Nouvelles en vrac

Nouvelles, contes et autres textes courts…

Chasseurs d’Afrique (texte court)

Classé dans : texte court — 24 avril, 2010 @ 7:09

gazelle08.gif Il l’avait vue le premier et n’avait aucune intention de céder sa proie. C’était une belle petite gazelle, bien proportionnée, taillée pour la course… mais pour l’heure, elle s’était arrêtée à un point d’eau et caché dans les hautes herbes, Kikuyou la guettait. Il attendait l’instant très bref où elle relâcherait enfin son attention. Il ne disposerait alors que de quelques secondes pour agir.
C’était un chasseur habile. Il sillonnait la savane depuis l’âge de onze ans et jamais encore, il n’était rentré les mains vides. Avec huit enfants et deux femmes à nourrir, il pouvait être fier car jamais, les siens n’avaient connu la faim. Un jour, ses talents le conduiraient à la tête du village, il en avait l’intime conviction.
Aujourd’hui pourtant, il avait de la concurrence. Un mouvement rapide, un bref frémissement de l’autre côté du trou d’eau, lui avait révélé la présence d’un autre chasseur. Comme lui, il était tapi dans la végétation que l’eau rendait luxuriante. Comme lui, on le devinait prêt à bondir. Kikuyou apercevait une épaule musclée qui en disait long sur le force de son adversaire, car pour s’emparer de la gazelle, ils allaient devoir s’affronter. Le jeune homme donc, évaluait ses chances. L’examen n’était pas à son avantage. L’autre était mieux armé et semblait beaucoup plus fort. Dans une lutte au corps à corps, il se ferait battre à coup sûr.
L’espoir de le voir abandonner la partie lui paraissait tout aussi vain. Malgré tout, il décida de rester jusqu’au bout. Si son concurrent commettait la moindre maladresse, il n’hésiterait pas à en profiter. D’ailleurs, Kikuyou était certain de ne pas avoir été repéré. L’autre était tout entier concentré sur la proie, pauvre innocente qui continuait de boire sans se douter de rien.
L’instant tant attendu arriva. La gazelle ferma les yeux pour savourer sa dernière gorgée d’eau, oreilles au repos. Dans le même élan, les deux chasseurs s’élancèrent vers elle… mais sans doute avaient-ils mal estimé son état d’alerte car en trois bonds, elle leur échappa et détala à toute vitesse. Les adversaires, aussi bredouilles l’un que l’autre, se trouvèrent face à face. Ils se dévisagèrent, tendus et indécis, se mesurant du regard avant le combat.
Kikuyou brandit sa lance, s’il fallait en découdre, il le ferait avec bravoure ! L’autre montra les dents, gronda et s’éloigna. En regardant la lionne se fondre dans les hautes herbes, le jeune homme soupira de soulagement. Cette fois, il avait bien failli passer du statut de chasseur à celui de gibier…

Effluve (texte court)

Classé dans : texte court — 22 avril, 2010 @ 9:02

Il était parti joyeux, sûr de sa force et de sa jeunesse. Le combat qu’il s’en allait mener était juste. A son retour, il serait devenu un héros. Sa mère avait un peu pleuré bien sûr et elle avait voulu le retenir, mais son père, lui, ne cachait pas sa fierté. Il était heureux que son fils ait suffisamment de courage pour aller défendre sa patrie… car il était volontaire, comme l’était l’ensemble de ses futurs compagnons d’armes.
Tous ces jeunes gens s’embarquèrent, sourire aux lèvres. Ils allaient lutter pour la liberté et la victoire, on le leur avait assuré, ne faisait aucun doute. Mais ce qu’on ne leur avait pas dit, c’est que face à eux, il n’y aurait pas que des soldats. Nul ne les avait préparés à combattre des femmes et des enfants… On ne leur avait pas décrit la misère de ceux qu’ils allaient affronter ni la peur, ni la faim qu’on lisait dans leurs yeux, habitués à contempler toutes sortes s’horreurs.
Les attaques désespérées de ces gens qui n’avaient plus rien à perdre, les avaient pris par surprise et leur avaient à jamais ravi leurs sourires et leur bonne humeur. Certains y avaient laissé leur vie. Lui, que l’on prétendait chanceux, avait perdu la vue, soufflée dans l’explosion d’un bombe artisanale.
Son retour au pays avait été discret. Il s’était fait en catimini et personne n’était venu saluer le héros… il n’était plus qu’un indigent comme il en revenait tant. Parfois, il se demandait si ses parents n’avaient pas été déçu de le voir revenu en vie… Ceux qui avaient perdus leurs enfants à la guerre en tiraient des honneurs, mais lui, diminué comme il l’était, il deviendrait un poids pour les siens. Sa mère avait gémi en voyant le gros pansement qui bandait ses yeux. Elle s’était accusée de n’avoir pas su l’empêcher de partir et lui en avait demandé pardon.
Cela l’avait agacé. C’était sa souffrance ! Elle lui appartenait… Voilà ce qu’il avait gagné à la guerre ! Ne pouvait-elle pas comprendre que c’était le tribut qu’il payait à la nation ? Ne pouvait-elle l’honorer pour cette blessure si durement acquise ? Il ressentait ses sanglots et ses jérémiades comme autant d’insultes. Il ne souhaitait qu’une chose : être seul pour qu’on lui fiche la paix !
Il avait été exaucé. Ses parents n’étaient pas revenus. Ils prenaient peut-être de ses nouvelles auprès des médecins, mais ils n’osaient plus entrer dans sa chambre. Quoiqu’il n’en était pas sûr ! A plusieurs reprises, il lui avait semblé sentir l’effluve du parfum porté par sa mère. Ses parents étaient-ils là, assis sans rien dire, à le regarder ? Il aurait voulu s’excuser pour ce qu’il avait déclaré : il ne le pensait pas. Il aurait aimé leur dire combien leur souvenir lui avait été précieux au coeur des combats, mais il avait peur, en brisant le silence, de les meurtrir davantage.
Pendant plusieurs jours, il trouva du réconfort dans cette odeur de lilas qu’il associait à sa mère et à des temps plus heureux, lorsque petit garçon, il se réfugiait dans ses bras. Le parfum se faisait quelquefois très fort, comme si elle était toute proche de lui. Un soir, n’y tenant plus, il lança sa main et saisit un bras…
Ce n’était pas sa mère. C’était une infirmière. Sa voix était aussi douce que son parfum. Lui qui s’était muré dans un silence têtu depuis son arrivée, prit plaisir à discuter avec elle. La guerre lui avait pris un fiancé et un frère. Au lieu de rester chez elle à les pleurer, elle avait choisi de se rendre utile. Il découvrit soudain que le courage était aussi du côté de ceux qui étaient restés au pays. Eux aussi, à leur manière, avaient dû lutter…
Finalement, ce fut à elle qu’il avoua son remord d’avoir rabroué si durement sa mère et sa crainte d’avoir déçu les siens. Elle rit et lui demanda d’attendre quelques instants. Une main se glissa dans la sienne. Des lèvres se posèrent sur sa joue.
-Maman ? dit-il ému.
-Oui mon grand, je suis là.
-Et l’infirmière ?
-Elle est dans le couloir. Elle ne voulait pas déranger.
-C’est elle qui est venue te chercher ?
-Oui, elle est gentille cette petite. Nous avons sympathisé avec elle à force de venir tous les jours. C’est grâce à elle que nous avons eu de tes nouvelles quotidiennement et que nous avons réussi à tenir le coup. Je lui ai même fait un petit cadeau : une bouteille de parfum. Tu sais, celui au Lilas que ton père et toi vous aimez tant ?

Il bat… (texte court)

Classé dans : texte court — 21 avril, 2010 @ 7:14

moncoeurquibat.gif Ce matin, il va doucement, d’un beau rythme régulier. On dirait le bruit familier et rassurant d’une horloge… d’ailleurs, à sa manière, il décompte le temps qui passe. C’est une jolie petite mécanique bien huilée. En ce moment, il est si léger que si je ne le sentais pas palpiter, j’ignorerais presque sa présence…
Il n’en est pas toujours ainsi. Il se fait parfois plus lourd, pesant. Quand la vie me malmène et que je suis en proie à de terribles chagrins ou à de non moins pénibles angoisses… Il me fait mal alors, se serre et prend une allure désordonnée : un peu à la façon d’une carpe qui ferait des bonds.
Quand le dégoût me saisit, c’est au bord de mes lèvres qu’il manque de tomber, comme s’il allait jaillir pour se sauver. Heureusement qu’il est solide et bien ancré, armé pour affronter les pires épreuves… S’il était plus fragile, il se briserait et volerait en éclats.
On essaie de lire en lui quelquefois, mais bien malin celui qui saura ce que je cache dans ses profondeurs : de vieilles peines dont je n’ai pas pu me débarrasser, des hontes secrètes totalement inavouables, des rêves avortés et des espérances aussi, pour les remplacer… Bien au fond, tout au fond, les sentiments les plus vrais, l’amour et l’amitié, impossibles à déloger et qui grandissent au fil du temps.
A cause d’un léger retard, me voici soudain obligée d’accélérer le mouvement. Mes gestes se font rapides, nerveux. Trop peut-être. Le voilà qui se manifeste bruyamment à mes oreilles. Il tambourine très fort, me coupe le souffle et il me faut retrouver mon calme. Quand il s’affole ainsi, je me réjouis de le trouver là, fidèle au poste… mon coeur qui bat.
Pour le plaisir des oreilles… cliquez ici. (C’est la chanson qui m’a inspirée ce texte)

coeur.gif

Prédateur sur le net (texte court)

Classé dans : texte court — 20 avril, 2010 @ 8:14

Salut ma puce

Comment va mon bébé aujourd’hui ?
J’ai rêvé de toi cette nuit.
Tu étais belle comme un ange.

Je t’embrasse.

Mike coeuretrose.gif

Michel se frotta les mains après avoir tapé le message sur son clavier. Le Net était l’invention du siècle. Grâce à cela, il pouvait épingler toutes les poulettes imprudentes que leurs rêves romantiques entraînaient tout droit dans ses filets. Il aimait les filles, jeunes de préférence. Passé quinze ans, elles ne l’intéressaient plus. Hélas, il était rare que les filles de cet âge ne s’entichent d’un bonhomme de soixante ans… sauf sur Internet.
Sur la toile, il avait l’âge qu’il voulait. Il mettait les petites en confiance, les séduisait en leur promettant monts et merveilles. Il les embobinait si bien qu’en un tour de main, elles devenaient folles de lui et l’inondaient de message énamourés. Alors, il les menait exactement à ce qu’il souhaitait : la rencontre.
Arrivées à ce stade, elles ne refusaient jamais… Pensez donc : c’était le grand amour qui se concrétisait. Il faut dire qu’il leur avait envoyé avant une photo de lui… enfin, supposée comme telle. Il y offrait l’apparence avantageuse d’un beau jeune homme mince et athlétique. photo qu’il avait trouvée sur le site d’une agence de mannequins.
C’était lui qui choisissait le lieu du rendez-vous : à l’écart de toute présence humaine, il prétendait que c’était pour le romantisme. Il prenait soin aussi de leur demander de garder le secret. Persuadées que leurs parents ne pouvaient pas les comprendre, elles ne se faisaient pas prier. Pour un peu, Michel aurait trouvé ça trop simple, mais pas assez pour renoncer à ses petits plaisirs.
Quand les gamines se pointaient et qu’elles tombaient sur lui, il était déjà trop tard pour rebrousser chemin. Il n’avait qu’à les cueillir et faire d’elles ce qu’il voulait. De toutes manières, elles étaient tellement effrayées et honteuses qu’elles n’osaient jamais en parler à âme qui vive ! Voilà plus de trois ans qu’il procédait de la sorte et il s’en félicitait. La petite du moment, Mélissa, était particulièrement à son goût. Elle lui avait même envoyé une photo d’elle en tenue affriolante, à tomber à la renverse. Ce soir, si tout marchait bien, il lui proposerait un rendez-vous. Un bip le fit se retourner. La gosse venait de lui envoyer un nouveau message.

Bonjour mon coeur,

Moi aussi j’ai rêvé de toi,
J’ai tellement hâte que
nous soyons réunis… Que
dirais-tu d’une rencontre ?

Je te fais des bisous partout,

Mélissa coeurail.gif

N’était-ce pas beau une veine pareille ? Cette fois-ci, elle lui tombait toute seule dans les bras ! Il s’étonnait lui-même : c’est qu’il devenait sacrément doué pour les baratiner ! Un peu fébrile, il tapa sa réponse immédiatement :

Tu es là mon amour ?
C’est d’accord, rencontrons-nous !
Je n’en peux plus d’attendre…

Je vais t’indiquer un endroit où
nous serons tranquilles… Je t’envoie
le plan pour t’y rendre.

A ce soir mon bébé.
Je t’aime.

Mike love.gif

Derrière son écran, la pseudo Mélissa poussa un cri de joie. « Elle » avait quarante ans, était taillée comme une armoire à glace et portait une moustache. « On y est capitaine, s’écria le policier avec satisfaction, le poisson est ferré : il n’y a plus qu’à l’attraper ! » Autour de lui, ses collègues de la brigade contre la cyber-criminalité applaudirent. Cela faisait des mois qu’ils traquaient ce pédophile. Grâce au témoignage de deux de ses victimes, ça avait été un jeu d’enfant que de remonter jusqu’à lui…

Le serpent (texte court)

Classé dans : texte court — 16 avril, 2010 @ 7:10

serpents09.gif
Je suis seul sur ce sentier sur lequel je glisse sereinement. Ce soleil scintillant, cette sensation de douceur tandis que je sinue sur le sable, c‘est puissant. Je suis le chasseur silencieux, impossible à situer jusqu’à ce que je me dresse subitement pour frapper. Souverain souterrain, je suis celui qui s’insinue sous les buissons, dans la mousse, sous couvert des sombres sous-bois.
Solitaire, je serpente sans fin à travers creux et bosses. Sans amis, sans tendresse, perçu comme un assassin, je suis si triste d’être soumis à un si injuste destin ! Certains me persécutent, me suivent à la trace, persuadés que je suis un cynique, un sadique, un scélérat de la pire esce.
Mais qui sont-ils ceux-là pour me presser de la sorte ? Savent-ils seulement que ça me fait souffrir quand ils susurrent leurs propos insidieux ? Je suis Satan, soufflent-ils, serrant dans ses anneaux l’arbre de connaissance, précipitant leurs ancêtres dans de terrestres angoisses… Saletés de symboles !
Cent soucis m’assaillent sans cesse et je ressasse de sinistres pensées. Je suis un dépressif à tendances suicidaires. J’ai la poisse c‘est sûr ! Sur mon passage, les gens esquissent une grimace. Ah, parfois je vous assure, ce n’est pas une sinécure d’être sur cette terre, un pauvre serpent solitaire !
serpents18.gif

La boîte (texte court)

Classé dans : texte court — 15 avril, 2010 @ 7:10

hpim3094.jpg Elle est sagement rangée sur l’étagère, gaie, colorée, comme l’étaient mes sentiments lorsque je l’ai placée là. C’est une grosse boîte métallique, une boîte à gâteaux que j’ai récupérée parce que je la trouvais jolie avec ses motifs fleuris. J’y avais déposé tes lettres, tes poèmes, tes photos… et même les babioles que tu m’avais offertes, comme ce minuscule « piège à rêves » que je portais en collier, tout contre ma poitrine pour l’amour de toi. C’était ma boîte à petits bonheurs, celle que j’ouvrais pour respirer ton parfum et relire tes mots encore et encore…
Je peine à présent à me souvenir de la joie qui montait en moi, juste en la regardant. Sans doute étais-je bêtement heureuse alors, de savoir qu’il y avait quelqu’un au loin qui pensait à moi et qui m’aimait. Je croyais si fort à ce moment-là à tes « je t’aime » et à tes « pour toujours »… Naïve, je m’imaginais que c’était vraiment pour la vie.
La vérité est venue sournoisement et encore n’est-elle pas venue d’un seul coup. J’ai dû te l’arracher bribe par bribe… Tu as bien voulu m’avouer que tu m’avais menti sur des détails, mais sur les choses importantes, tu es resté muet. J’ai donc cherché par moi-même, tremblant à l’idée de ce que je pourrais apprendre, mais refusant de rester plus longtemps dans l’ignorance.
J’ai su que tout, presque tout, n’était que mensonges. Je t’ai demandé des explications. Je me disais qu’en mettant les choses à plat, nous repartirions du bon pied. J’étais prête à oublier et à pardonner, mais tu as continué à mentir, plus que jamais, avec obstination. A la moindre question, tu devenais agressif et tu m’accusais de tous les maux… et j’étais encore assez stupide pour en éprouver de la culpabilité.
Mon bonheur en cette vie, c’est que je ne suis pas seule. Les miens m’ont ouvert les yeux sur ce que tu étais, ils m’ont obligée à admettre ce que je ne voulais pas voir : tu ne m’aimais pas. Tu aimais que je t’aime, que je te trouve des qualités, du charme, que je t’admire aussi… mais tes sentiments pour moi n’allaient pas au-delà. Tu te moquais bien de me voir souffrir, je crois même que tu y prenais un certain plaisir.
Il m’a fallu une bonne dose de courage pour mettre fin à notre relation, rester sourde à tes supplications, à ta colère, à tes menaces… le pire sans doute, a été ce moment où tu as recommencé à me parler d’amour. Sais-tu qu’alors, j’ai été à deux doigts de céder et de retomber dans la folie de cette passion mensongère ? Tu t’es découragé il me semble car je n’ai plus aucune nouvelle, peut-être même m’as-tu déjà remplacée. Je préfère ne pas savoir.
Aujourd’hui, il ne me reste de tout cela que la boîte qui me nargue sur son étagère. Il faudra que j’en jette le contenu et alors, je pourrai commencer à guérir de toi. Dix fois par jour, j’esquisse le geste pour soulever le couvercle, puis je renonce, épouvantée à l’idée de ce que je vais ressentir en sentant ton odeur pour la dernière fois, en effleurant le papier que tes doigts ont touché, puis en faisant disparaître les derniers morceaux de toi.
Bientôt je le ferai, je me le suis promis. Demain, peut-être…

Acrostiche sur le printemps (pour feuille de chou)

Classé dans : texte court — 14 avril, 2010 @ 10:57

.P our le moral de feuille de chou
.R ien ne vaut quelques mots sympas
.I nepties qui ne valent pas un sou
.N ul autre que moi pour écrire ça !
.T ant pis si ce n’est pas de la poésie
.E lle a aimé c’est déjà bien !
.M oi en tout cas ce que j’en dis,
.P as de repos pour les écrivains.
.S alut je file, mais pas au lit, j’écris mon texte pour demain !

1...9192939495
 

Les livres de Jean-Philippe... |
Diapoésies musicales |
passion littéraire |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | lire puis écrire
| Pour l'amour de la langue e...
| Laisse moi mettre des poème...