cuisine, à moins de prendre des cours auparavant. Je promets tout ce que tu veux. Je me penche sur toi et voilà aussi notre premier baiser, vite suivi de notre première nuit. Il me semble avoir compris ce que le Seigneur a donné aux hommes en échange de leur mortalité : l’amour charnel. Mon choix est fait : je renonce à mes ailes.

Ce soir, je m’endors, ton charmant corps serré entre mes bras. Je suis bien. La voix soudain s’adresse à moi…

A suivre

L’ange sur ta route : épisode 10

Classé dans : l'ange sur ta route — 1 septembre, 2015 @ 9:55

ange triste

Cette nuit, j’ai fait mon premier cauchemar. J’ai détesté cette expérience. Comment l’humanité peut-elle supporter le poids de cet esprit torturé qui lui joue des tours ? Je me suis vu dans mon nouveau travail et évidemment, tout se passait mal. Je me suis réveillé le coeur battant et la bouche pâteuse : encore un autre handicap des hommes ! Sorti de mon cauchemar, l’angoisse était toujours là.

Au petit déjeuner, comme je picorais à peine, tu as compris que quelque chose me chiffonnait. Quand je t’ai raconté mon vilain rêve, tu as souri. Les rêves ne sont que des rêves, as-tu dit et souvent la réalité est bien plus douce que les horreurs que notre imagination se plait à nous montrer. J’ai médité tes paroles. J’espère que tu as raison. Je n’ai pas envie de vivre la journée que j’ai vue en songe cette nuit !

Pas vraiment rassuré et en proie au trac, j’ai pris le chemin du travail. La voix a ri doucement à mon oreille : »Ne crains rien ! m’a-t-elle soufflé. Je suis là, tout près de toi. Tout va bien se passer !  » J’ai inspiré profondément et j’ai accéléré le pas : plus vite je serais arrivé et mieux je me sentirais !

A suivre

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